Oubliez les crêpes parfaites : ce dessert breton au beurre demi-sel rend les enfants complètement accro
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Dans le Finistère, ma grand-mère a troqué les crêpes parfaites pour un Farz Buan brouillé, doré au beurre demi-sel. Un goûter familial irrésistible qui change pour toujours la crêpe bretonne.
L’odeur du beurre qui chauffe, la poêle qui grésille, les enfants déjà alignés autour de la table. On pense tout de suite aux piles de crêpes bien rondes, ni trop fines ni trop épaisses, que l’on réserve souvent pour la Chandeleur. Pourtant, en Bretagne, un autre rituel fait oublier ces crêpes parfaites.
Dans le Finistère, ce dessert s’appelle Farz Buan, ou crêpe brouillée bretonne. Une grande crêpe épaisse, préparée avec beaucoup de beurre demi-sel, que l’on casse volontairement en gros morceaux dorés. Croustillant à l’extérieur, fondant à coeur, servi brûlant à même la poêle : les enfants adorent piocher dedans avec les doigts.
Farz Buan : quand la crêpe bretonne assume ses imperfections
Là où la crêpe classique réclame louche bien dosée, crêpière bien chaude et disque impeccable sans trous, le Farz Buan se montre bien plus décontracté. On verse toute la pâte dans une grande poêle beurrée, en une seule fois. Pas besoin de retourner en l’air ni de surveiller chaque crêpe une par une.
Quand le dessous commence à dorer et que les bords se colorent, on prend une spatule solide et on « brouille » la crêpe, un peu comme des oeufs. On coupe, on retourne, on casse tout. Les morceaux irréguliers se chevauchent, certains plus grillés, d’autres moelleux : ce joyeux désordre devient la marque d’un vrai dessert de grand-mère.
Les ingrédients simples de la crêpe brouillée des grands-mères bretonnes
La force de ce dessert tient à des produits du quotidien, mais généreux. Pour un Farz Buan familial, il suffit de réunir :
- 250 g de farine de froment
- 100 g de sucre en poudre
- 4 oeufs
- 50 cl de lait entier
- 100 g de beurre demi-sel
- Une pincée de sel si le beurre est doux
Dans un grand saladier, on verse la farine, on creuse un puits et on ajoute oeufs et sucre. On mélange vigoureusement, puis on incorpore le lait petit à petit pour éviter les grumeaux. La pâte doit rester un peu plus épaisse qu’une pâte à crêpes classique, bien lisse et nappante. Aucun temps de repos : idéal pour un goûter improvisé.
La double cuisson au beurre qui fait tout le charme du Farz Buan
Pour la cuisson, on fait fondre une bonne noix de beurre dans une grande poêle jusqu’à ce qu’il mousse sans brunir. On verse toute la pâte, on laisse saisir le dessous jusqu’à formation d’une belle croûte dorée, puis on commence à brouiller. Les morceaux se retournent, se recouvrent de beurre, prennent une couleur dorée et une surface légèrement croustillante tandis que l’intérieur reste tendre.
Quand les fragments sont cuits mais encore moelleux, on ajoute le reste du beurre et une pluie de sucre. Le beurre « chante », le sucre fond juste assez pour enrober chaque morceau d’une fine couche caramélisée au parfum de noisette. Le plat arrive aussitôt sur la table, souvent directement dans la poêle, avec fruits poêlés, caramel au beurre salé, glace vanille ou copeaux de chocolat que les enfants choisissent eux-mêmes.
En bref
- Dans le Finistère, une grand-mère bretonne sert un Farz Buan, crêpe brouillée ultra-gourmande, qui remplace les crêpes parfaites au goûter des enfants.
- La pâte plus épaisse que pour des crêpes classiques, la cuisson unique et le broyage en morceaux donnent un dessert rustique à partager en famille.
- Beurre demi-sel généreux, sucre caramélisé et service brûlant à la poêle transforment ce Farz Buan en madeleine de Proust dont on parle longtemps.
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