Les psys alertent : cette habitude au réveil avec votre téléphone sabote votre santé mentale
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Chaque matin, des millions de Français consultent les infos dès le réveil sans imaginer l’impact sur leur cerveau. Pourquoi les psys s’alarment-ils de ce réflexe devenu banal ?
Vous ouvrez à peine un œil, votre main attrape déjà le smartphone sur la table de nuit, l’écran se remplit de notifications, de guerres, de crises et d’alertes météo. Avant même d’avoir posé un pied par terre, votre cerveau est déjà happé par l’actualité. Ce geste est devenu si banal qu’on en oublie à quel point il bouscule l’esprit au saut du lit.
Dans un pays où plus d’un Français sur cinq connaîtra un trouble psychique au cours de sa vie, où 16 % de la population vit un état dépressif et 23 % un trouble anxieux selon Santé publique France, les psys observent combien ce réflexe matinal nourrit le mal-être. Et si ce tout premier scroll pesait bien plus lourd que vous ne l’imaginez ?
Infos dès le réveil : un choc pour un cerveau encore au ralenti
Au réveil, le corps sécrète naturellement du cortisol pour vous aider à émerger. Quand vous lisez aussitôt des nouvelles anxiogènes, ce mécanisme s’emballe : le cerveau reptilien interprète ces titres alarmants comme un danger immédiat, déclenche la réaction de lutte ou de fuite, le cœur s’accélère, la respiration se raccourcit. L’organisme passe en état d’alerte maximale alors que la journée n’a même pas commencé.
Dans les premières minutes d’éveil, votre cerveau sort encore doucement du sommeil. Il traverse une phase de grande perméabilité émotionnelle, propice à la créativité et à la mise en place de vos priorités. Bombardé d’informations brutes, il se retrouve à traiter d’un coup des données complexes et souvent négatives, se mettant d’emblée en mode réaction plutôt qu’en mode action. Pour les psys, cette exposition précoce s’apparente à une véritable agression mentale.
Quand cinq minutes d’actualités colorent toute la journée
Les psychologues décrivent un puissant effet d’amorçage : l’ambiance émotionnelle des premières minutes du matin sert de filtre au reste de la journée. Or notre cerveau possède un biais de négativité qui lui fait retenir davantage les mauvaises nouvelles que les bonnes. Les fils d’actualité, pensés pour capter l’attention, amplifient ce biais en mettant en avant ce qui choque ou inquiète. Résultat, on finit par voir le monde en gris dès le petit déjeuner.
Autre conséquence, la surcharge cognitive. L’attention ressemble à une batterie limitée : en la dispersant d’emblée entre mails, réseaux sociaux et catastrophes lointaines, on entame son capital de concentration. Beaucoup décrivent ensuite un esprit qui papillonne, une difficulté à se plonger dans une tâche longue et la tentation permanente de retourner voir les infos. Ce doomscrolling, nourri par la FOMO (peur de manquer une information importante), donne l’illusion de contrôler le chaos alors qu’il entretient l’angoisse.
Se protéger sans se couper du monde : nouvelles routines et aide psy
Les thérapeutes parlent d’hygiène mentale et recommandent d’instaurer une « zone blanche » après le réveil : 15 minutes sans écran pour commencer, puis 30, voire une heure, en bannissant le smartphone de la chambre et en revenant au réveil classique. Ce temps libéré peut être rempli par des rituels simples qui ancrent dans le corps plutôt que dans l’actualité :
- boire un grand verre d’eau ;
- s’étirer ou marcher quelques minutes ;
- lire quelques pages d’un livre papier ;
- regarder la lumière du jour par la fenêtre.
Si malgré ces ajustements, l’actualité occupe tout l’espace mental, que l’humeur est plombée presque chaque matin ou que l’anxiété déborde, un accompagnement peut aider. Le dispositif Mon soutien psy permet le remboursement de douze séances d’accompagnement psychologique par an, à 50 euros la séance, et a déjà aidé près de 587 000 patients depuis 2022 grâce à environ 5 500 psychologues partenaires. La campagne nationale de l’Assurance Maladie le rappelle avec cette phrase : « Mon soutien psy, ne restez pas seul avec votre mal-être ».
En bref
- En France, les psychologues alertent sur l’habitude de consulter les infos dès le réveil, dans un contexte d’augmentation des troubles anxieux et dépressifs.
- Consulter l’actualité au saut du lit déclenche un pic de cortisol, renforce le biais de négativité et alimente le doomscrolling qui fragilise l’hygiène mentale.
- Entre routines sans écran et recours à Mon soutien psy, plusieurs pistes aident à reprendre la main sur ses matinées sans rompre avec l’actualité.
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