Ce réflexe à table que vous négligez à chaque repas épuise votre mâchoire et sabote votre digestion

Publié le ParRédaction Elle adore
Ce réflexe à table que vous négligez à chaque repas épuise votre mâchoire et sabote votre digestion © Reworld Media

Repas avalés à toute allure, ventre qui tire, cou tendu : et si le vrai coupable se cachait dans la façon dont vous utilisez votre mâchoire ? Un simple changement de rythme pourrait bouleverser votre digestion.

Le déjeuner qui se joue en 10 minutes devant l’écran, la fourchette qui va et vient sans pause, l’assiette déjà vide : beaucoup s’y reconnaissent. Puis viennent le ventre gonflé, la lourdeur qui colle tout l’après-midi et cette tension sourde qui part de la mâchoire et remonte vers les cervicales. On accuse le plat trop riche, le froid ou le stress, mais un détail bien plus banal se cache souvent derrière ce malaise.

Ce responsable discret, c’est notre façon d’avaler les bouchées presque entières, sans leur laisser le temps d’être vraiment broyées. Un simple geste mécanique, gratuit, consiste à rallonger la mastication pour transformer chaque bouchée en pâte avant de l’envoyer vers l’estomac. Des spécialistes de la digestion conseillent de viser entre 20 et 30 coups de dents par bouchée. Tout se joue dans votre bouche.

Manger trop vite : comment la mauvaise mastication malmène digestion et cervicales

Quand on mange vite, on oublie que l’estomac n’a pas de dents. Avaler de gros morceaux en chaîne envoie dans le tube digestif un bol alimentaire compact. L’estomac doit alors produire beaucoup d’acide pour tenter de le désagréger, ce qui alourdit son travail et favorise la fatigue après le repas, les lourdeurs digestives et les ballonnements post-prandiaux.

Au même moment, la mâchoire encaisse. En engloutissant des bouchées peu mâchées, on crispe sans arrêt le muscle masséter, ce puissant muscle de la mâchoire. Sollicité de façon saccadée et brutale, il transmet ses tensions vers le cou et les cervicales. À la longue, ce réflexe de manger en quatrième vitesse laisse un sentiment de raideur presque permanent.

Bien mâcher pour mieux digérer : la règle des 20 à 30 mastications

Pour soulager tout ce système, des gastro-entérologues suggèrent une cible simple : réaliser 20 à 30 mastications par bouchée. Ce temps permet de réduire l’aliment en texture quasi liquide, la fameuse texture parfaite décrite par des praticiens, avant de déglutir. En broyant la nourriture plus longtemps, on améliore la sécrétion d’enzymes salivaires de 30 %, ce qui limite les inconforts digestifs.

Des travaux sur la mastication montrent que lorsque la force de mastication baisse ou que la salive manque, la matrice des aliments est moins bien déstructurée. La digestion du bol alimentaire se trouve retardée et la digestibilité intestinale diminue. Ce qui est observé chez les personnes âgées se produit aussi, à une autre échelle, chaque fois que l’on bâcle la mastication par habitude.

Routine simple : poser les couverts, compter, changer de main

Pour remettre de l’ordre, une routine suffit : prendre une bouchée de taille normale, poser aussitôt les couverts, compter mentalement ses coups de dents jusqu’à obtenir une texture crémeuse, puis seulement avaler et reprendre les couverts. Au début, utiliser sa main non dominante pour tenir la fourchette aide à casser le pilotage automatique et à installer un rythme plus lent, bon pour la digestion et pour des cervicales détendues.

En bref

  • Repas expédiés en dix minutes laissent de nombreux Français avec ventre gonflé, fatigue post-prandiale et tensions qui partent de la mâchoire jusqu’aux cervicales.
  • Les gastro-entérologues rappellent qu’une mastication plus longue augmente la salive, prépare mieux le bol alimentaire et réduit la charge de travail de l’estomac.
  • Une micro-routine à adopter à chaque bouchée, associée à un discret changement de main, pourrait alléger durablement digestion, mâchoire et cervicales.