Chat : cette erreur avec le thon que font presque tous les maîtres (et qui n’a rien de naturel)

Publié le ParRédaction Elle adore
Chat : cette erreur avec le thon que font presque tous les maîtres (et qui n’a rien de naturel) © Reworld Media

Votre chat accourt au moindre bruit de boîte de thon, comme rappelé par un instinct de pêcheur. Et si ce goût pour le poisson venait surtout de ce qu’on lui a appris à aimer ?

Vous ouvrez le placard, la boîte de thon tinte, et votre chat se matérialise comme par magie dans la cuisine. Queue droite, yeux ronds, petits miaulements pressants : impossible de croire qu’il n’attendait pas ce moment. Difficile alors de ne pas voir là un réflexe sauvage, comme si ce félin de salon se souvenait soudain d’une vie de chasseur de poissons.

En réalité, ce tableau trompe beaucoup de monde. Le chat domestique descend de l’Felis silvestris lybica, un félin sauvage africain qui vivait en zones arides, loin des ports et des bancs de sardines. Dans son environnement d’origine, pas de thon ni de saumon, seulement des proies terrestres. Si votre animal raffole du poisson, l’histoire commence ailleurs.

Votre chat et le thon : un félin du désert, pas un pêcheur

Dans les plaines semi désertiques d’Afrique, ses ancêtres chassaient surtout rongeurs, oiseaux, lézards ou insectes. Leur corps s’est adapté à ces proies riches en protéines animales, au plus près de ce que l’on retrouve aujourd’hui dans la volaille. Rien, ni leur dentition ni leur système digestif, ne les préparait à engloutir régulièrement des produits de la mer.

Le mythe du chat pêcheur tient pourtant bon, nourri par les dessins animés et les scènes de films où l’animal guette un poisson rouge. Dans la vraie vie, la plupart des félins détestent l’eau et ne croisent jamais un banc de maquereaux. Si le goût du poisson s’est imposé dans sa gamelle, c’est parce que l’humain l’y a mis, jour après jour.

Comment l’éducation fabrique chez le chat l’amour du poisson

Les spécialistes parlent d’imprégnation alimentaire. Pendant le sevrage, ce que mange le chaton laisse une empreinte tenace : un petit élevé à la pâtée au thon aura, adulte, une préférence marquée pour ces saveurs. L’odorat très fin du chat et son attrait pour la saveur umami des protéines le poussent à revenir vers ce qu’il connaît le mieux.

Le secteur du Petfood exploite ce mécanisme en misant sur le thon ou le saumon, très gras et très odorants, pour rendre les croquettes irrésistibles. Pour un chat, c’est une vraie bombe pour ses sens. À force, il boude la volaille plus neutre, pourtant plus proche de son régime naturel, et réclame toujours le même parfum, comme s’il ne savait plus aimer autre chose.

Thon, mercure et cantines : la même prudence pour enfants et chats

Cette méfiance envers le thon ne concerne pas que les animaux. Huit villes françaises, dont Paris, Lille ou Lyon, « bannissent temporairement le thon des menus scolaires dont elles ont la charge », précisent-elles dans un communiqué cité par France Inter, après l’alerte des ONG Bloom et Foodwatch. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le mercure « constitue l’une des 10 substances chimiques gravement préoccupantes pour la santé publique ». Pour un enfant ou un chat de 4 ou 5 kilos, chaque portion compte.

Pour votre chat, la prudence ressemble à du bon sens : basez ses repas sur la volaille, réservez le thon en conserve à une petite cuillère et non à un plat entier. Trop salé et pauvre en taurine, il ne couvre pas ses besoins cardiaques. En cas de dépendance, réduisez le poisson sur plusieurs semaines pour l’habituer doucement.

En bref

  • En 2024, des villes comme Paris ou Lyon s’interrogent sur le thon tandis que des milliers de propriétaires de chats continuent d’en donner sans réfléchir.
  • Les vétérinaires expliquent comment l’imprégnation alimentaire, le marketing du Petfood et le mercure du thon transforment une friandise en faux indispensable pour le chat.
  • Entre ancêtre du désert, taurine manquante et principe de précaution, le rapport des chats au poisson révèle bien plus que quelques miaulements devant le placard.