Ski : ce piège du troisième jour qui fait exploser les blessures au genou (et comment l'éviter)

Publié le ParRédaction Elle adore
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Dans les stations françaises, les médecins voient revenir le même scénario : genou qui lâche le mardi, après deux jours de ski euphoriques. Derrière cet « accident du troisième jour de ski », un mécanisme précis se cache, que beaucoup sous-estiment.

Tout allait bien les deux premiers jours. Arrivée le samedi, premières descentes le dimanche, bonnes sensations retrouvées le lundi… puis, le mardi, genou qui lâche sur une simple piste bleue. Ce scénario banal hante les services médicaux des stations françaises, où les secouristes réalisent chaque hiver des milliers d’interventions pour des blessures au ski.

Le réseau Médecins de Montagne a recensé 136 700 blessés aux sports d’hiver lors de la saison 2023-2024, soit 2,6 blessés pour 1 000 journées-skieurs, dont 83 % concernent le ski alpin et une large part des entorses. Au milieu de ces chiffres se cache un motif récurrent que les professionnels surnomment l’accident du troisième jour : un moment clé de la semaine où tout bascule.

Accident du troisième jour de ski : ce que vos quadriceps n’arrivent plus à encaisser

Au ski, on croit conduire avec la technique, alors que le véritable pilote reste le quadriceps, ce gros muscle à l’avant de la cuisse qui freine et amortit chaque virage. Les études citées par les médecins montrent qu’après 12 à 14 heures de pratique intense, soit deux journées pleines puis une matinée, ce muscle voit sa réactivité chuter brutalement.

Quand le quadriceps se fatigue, le genou n’est plus stabilisé par les muscles mais par les seuls ligaments croisés, censés jouer un rôle de simple sangle. Or ces ligaments n’ont pas été prévus pour encaisser le poids d’un adulte lancé à 50 km/h dans une courbe. Ajoutez des courbatures du surlendemain, des cuisses raides, et la moindre faute de carre finit en entorse du ligament croisé antérieur.

Pourquoi le mardi concentre autant de blessures au ski

Les chiffres bruts donnent la mesure du problème : 38,5 % des 136 700 blessés recensés en 2023-2024 sont des entorses, et l’âge moyen des accidentés tourne autour de 31 ans. On arrive le samedi, on skie six à sept heures le dimanche puis le lundi, on atteint ce seuil critique de 12 à 14 heures… pile le mardi matin ou en début d’après-midi.

À ce moment, vous vous sentez enfin en confiance, vous accélérez, alors que vos jambes sont en réalité saturées de fatigue. La neige s’alourdit l’après-midi, la vigilance baisse, surtout après une courte nuit ou un déjeuner arrosé. Un bon test de sécurité consiste à repérer certains signaux précis :

  • cuisses qui brûlent même sur piste verte ou bleue ;
  • impression de jambes en coton, appuis qui tremblent ;
  • virages moins précis, terrain subi plutôt que maîtrisé.

Mardi off : la stratégie simple pour garder ses ligaments intacts

Pour casser ce cercle, les médecins recommandent la règle du mardi off. Il suffit de s’imposer une demi-journée de repos complet le troisième jour, mardi matin ou après-midi, en laissant les skis au casier. Cette coupure de quatre à cinq heures sans charge sur les genoux réduit d’environ 20 % le risque de rupture du ligament croisé antérieur.

Ce temps gagné sur le forfait sert à autre chose : piscine en douceur, spa, sieste, lecture avec vue sur les sommets, hydratation généreuse. En préparant un minimum vos cuisses avant le séjour et en acceptant ce temps mort au milieu de la semaine, vous maximisez vos chances de rentrer de vacances sur vos deux jambes.

En bref

  • En 2023‑2024, 136 700 blessés aux sports d’hiver et un motif récurrent inquiètent les médecins : l’accident du troisième jour de ski.
  • Fatigue des quadriceps, courbatures du surlendemain et perte de stabilité du genou transforment un virage banal sur piste bleue en entorse ou rupture grave.
  • Entre stratégie « mardi off », préparation ciblée et signaux d’alerte à reconnaître, une façon de planifier sa semaine peut changer votre retour de vacances.