Jardin : ne jetez plus ce résidu de cheminée, il remplace vos engrais chimiques et booste toutes vos récoltes
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Pourquoi nos grands-parents gardaient-ils religieusement la cendre de cheminée pour le potager et le verger ? Entre engrais minéral, barrière anti-limaces et allié du compost, ce résidu change tout.
Dans beaucoup de maisons d’autrefois, le seau de cendre de bois attendait près de la cheminée. Les anciens ne jetaient presque rien : ce résidu gris repartait au potager, au verger, autour des massifs, avec une efficacité qui surprend encore les jardiniers d’aujourd’hui.
Chaque hiver, cheminées et poêles produisent des kilos de cendres, souvent envoyées à la poubelle. Pourtant, ces résidus issus de bois non traité concentrent des minéraux capables de remplacer une grande partie des engrais chimiques du commerce, à condition de respecter quelques règles. Encore faut-il connaître les bons gestes pour profiter de ce trésor gris.
Pourquoi la cendre de cheminée faisait la force des anciens jardiniers
La cendre correspond à la partie minérale qui reste après combustion du bois. Les analyses montrent qu’elle contient environ 20 à 50 % de calcium, 2 à 9 % de potassium, 1 à 4 % de magnésium et 0,5 à 2 % de phosphore. Autrement dit, un véritable cocktail pour stimuler racines, floraison et fructification, surtout dans les jardins de terre acide.
Le potassium soutient fleurs, fruits et tubercules, le calcium corrige l’acidité du pH du sol, le phosphore aide les racines et le magnésium intervient dans la photosynthèse. Sur un sol acide ou neutre, une fine couche de cendres améliore structure, vigueur et résistance des plantes aux maladies et aux intempéries.
Comment utiliser la cendre de bois au jardin sans se tromper
Les Chambres d’agriculture recommandent de ne jamais dépasser 70 à 100 g/m² et par an, soit environ deux poignées légères, ce qui correspond à 1 à 2 kg pour 10 m². Mieux vaut fractionner : une poignée en automne, une autre en fin d’hiver ou tout début de printemps, sur sol nu et non gelé. On épand par temps calme, puis on griffe légèrement la terre pour incorporer. Les cendres doivent être parfaitement refroidies, tamisées et issues de bois naturel non traité, bûches ou granulés purs.
Au potager, la cendre profite surtout aux pommes de terre, tomates, courges, haricots, légumes racines et aux arbres fruitiers. Elle peut aussi soutenir la floraison des massifs. En revanche, elle n’apporte presque pas d’azote et ne remplace ni le compost ni les apports de matière organique. Il ne faut pas non plus la mélanger à des engrais azotés comme le sang séché ou le purin d’ortie, sous peine de perdre l’azote sous forme d’ammoniac.
Plantes à éviter, autres usages et erreurs fréquentes avec la cendre
Les plantes acidophiles de terre de bruyère détestent la cendre : hortensias, azalées, rhododendrons, camélias, myrtilliers ou framboisiers risquent chlorose et dépérissement. Sur sols déjà calcaires ou au pH supérieur à 7, l’épandage est aussi déconseillé. Une utilisation excessive peut perturber vers de terre et microfaune. Voici les erreurs à éviter :
- Utiliser des cendres de bois peint, verni, palettes ou barbecue.
- Former une couche épaisse ou renouveler trop souvent les apports.
- En mettre dans un compost en grande quantité d’un seul coup.
- Compter sur une barrière contre les limaces sous la pluie.
En barrière sèche autour des jeunes plants, la cendre freine limaces et escargots, mais l’ADEME rappelle que la première pluie la compacte et fait disparaître cet effet, avec parfois une pâte propice aux maladies au collet. Saupoudrée en très fine couche dans le compost, elle corrige un excès d’acidité. Sur les allées ou dalles du jardin, elle aide aussi à limiter mousse et herbes indésirables, toujours avec la même règle : en petite quantité seulement.
Sources
En bref
- Dans les maisons d’autrefois, la cendre de cheminée servait d’engrais naturel, remplaçant en partie les engrais chimiques au potager, verger et massifs.
- Il explique l’usage de la cendre de bois au jardin, sols adaptés, cultures gourmandes en potasse et mélanges à éviter avec engrais azotés.
- Le texte insiste sur les plantes acidophiles sensibles, les risques de surdosage pour le pH du sol et la microfaune, ainsi que usages bonus ciblés.
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