Il a planté des saules et des bouleaux au jardin début novembre : au contrôle, le technicien d'assainissement a d'abord regardé les arbres
© Reworld Media
Début novembre, un propriétaire plante saules et bouleaux juste au-dessus des tranchées d’épandage de sa fosse toutes eaux. Lors du contrôle du SPANC, le technicien s’attarde d’abord sur ces arbres, signe que la distance arbres fosse septique n’est pas un détail.
Début novembre, la scène avait tout du tableau parfait : une pelouse bien rase au fond du jardin, une rangée de jeunes saules et de bouleaux fraîchement plantés, l’idée d’un coin ombragé pour l’été prochain. Personne n’a pensé, ce jour-là, aux tranchées d’épandage de la fosse toutes eaux qui dorment juste en dessous, invisibles sous l’herbe.
Quand le technicien du SPANC arrive pour le contrôle périodique – au moins tous les dix ans, comme le prévoit l’article L2224-8 du code général des collectivités territoriales – il ne se penche pas d’abord sur les regards. Il lève les yeux vers ces arbres. Son premier réflexe en dit long sur les risques… et sur la fameuse distance arbres fosse septique à respecter pour éviter la catastrophe.
Pourquoi le technicien regarde d’abord les arbres
Le service public d’assainissement non collectif connaît bien la ruse des jardins trop parfaits. Un dispositif d’épandage, ce sont des tuyaux perforés enterrés dans des tranchées qui répartissent les eaux prétraitées dans le sol. En surface, une simple pelouse bien plate, idéale en apparence pour une haie d’arbres. Sans le plan, impossible de deviner où passent les drains, mais un alignement bien net au fond du terrain met immédiatement la puce à l’oreille.
Les arrêtés du 7 septembre 2009 et du 7 mars 2012 rappellent que l’épandage doit être placé hors cultures, plantations et zones de charges lourdes. Autrement dit, au-dessus des tranchées, on tolère l’herbe, pas des saules, des bouleaux, un abri de jardin, une dalle, une bâche ou une voiture. Le technicien, lui, vient vérifier ces règles, selon le déroulé fixé par l’arrêté du 27 avril 2012, avant que les racines ne fassent leurs dégâts en silence.
Racines de saules et bouleaux : un buffet à volonté sous la pelouse
Derrière la pelouse sage se cache un mécanisme très simple : les tuyaux d’épandage ressemblent, pour les racines, à une source d’eau enterrée, réalimentée à chaque douche ou vaisselle. Les racines de saule, très avides d’humidité, mais aussi celles des bouleaux, finissent par atteindre les drains, s’y glisser par les perforations et les boucher. Nous avons tous déjà sous-estimé la puissance d’un système racinaire ; pourtant, ici, le résultat peut être une fosse qui ne s’évacue plus et des travaux lourds de reprise des tranchées.
Sur sol argileux, le problème se déplace aussi vers la maison : les racines de bouleau pompent l’eau entre 0,50 et 1,50 m de profondeur, parfois davantage, accentuant le retrait-gonflement des argiles. Le sol se crevasse en période sèche, regonfle avec la pluie, les façades se fissurent, les baies vitrées coincent. Plantés trop près d’une piscine, ces mêmes arbres peuvent, avec le temps, déformer un liner ou fragiliser une coque. Un seul “mauvais” alignement peut donc mettre en jeu fosse, maison et bassin.
Les bonnes distances… et le bon moment pour déplacer les arbres
La norme DTU 64.1 (août 2013) recommande environ 3 m entre les arbres et le dispositif d’épandage, 5 m par rapport à l’habitation et 35 m d’un puits servant à l’eau potable, soit à peu près deux bus articulés bout à bout. Ces 3 m sont une recommandation, pas une valeur inscrite dans la loi, mais beaucoup de règlements de SPANC les reprennent. Sur sol argileux, les guides conseillent de planter à une distance au moins égale à la hauteur adulte de l’arbre, et jusqu’à une fois et demie cette hauteur pour les saules, bouleaux et peupliers.
Si les arbres ont déjà été plantés, le meilleur réflexe reste de retrouver le plan de l’installation (dossier de contrôle, installateur, mairie ou SPANC), de matérialiser les tranchées avec quelques piquets, puis de mesurer la distance réelle. Début novembre, avec une végétation qui ralentit, il est généralement encore temps de déplacer de jeunes sujets : une pelle, un trou hors de la zone d’épandage, un bon arrosage de reprise, et la rangée de saules quitte le dessus des drains pour un coin du jardin où elle ne fera pas grimacer le technicien.
Sources
En bref
- Début novembre, un propriétaire fait contrôler son assainissement non collectif après avoir planté saules et bouleaux au-dessus des tranchées d’épandage de sa fosse toutes eaux. 🌳
- Le technicien du SPANC commence par évaluer la distance arbres fosse septique, inquiet de l’impact des racines sur les drains, la maison et la piscine. 🛠️
- Normes, risques sur sols argileux et bonnes pratiques de déplacement des jeunes arbres esquissent une marche à suivre qui réserve pourtant quelques surprises. 🔍
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité