Potager : cet oignon breton AOP, ultra doux et rustique, se plante maintenant et ne demande presque aucun soin
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Entre fin d’hiver et premiers beaux jours, l’oignon rosé de Roscoff AOP s’invite au potager, doux comme en Bretagne mais robuste partout. Quels gestes suivre pour l’installer facilement et profiter longtemps de ses bulbes rosés au cœur de l’hiver ?
L’air reste encore vif, les perce-neige sortent à peine, et déjà les jardiniers impatients guettent la moindre éclaircie. C’est justement à ce moment de l’année qu’un bulbe tout rose, venu du Finistère nord, fait parler de lui : l’oignon rosé de Roscoff, réputé pour sa douceur et sa belle peau cuivrée. Longtemps réservé aux producteurs bretons, il s’invite désormais dans les potagers familiaux.
Face à lui, un autre oignon doux fait vibrer les terrasses cévenoles : l’oignon doux des Cévennes, lui aussi en Appellation d’Origine Protégée (AOP). Deux oignons cousins par le goût, mais que l’on peut aborder très simplement chez soi, surtout si l’on respecte le bon calendrier et quelques réflexes de base. Derrière ces bulbes rosés, il y a un terroir… et une culture étonnamment accessible.
Oignon rosé de Roscoff AOP : douceur bretonne et histoire de terroir
Issu du Haut Léon, au nord du Finistère, l’oignon de Roscoff a obtenu une AOC en 2009 puis une AOP en 2013. Il fait partie des deux seuls oignons AOP français avec l’oignon doux des Cévennes. Sa chair croquante, juteuse, très peu piquante, devient presque sucrée en cuisson, tout en se conservant plusieurs mois grâce à une dormance naturelle réputée.
Dans les Cévennes, cette même douceur a relancé des vallées entières. À Saint-André-de-Majencoules, le jeune producteur Sébastien Olivier parle de l’oignon doux des Cévennes comme de « C’est une culture d’avenir » et « L’AOP protège notre travail, et la notoriété de l’oignon renforce encore son importance. », raconte-t-il à France 3. Ici, les bancels en pierre sèche accueillent une culture manuelle, là où le jardinier amateur peut, lui, recréer l’esprit de ces oignons doux simplement dans quelques mètres carrés.
Planter l’oignon rosé de Roscoff : le bon créneau et les bons gestes
Pour ce bulbe, tout se joue entre la mi-février et la mi-mars, quand le sol se réchauffe doucement autour de 8 à 12 °C. Ce démarrage précoce lui laisse le temps de développer un système racinaire solide avant les grosses chaleurs, gage de bulbes bien gonflés et tendres, moins piquants. On plante les caïeux tous les 10 à 15 cm, avec 25 à 30 cm entre les rangs, en les enfonçant au doigt de façon à ce que la pointe affleure juste la surface.
L’ennemi numéro un reste l’humidité stagnante. Mieux vaut un sol léger, bien drainé, quitte à travailler en buttes et à ajouter un peu de sable sur une terre lourde. Pas de fumier frais ni de compost mal décomposé au moment de planter : un excès d’azote pousserait surtout le feuillage et fragiliserait les bulbes. L’entretien reste simple :
- désherbage manuel pour éviter la concurrence,
- binages réguliers pour aérer la surface,
- arrosages modérés, seulement en cas de longue sécheresse,
- paillage léger pour garder la fraîcheur sans étouffer le collet.
Des Cévennes à votre jardin : un oignon doux qui fait vivre les territoires
Rustique, l’oignon de Roscoff supporte bien le froid de fin d’hiver et montre une bonne résistance aux maladies du potager. Planté à la bonne période, il se récolte dès juillet, quand les feuilles jaunissent et se couchent. Les bulbes sèchent alors quelques jours au soleil avant d’être stockés dans un local sec, frais et aéré, où ils accompagneront salades, compotées et plats mijotés tout l’hiver, à l’image de l’oignon doux des Cévennes récolté en fin d’été.
Dans le Gard, la coopérative Origines Cévennes regroupe 56 producteurs, transforme près de 2 000 tonnes d’oignons par an pour un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros. Son directeur Thomas Vidal résume l’effet de cette filière : « Grâce à la coopérative, on a maintenu une population jeune. La moyenne d’âge des producteurs est en dessous de 40 ans. C’est rare dans l’agriculture. », a-t-il expliqué à France 3. Un oignon doux qui, là-bas, fait vivre des vallées entières et, chez vous, peut tenir en quelques rangs bien alignés au potager.
En bref
- Entre mi-février et mi-mars, l’oignon rosé de Roscoff AOP s’invite au potager, en écho à l’oignon doux des Cévennes défendu par le producteur Sébastien Olivier.
- Préparation d’un sol léger, plantation des caïeux bien espacés et entretien limité au désherbage, quelques binages et arrosages parcimonieux structurent cette culture étonnamment simple.
- Entre rusticité au froid, dormance généreuse et ancrage dans des terroirs vivants, cet oignon doux esquisse un modèle potager qui interroge autonomie et avenir alimentaire.
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