Ce Manhattan fondamental : les gestes à ne plus rater pour retrouver l’esprit des bars new-yorkais chez vous

Publié le ParRédaction Elle adore
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Février s’éternise, les verres tiki rentrent au placard : le cocktail Manhattan reprend le premier rôle, entre whisky, vermouth rouge et bitters. Que se passe‑t‑il vraiment dans ce mélange ambré quand on le prépare comme à New York ?

Février, fenêtres embuées, lumière grise. Quand l’hiver s’étire, les cocktails tropicaux paraissent soudain un peu déplacés dans leurs verres décorés. On a envie d’un verre plus sérieux, qui réchauffe vraiment sans en faire trop. C’est le terrain de jeu du cocktail Manhattan, classique new-yorkais à la fois sobre, chaleureux et très photogénique.

Né à New York à la fin du XIXe siècle, ce mélange ambré a quitté les clubs privés pour devenir un symbole discret de réussite urbaine. Il n’essaie pas de cacher l’alcool derrière des jus, il en organise l’équilibre. Sous sa surface lisse, le Manhattan repose sur quelques règles simples, presque rituelles.

Le Manhattan, mythe de bar new-yorkais

La tradition situe sa naissance au Manhattan Club, lors d’un banquet des années 1870 organisé par Lady Randolph Churchill, mère de Winston Churchill. L’histoire est discutée, mais elle dit bien l’aura mondaine du cocktail. Le Manhattan s’est imposé durant l’âge d’or des bars américains comme boisson des grandes villes : boiseries sombres, lumière tamisée, pluie fine derrière la vitre.

Derrière cette image se cache une structure claire : la puissance céréalière d’un rye whisky ou d’un bourbon, la douceur vineuse d’un vermouth rouge italien, quelques gouttes d’Angostura bitters. Pas d’agrumes ni de sucre lourd, mais un dialogue feutré entre épices, amertume et notes boisées. Le Manhattan se déguste lentement, verre en main, pendant que la conversation s’installe.

Recette du cocktail Manhattan : les bons gestes

Pour un Manhattan fondamental, la base se résume à quelques éléments bien choisis :

  • 6 cl de rye whisky
  • 3 cl de vermouth rouge doux
  • 2 à 3 traits d’Angostura bitters
  • 1 cerise au marasquin de qualité
  • Des glaçons en grande quantité

Ce ratio 2 pour 1 entre whisky et vermouth fixe l’ossature du mélange, pendant que les bitters soudent l’ensemble. Dans un verre à mélange rempli de glace, on verse tous les ingrédients, puis on remue une vingtaine de secondes à la cuillère. Le cocktail est filtré dans un verre bien froid, servi sans glace, avec une cerise au marasquin sombre et un zeste d’orange exprimé au-dessus.

Variations, bars parisiens et art de déguster le Manhattan

Une fois les bases maîtrisées, on peut moduler la partition sans trahir l’esprit new-yorkais. Le Perfect Manhattan remplace une partie du vermouth rouge par du blanc sec pour un profil plus léger, quand le Rob Roy échange le rye contre un scotch plus fumé. Au Stolen Moon, dans le 11e arrondissement de Paris, Mélissa Kose et Ulas Baltaci observent que « Nous avons des clients qui souhaitent pousser plus loin l’expérience du negroni », expliquent-ils dans Business Marches, en misant sur des cocktails vieillis en fût. Au Bar Joséphine du Lutetia, un Manhattan vieillit six mois dans un fût de 5 litres ayant contenu un old pal : nez vineux et moelleux, bouche longue, chaleur boisée, finale mentholée. Le Dirty Dick propose un twist au rhum, très doux et fruité, avec belle amertume et pointe de fraîcheur saline. À table, chocolat noir corsé, noix grillées, vieux fromage ou charcuterie fine accompagnent bien ce cocktail de dégustation, à savourer avec modération.

En bref

  • À la fin du XIXe siècle, au Manhattan Club de New York, le cocktail Manhattan naît dans la légende autour de Lady Randolph Churchill.
  • La recette assemble whisky de seigle, vermouth rouge et Angostura bitters, remués au verre à mélange puis servis sans glace avec cerise au marasquin.
  • Des variations comme le Perfect Manhattan, le Rob Roy ou certains vieillissements en fût parisiens prolongent ce rituel new‑yorkais au‑delà de la simple recette.