Arrosage : cette eau soi-disant pure de votre sèche-linge abîme vos plantes sans que vous le voyiez
© Reworld Media
En pleine sécheresse, l’eau claire du bac de sèche-linge attire les jardiniers qui veulent arroser leurs plantes sans gaspiller. Mais entre résidus de lessive et microplastiques invisibles, cette astuce cache des risques méconnus.
Entre sécheresses à répétition et restrictions d’arrosage, chaque litre compte. Alors quand le bac du sèche-linge se remplit de plusieurs litres d’eau claire, la tentation est grande de l’emmener directement au pied des plantes.
Mais cette eau n’a rien d’une source de montagne. Résidus de lessive, assouplissant et microplastiques s’y cachent, un peu comme ces particules découvertes dans l’eau en bouteille, où des chercheurs ont trouvé jusqu’à 656 fois plus de nanoplastiques que prévu. Que se passe-t-il vraiment quand on utilise l’eau du sèche-linge pour arroser les plantes ?
Eau de condensation : une “fausse eau pure” chargée de résidus
Dans un sèche-linge à condensation ou à pompe à chaleur, l’humidité du linge s’évapore puis se recondense dans le bac. L’eau devient presque déminéralisée (peu de calcaire), mais elle entraîne au passage des traces de lessive, d’assouplissant, de détachant, voire de parfums de linge. Le Parisien rappelle que cette eau peut aussi contenir des microfibres textiles et de faibles traces de métaux provenant de l’appareil.
Ces microfibres issues des vêtements synthétiques se comportent ensuite comme des microplastiques dans le sol. Invisibles, elles s’accumulent au fil des arrosages, perturbent la microfaune et le microbiote du sol (bactéries, champignons, petits invertébrés) et peuvent modifier la structure de la terre. Comme pour les eaux grises de vaisselle ou de douche, on est loin d’une eau neutre.
Arroser ses plantes avec l’eau du sèche-linge : où est le vrai risque ?
Nous avons tous déjà ouvert ce bac en nous disant que ce serait dommage de jeter cette eau claire. Pour le potager, les petits fruits et les plantes aromatiques, la réponse est pourtant nette : non. Les résidus de détergents et d’assouplissants peuvent brûler progressivement les racines, gêner l’absorption des nutriments et se retrouver, à terme, dans la chaîne alimentaire.
Sur des arbustes d’ornement ou des haies en pleine terre, un arrosage vraiment occasionnel reste moins critique, car le sol dilue un peu ces polluants. Mais si la lessive est très parfumée ou concentrée, ou si des assouplissants sont utilisés, mieux vaut s’abstenir : les produits chimiques et les microplastiques s’accumulent quand même dans le sol, sans possibilité de “rinçage” naturel rapide.
Les bons usages de cette eau… et les vraies alliées du jardin
L’eau du sèche-linge trouve bien mieux sa place dans la maison : nettoyage des sols extérieurs ou de la terrasse, lavage des outils de jardin, rinçage des pots avant plantation, remplissage du réservoir d’un fer à repasser si le fabricant l’autorise, voire chasse d’eau dans des toilettes.
Pour chouchouter les plantes, les meilleures alliées restent l’eau de pluie, à récupérer dans un simple récupérateur, et l’eau du robinet laissée reposer pour que le chlore se dissipe. L’eau d’un déshumidificateur ou issue du dégivrage du congélateur, qui ne contient pas de résidus de lessive, peut aussi servir ponctuellement. De quoi économiser l’eau sans transformer le jardin en décharge invisible de microplastiques.
En bref
- En France, face aux sécheresses répétées, de nombreux jardiniers envisagent d’utiliser l’eau du sèche-linge pour arroser leurs plantes, séduits par son aspect limpide. 🌱
- Les spécialistes alertent sur une eau de condensation avec résidus de lessive et microplastiques, capables d’abîmer racines et vie microbienne du sol. ⚠️
- Entre fausse eau pure, usages domestiques alternatifs et vraies solutions d’arrosage, cette enquête bouscule les réflexes écolos au jardin sans livrer toutes ses réponses. 🌿
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