Début février : si vous tenez à vos fleurs de printemps, ce geste du soir peut sauver tous vos bourgeons

Publié le ParRédaction Elle adore
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Début février, une nuit à -3 °C suffit à anéantir camélias, hortensias et jeunes fruitiers en boutons. Voici comment les jardiniers aguerris s'organisent avant le retour du froid.

Début février, le jardin donne parfois l’illusion du printemps : lumière plus douce, sol qui se réchauffe un peu, bourgeons qui gonflent déjà sur les hortensias, les camélias ou les petits fruitiers. Puis la météo annonce une nuit à -3 °C et l’on se surprend à craindre pour ces promesses de fleurs.

Ce moment est l’un des plus traîtres de l’année pour un jardin paysager. Les plantes sortent de leur repos, la sève remonte, mais les gelées tardives rôdent encore, surtout par ciel clair. Une seule nuit peut noircir des centaines de bourgeons. Pourtant, un geste simple permet souvent de les sauver.

Pourquoi début février met vos bourgeons à rude épreuve

Quand le thermomètre remonte dans la journée, la plante est trompée : elle relance sa croissance, ses bourgeons se gorgent d’eau et les écailles protectrices s’entrouvrent. Si la température chute ensuite, l’eau qui se trouve dans les cellules gèle, forme des cristaux et fait éclater les parois : c’est la brûlure par le gel. En plein repos hivernal, certains fruitiers supportent -30 à -40 °C, mais dès le stade bouton floral, une simple nuit à -2 ou -4 °C suffit à ruiner la future récolte, surtout en terrain sec et exposé au vent.

Les chercheurs l’ont bien montré sur la vigne : la résistance au froid des bourgeons n’est pas fixe, elle évolue tout l’hiver. Avec l’outil ColdSnap, des scientifiques de l’université de Penn State prévoient la capacité des bourgeons à encaisser une vague de froid et le moment du débourrement. Pour le jardinier, cela signifie surveiller de près les bourgeons déjà gonflés.

Le geste du soir pour vraiment protéger les bourgeons du gel

Les pépiniéristes misent sur une idée simple pour protéger les bourgeons du gel : emprisonner la chaleur accumulée par le sol toute la journée. Concrètement, il s’agit de couvrir les parties sensibles au crépuscule avec un voile d’hivernage ou des cloches de protection. Posée quand la terre rayonne encore, cette enveloppe crée une petite bulle thermique quelques degrés plus douce que l’air ambiant. Pour cette saison, on vise en général un grammage autour de 30 g/m², assez isolant tout en laissant passer l’air et l’eau.

Les arbustes comme camélias, rhododendrons hâtifs, hortensias ou arbres fruitiers profitent de cette protection : on enveloppe la ramure sans serrer, puis on fixe bien le bas pour que le vent ne s’engouffre pas. Pour les bordures et le potager, des cloches en verre, en plastique rigide ou de simples bouteilles coupées font office d’abri lumineux. Les techniques professionnelles comme l’aspersion antigel, capables de maintenir les tissus autour de 0 °C jusque vers -5 ou -6 °C, restent réservées aux vergers et vignobles équipés ; au jardin, cette barrière physique suffit souvent.

Le réflexe du matin et la routine à adopter en période de gel

Au lever du jour, le réflexe est tout aussi important : dès que la température repasse au-dessus de 0 °C et que le soleil pointe, il faut retirer voiles et cloches. Sinon, un effet cocotte-minute se crée, la plante transpire, l’humidité stagne et les maladies s’installent.

En pratique, une nuit de gel se prépare ainsi :

  • Vérifier les bourgeons déjà bien gonflés.
  • Installer les protections au crépuscule annoncé.

En bref

  • Début février, les gelées nocturnes menacent les bourgeons gonflés des hortensias, camélias et petits fruitiers de tout jardinier amateur.
  • Des explications claires sur la brûlure par le gel et la bonne façon de protéger les bourgeons du gel avec un matériel très simple.
  • Une routine courte, du crépuscule au matin, promet de sauver floraisons et récoltes tout en changeant votre manière d'observer le jardin.