Semis de tomates et poivrons : ce geste mal connu que les maraîchers font dès février pour éviter le filage
© Reworld Media
En plein mois de février, vos semis de tomates et poivrons se transforment en fils de spaghetti sur le rebord de fenêtre. Un geste simple, presque à contre-courant, suffit pourtant à stopper ce filage et à former des plants trapus.
Février arrive, l’envie de semer des tomates et des poivrons revient, et les godets prennent place sur le rebord de fenêtre, juste au-dessus du radiateur. Quelques jours plus tard, les jeunes pousses s’allongent, pâlissent, se couchent : le fameux filage. Beaucoup pensent avoir “raté” leurs semis, alors qu’un simple réglage de l’environnement ferait toute la différence.
Car les maraîchers qui commencent, eux aussi, dès février, n’obtiennent presque jamais ces tiges de spaghetti. Leur secret tient à un duo très précis, lumière et température, géré dès la levée. Un geste discret, presque contre-intuitif, permet de transformer ces plantules fragiles en futurs pieds puissants.
Pourquoi vos semis de tomates et poivrons filent sur le rebord de fenêtre
En fin d’hiver, même derrière une baie vitrée plein sud, l’intensité lumineuse dépasse rarement les 1000 lux dans un salon, alors que ces légumes de soleil demandent beaucoup plus pour une bonne photosynthèse. La plantule réagit comme en état d’urgence : elle étire sa tige vers la vitre, sacrifie ses racines et son diamètre, et finit par tomber. C’est l’étiolement, simple réponse à un manque de lumière.
La chaleur du séjour aggrave le phénomène. À 21 ou 22°C avec si peu de lumière, la croissance est rapide mais déséquilibrée. Les professionnels jouent au contraire sur un rapport lumière/chaleur maîtrisé : forte lumière, température modérée. Autrement dit, le problème ne vient pas de votre “main verte”, mais d’un intérieur conçu pour le confort humain, pas pour une pépinière.
Le geste mal connu : les mettre au frais sous une lampe LED horticole
Le tournant se joue juste après la germination. Une fois les premières feuilles sorties, les godets quittent le salon pour une pièce plus fraîche, autour de 15°C à 18°C : chambre peu chauffée, couloir, buanderie. Cette baisse de température freine l’allongement de la tige et pousse la plante à consolider son épaisseur et son système racinaire plutôt qu’à gagner en hauteur.
Pour compenser la lumière faible de février, les jardiniers expérimentés ajoutent une lampe LED horticole blanche de 20 à 30 W, spectre jour (environ 6500 K). Elle se place à seulement 10 cm au-dessus du sommet des feuilles et reste allumée entre 14 à 16 heures de lumière par jour. Cette proximité sature le plant de photons, lui “dit” qu’il a tout ce qu’il lui faut et bloque net le filage, à condition de conserver la pièce fraîche.
La petite routine inspirée des maraîchers pour des plants trapus
Dès le semis, les pros posent les graines dans un terreau spécial semis, très fin et drainant, à environ 0,5 cm de profondeur, sur un lit maintenu à 18 à 20°C pour favoriser la levée. L’arrosage se fait par brumisation et, si besoin, par le dessous, pour garder un substrat humide comme une éponge essorée, sans noyer les radicelles.
Une fois la levée obtenue, tout bascule en mode “anti-filage” : pièce à 15 à 18°C, LED blanche à 10 cm, longue photopériode, arrosages doux. Les maraîchers décrivent alors des plants compacts d’environ 10 cm, tige grosse comme un crayon, feuillage vert foncé et court entre chaque nœud, avec jusqu’à 90 % de sujets viables au repiquage. Exactement ce qu’il faut pour que tomates, poivrons et piments au cycle long supportent sans broncher le grand saut vers le potager.
Sources
En bref
- En février, de nombreux jardiniers voient leurs semis de tomates et poivrons filer sur le rebord de fenêtre, malgré toute leur bonne volonté.
- Une méthode inspirée des maraîchers ajuste précisément lumière, température et arrosage pour limiter l’étiolement des jeunes plants en intérieur dès la levée.
- Résultat annoncé : des plants compacts, robustes et prêts pour le repiquage, à condition de respecter un geste clé méconnu de la plupart des jardiniers.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité