Ce compost de maraîchère lui rapporte plus que ses légumes : la condition clé à respecter pour en profiter ce printemps
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Sur son étal de marché, une maraîchère voit ses sacs de compost local s’arracher et dépasser ses légumes en chiffre d’affaires. Son parcours interroge la façon de vendre son compost légalement et de transformer un déchet en véritable revenu.
Sur certains marchés, on remarque d’abord les courgettes bien rangées, les tomates brillantes… puis, dans un coin, quelques sacs de toile remplis d’une matière sombre et légère. Chez une maraîchère installée depuis vingt ans, ce ne sont plus les légumes qui paient le loyer, mais ce compost mûr préparé à la ferme.
Tout est parti d’une simple question d’habituée sur le marché, puis répétée par d’autres : ils voulaient un terreau local, sans engrais chimiques, auquel se fier. Avec le tri des biodéchets qui devient la règle et le retour du potager, ce type de demande peut, lui aussi, aider à rentabiliser un compost.
Le jour où le compost a pris le dessus sur les cageots
Au début, quelques bâches de compost mûr, issu des déchets verts de l’exploitation, ont été mises de côté pour “voir”. Les sacs se sont arrachés en quelques heures, surtout au printemps, au moment des plantations. De mars à mai, un sac se vend ici entre 5 et 10 €, avec une régularité et une marge que les légumes n’offrent plus toujours.
Les clients reviennent parce qu’ils voient la différence : ce mélange sombre, friable, qui sent le sous-bois nourrit leurs potagers mieux que bien des sacs de jardinerie. Ce qui n’était qu’un sous-produit discret au fond de la parcelle s’est mué en trésor, vendu en circuit court comme un légume phare.
Pourquoi un sac de compost peut peser plus lourd qu’un cageot de légumes
Nous avons tous connu ces rangs de tomates perdus, ces salades montées en graine avant d’avoir été vendues. Le compost, lui, naît de ces échecs : épluchures, feuilles, tontes, résidus de culture et fumier se transforment en amendement riche. Dans une approche de sol vivant, ce matériau devient un pilier et mérite un vrai prix. Certains maraîchers proposent même un compost enrichi avec fumier, déchets verts et apport calcique pour les cultures exigeantes.
Vous lancer à votre tour : opportunités et limites
Avant de songer à vraiment vendre son compost, il faut regarder le cadre français. Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets est obligatoire, mais un particulier ne peut utiliser son compost que pour son propre jardin : le vendre, voire le donner, reste interdit. Pour une ferme, dès que le compost devient produit, il doit respecter la norme NF U 44-051 et subir des analyses en laboratoire, facturées autour de 700 € par lot.
Concrètement, une maraîchère peut tester cette voie en gérant mieux ses déchets verts, en produisant un compost bien mûr, puis en réservant quelques sacs à la vente de printemps. Une microferme peut l’inscrire dès le départ dans son projet, en intégrant coût des analyses et des sacs. Un particulier passionné, lui, a intérêt à se tourner vers un composteur partagé ou une association, voire à être payé pour animer des ateliers plutôt que pour le compost.
En bref
- Depuis vingt ans sur les marchés, une maraîchère voit son compost en sacs, vendu 5 à 10 € au printemps, dépasser ses légumes en revenus. 🌱
- Le texte détaille le cadre légal français pour vendre son compost, la norme NF U 44-051 et l’impact des analyses de laboratoire sur la rentabilité. ⚖️
- Plusieurs pistes concrètes sont esquissées pour un maraîcher, une microferme ou un particulier engagé, avec des choix décisifs à faire avant de se lancer. 🔍
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