Blessures au sport : ce rituel de 5 minutes avant l’entraînement que tout le monde zappe (à ses risques)

Publié le ParRédaction Elle adore
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Entre journées de bureau et séances express, beaucoup passent de la chaise au sprint sans transition. Ce détail négligé avant chaque effort peut pourtant éviter tendinites, claquages et semaines d'arrêt.

Vous arrivez en retard à la salle, vous nouez vos chaussures et, en quelques secondes, vous êtes déjà sous la barre ou lancé sur le tapis. Pas de détour, pas d’exercices préparatoires, le chronomètre tourne. Cette scène, banale, ressemble à celle de milliers de sportifs pressés, persuadés que chaque minute gagnée sur l’échauffement est une minute en plus pour « vraiment » s’entraîner.

Dans le haut niveau, cette logique a un prix élevé : footballeurs, rugbymen ou tennismen enchaînent déchirures, entorses et ruptures de ligaments. Entre octobre 2022 et janvier 2023, la durée moyenne d’indisponibilité des joueurs blessés est passée de 11,35 à 19,41 jours, selon une étude menée par le groupe d’assurance Howden. Quand même les stars paient cette addition, une question se pose pour le pratiquant du dimanche : et si le détail que l’on bâcle en premier était justement celui qui évite la plupart des blessures sportives ?

Pourquoi on zappe toujours l’échauffement avant le sport

Dans notre tête, le corps fonctionne comme un interrupteur : on sort du bureau, on enfile un short, on passe de zéro à fond en quelques secondes. Beaucoup pensent qu’ils n’ont « pas de temps à perdre » avec un échauffement. En réalité, ce faux gain finit souvent en tendinite, contracture ou entorse, avec des semaines d’arrêt à la clé. C’est comme lancer une voiture de course pied au plancher en sortant du garage, moteur froid.

À cela s’ajoute un autre piège : le mental, lui, est prêt. On a envie de se défouler, surtout en plein hiver où la journée de travail laisse le corps ankylosé. Le problème, c’est que les muscles, les tendons et les articulations suivent un rythme plus lent. Ignorer une raideur dans le bas du dos ou une cheville un peu bloquée, c’est forcer sur une zone déjà fragile. La rupture survient souvent à cet instant de décalage entre envie et capacité réelle.

Muscles gelés, charnières sèches : ce qui se passe à froid

Imaginez un élastique oublié au congélateur. Si vous tirez dessus d’un coup, il risque de casser. Un muscle froid, c’est presque la même chose. À l’intérieur, les fibres glissent les unes sur les autres dans un milieu un peu visqueux, comparable à du miel froid. Sans échauffement progressif, la friction est maximale, les fibres accrochent, ce qui favorise élongations et claquages au moindre sprint ou changement de direction.

Les articulations, elles, ont besoin de liquide synovial, une sorte d’huile qui lubrifie et amortit les chocs. Ce liquide n’est vraiment produit et réparti qu’avec des mouvements doux et répétés. Sans cette « mise en huile », ce sont les surfaces de cartilage qui frottent directement l’une contre l’autre, comme une charnière rouillée que l’on force. À la longue, ce frottement accélère l’usure et ouvre la porte à l’arthrose.

Un rituel simple pour protéger son corps à chaque séance

La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit de quelques minutes bien utilisées pour changer la donne. On commence par une mobilisation articulaire lente : rotations de chevilles, petits cercles de genoux, bascule de bassin, épaules, poignets. Vient ensuite une montée en température douce, par exemple marche rapide ou petits sauts, jusqu’à sentir la chaleur s’installer. On termine par des mouvements proches du sport prévu, mais en version allégée, pour préparer exactement les chaînes musculaires qui vont travailler.

Cette séquence joue aussi le rôle de scanner : si une gêne inhabituelle apparaît, on adapte la séance avant qu’elle ne se transforme en blessure. Dans un contexte où, comme le résume Bruno Marrier, responsable du développement athlétique à l’AS Monaco, « Le football moderne exige plus de courses de forte intensité et d’agressivité. Résultat, les corps sont soumis à un plus haut niveau de contraintes pouvant générer davantage de blessures », expliqué dans Science et Vie, s’offrir ce sas de préparation n’est plus un luxe, mais une assurance pour durer.

Sources

En bref

  • Entre octobre 2022 et janvier 2023, les blessures explosent chez les pros, tandis que Bruno Marrier, préparateur à l’AS Monaco, alerte sur les contraintes.
  • Un détail apparemment anodin avant le sport, souvent zappé par manque de temps, s’avère central pour protéger muscles, tendons et articulations à chaque séance.
  • Ce rituel bref, entre mobilisation et montée en température, agit aussi comme scanner discret du corps et change la manière d’aborder efforts et hiver.