Frelons asiatiques : ce piège discret à placer près du compost à la mi-mars peut vous éviter un été infernal

Publié le ParRédaction Elle adore
Frelons asiatiques : ce piège discret à placer près du compost à la mi-mars peut vous éviter un été infernal © Reworld Media

À la mi-mars, tandis que le jardin se réveille, une reine de frelon asiatique décide déjà de vos apéros d’été. Quel geste discret près du compost peut tout changer ?

Aux premiers rayons de soleil, on pense aux salades sur la terrasse, pas aux nids de frelons. Pourtant, au moment où les jardins sortent de l’hiver, le futur de votre été se joue déjà dans un coin de haie ou sous une souche : c’est là que la reine de frelon asiatique se réveille et commence sa saison.

Au lieu de courir acheter des pièges coûteux, beaucoup de jardiniers misent sur un bricolage maison, posé discrètement près du compost, pour enrayer l’invasion dès la mi-mars. Des jardins partagés, comme celui de Cescau qui propose un atelier de fabrication, aux communes qui distribuent des dispositifs à Uxegney, la méthode se propage. La vraie clé, c’est ce court créneau de quelques semaines.

Pourquoi tout se joue à la mi-mars avec les reines fondatrices

Dès que les températures se radoucissent, les reines fondatrices sortent de leur cachette, affamées après des mois enfouies sous terre ou dans une souche. Elles cherchent du sucre pour reprendre des forces et bâtir leur premier nid. Une seule reine peut donner naissance à une colonie de plusieurs milliers d’individus, parfois jusqu’à 5 000 frelons au plus fort de l’été.

Il existe alors une fenêtre très précise autour de la mi-mars : chaque reine capturée à ce moment, c’est un nid en moins près de la maison. Si l’on attend que les arbres soient feuillus, la colonie s’est déjà installée en hauteur, rendant toute intervention plus risquée et souvent onéreuse avec l’appel à des professionnels.

Un piège rudimentaire en bouteille plastique et un appât malin

Pour fabriquer un piège à frelon asiatique, une simple bouteille plastique transparente de 1,5 litre suffit. On découpe proprement le quart supérieur, puis on retourne le goulot comme un entonnoir inséré dans la partie basse. Les frelons entrent attirés par l’odeur, mais ne trouvent plus la sortie. Ce type de piège est au coeur d’ateliers citoyens, où chacun arrive avec sa bouteille vide.

La « potion » fait le reste : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc, 1/3 de sirop de cassis, versés sur quelques centimètres. La bière et le sirop offrent une odeur fermentée ultra sucrée, irrésistible pour la reine. Le vin blanc, lui, gêne beaucoup les abeilles, ce qui rend le mélange plus sélectif pour les frelons, même si ce n’est jamais parfait. Mieux vaut renouveler l’appât tous les 8 à 10 jours.

Placer le piège près du compost et gérer les trois semaines décisives

Le bac à compost joue un rôle central. Épluchures, fruits abîmés, restes de légumes en décomposition dégagent un parfum que les reines patrouillant dans le secteur repèrent vite. Poser ou suspendre le piège juste à côté de ce bac à compost augmente fortement les captures. Autre point chaud : les arbres fruitiers. Accrocher la bouteille à environ 1,5 m sur une branche basse de pommier, cerisier ou prunier, en zone calme et hors du passage des enfants, complète le dispositif.

Pour limiter l’impact sur les autres insectes, les spécialistes recommandent de laisser ces pièges actifs deux à trois semaines seulement, autour de la mi-mars, puis de les retirer. Au-delà, l’appât se dilue, perd son efficacité et risque de piéger davantage d’espèces utiles. Plusieurs communes, comme Uxegney qui a prévu un budget de 500 € pour fournir des pièges en 2026, misent sur ce piégeage ciblé : quelques bouteilles bien placées à la sortie de l’hiver changent souvent la météo des apéros d’été.

En bref

  • À la mi-mars, une reine de frelon asiatique affamée tourne autour du jardin, tandis que des communes françaises encouragent un piégeage ciblé de printemps.
  • Un bricolage en bouteille plastique, garni d’un appât bière, vin blanc et sirop, suspendu près du compost ou des fruitiers, intercepte ces fondatrices.
  • Durée limitée, emplacement précis et précautions pour les pollinisateurs transforment cette technique en alliée potentielle d’un été plus serein au jardin.