Septembre au jardin : ces 3 arbres que les élagueurs acceptent de tailler, toucher aux autres peut les faire dépérir
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En septembre, les élagueurs français n’osent vraiment sortir le sécateur que pour trois arbres bien précis, au risque sinon d’affaiblir gravement le verger. Quels critères guident ce choix radical et pourquoi vos autres fruitiers doivent attendre ?
À la rentrée, l’envie de «faire propre» au jardin est forte : on regarde d’un œil sévère le grand cerisier un peu échevelé et le vieux noyer qui déborde. Mauvaise idée de tout raccourcir maintenant. Un arbre taillé au mauvais moment peut saigner, dépérir et tomber malade des années plus tard.
Les élagueurs, eux, sont bien plus sélectifs. Ils calquent leur calendrier sur la circulation de la sève et la dormance des arbres, pas sur nos disponibilités. En septembre, ils ne sortent vraiment la scie que pour trois espèces qui supportent bien cette fenêtre de taille ; pour toutes les autres, la consigne est claire : patienter.
Pourquoi septembre est un mois piégeux pour la taille
Un arbre ne se taille pas comme un poteau de clôture : il vit au rythme de la montée puis de la descente de sève. Tailler, c’est créer une blessure plus ou moins facile à refermer. Le Journal des Seniors rappelle ainsi : « Un arbre taillé au mauvais moment peut saigner pendant des semaines, s’affaiblir durablement, voire ouvrir la porte à des maladies ».
En septembre, la croissance ralentit mais la sève circule encore. L’arbre n’est pas en repos végétatif complet, ses tissus restent sensibles et les plaies de coupe attirent facilement champignons et pourritures. D’où la prudence des pros : un petit nombre d’arbres, pas plus.
Les trois arbres que les élagueurs taillent vraiment en septembre
Dans cette courte liste, deux fruitiers à noyau sont presque toujours présents : le cerisier et le prunier. Ces arbres réagissent mal aux tailles de fin d’hiver et de printemps, qui déclenchent souvent une gommose, cette résine ambrée qui coule des plaies. Les professionnels préfèrent intervenir juste après la récolte, en fin d’été : la sève a ralenti et les coupes cicatrisent mieux, sans compromettre la récolte suivante.
Le noyer complète ce trio. Taillé au printemps, il «pleure» longtemps : une sève claire s’écoule en continu et affaiblit l’arbre. En septembre, une taille légère, limitée au bois mort et aux branches vraiment gênantes, réduit fortement ce risque. Nous avons tous déjà vu un noyer dégouliner après une coupe mal choisie ; les élagueurs s’en méfient et réservent les autres essences très sensibles, comme le bouleau ou l’érable, à des interventions plus ponctuelles.
Tous les autres arbres : mieux vaut patienter
Pour le reste du verger, la consigne est simple : attendre. Les fruitiers à pépins comme le pommier ou le poirier se taillent en plein hiver, une fois les feuilles tombées et la sève vraiment au ralenti. En septembre, une coupe retarde leur entrée en dormance. Même chose pour les arbres d’ornement à floraison de printemps : déjà en boutons à l’automne, ils perdraient une bonne partie de leur floraison.
Pour tous ces grands feuillus, on peut garder en tête ce mémo très simple :
- Septembre : noyaux.
- Hiver : pépins, grands feuillus.
- Après floraison : ornement.
En bref
- 🌳 En septembre, les élagueurs professionnels n'acceptent de toucher qu'à quelques arbres triés sur le volet, laissant la plupart des fruitiers et feuillus patienter.
- 🪓 Trois espèces seulement, dont le cerisier ou le noyer, supportent une taille de septembre sans saignées excessives ni gommose, à condition de rester très mesuré.
- ⚠️ Pommier, poirier, arbustes de floraison printanière et grands feuillus ont, eux, un calendrier très différent, dont le non-respect fragilise durablement le jardin.
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