En rando ou à la plage, ce geste photo avec quelques pierres peut vous coûter jusqu'à 150 000 € d'amende
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En France, un simple tas de pierres érigé par un randonneur peut désormais coûter très cher, bien au-delà des 135 € habituels. Comment ce geste banal s'est-il transformé en risque juridique et écologique ?
Sur un col ensoleillé, smartphone en main, qui n’a jamais empilé quelques pierres pour la photo souvenir ? Ces petits tas de roches, les cairns, ont envahi crêtes alpines et plages de galets. Geste apparemment anodin, il est pourtant devenu le cauchemar des gardes et écologues.
À l’origine, ces monticules servaient à baliser un passage dangereux ou à signaler un col noyé dans le brouillard. La mode Instagram les a transformés en signature personnelle, au point de menacer sentiers et biodiversité. En France, ce jeu peut même mener à des amendes allant jusqu’à 150 000 €.
Cairns : d’outils de survie à fausses pistes
Traditionnellement, un cairn marquait un itinéraire discret, un passage délicat ou un point remarquable, parfois même un hommage à un disparu. Sobre et isolé, il aidait vraiment à se repérer. Avec la mode Instagram, la règle a changé : sur certains itinéraires très fréquentés, des dizaines de piles de pierres apparaissent partout. Les randonneurs suivent alors des alignements fantaisistes, s’écartent du sentier officiel et peuvent se retrouver coincés au-dessus d’une barre rocheuse.
Sous chaque pierre, un écosystème protégé
Nous avons tous déjà soulevé un caillou par curiosité, mais en montagne comme sur le littoral, c’est un toit que l’on arrache : dessous se cachent cloportes, scorpions, lézards, insectes, parfois des plantes rares ou des œufs fixés aux galets. Les pierres protègent aussi le sol en piégeant les graines et en freinant le ruissellement. En haute altitude, dix centimètres de sol demandent environ 15 000 ans pour se former. Quand on les empile en cairns, la terre se met à filer et les habitats s’effondrent, ce que le Code de l’environnement cherche à éviter.
135 €, 1 500 €, 150 000 € : ce que dit la loi
Dans les parcs nationaux et réserves, des arrêtés interdisent de déplacer pierres et galets ; les gardes ou l’Office français de la biodiversité peuvent alors infliger une contravention de 4e classe, soit 135 €. Sur tout le littoral, l’article L321‑8 encadre le prélèvement de matériaux : un glanage massif de galets peut coûter jusqu’à 1 500 €.
Dans les cas les plus graves, quand des constructions détruisent sciemment l’habitat d’espèces protégées, l’article L415‑3 du Code de l’environnement parle de délit : jusqu’à trois ans de prison et 150 000 € d’amende. Pour une randonnée sereine, mieux vaut appliquer la règle “ne rien prélever, ne rien empiler” et réserver ses projets de pierres décoratives à son propre jardin.
En bref
- ⚖️ En France, le Code de l’environnement encadre désormais les cairns, avec des amendes allant bien au-delà des 135 € pour certains sites protégés.
- 🥾 Empiler des pierres pour un cairn peut désorienter les randonneurs, détruire des habitats fragiles et entraîner une amende cairns particulièrement salée.
- 🌊 Entre montagne et littoral, les conséquences écologiques et financières de ces tas de pierres réservent encore quelques surprises aux amateurs de photos souvenirs.
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