Fatigue, coups de barre, risques pour le cœur : cette habitude toute simple distingue les gens vraiment en bonne santé

Publié le ParRédaction Elle adore
Fatigue, coups de barre, risques pour le cœur : cette habitude toute simple distingue les gens vraiment en bonne santé © Reworld Media

Pourquoi certains traversent la journée avec une énergie calme quand d’autres s’effondrent à 14 heures? Derrière cet écart se cache une habitude simple, fondée sur l’écoute du corps et des liens sociaux.

Lever difficile, tête lourde toute la matinée, coup de barre automatique après le déjeuner, soirées scotchées devant les séries jusqu’à l’extinction des feux… Beaucoup vivent ainsi, sans comprendre pourquoi certains proches semblent traverser la journée avec une énergie tranquille, sans supplément miracle ni programme sportif extrême.

Les études montrent que ces personnes en bonne santé ont un point commun discret : elles ont appris à écouter leur corps, aussi bien pour l’heure de dormir que pour l’assiette ou les relations sociales. Derrière ce réflexe se cachent la chronobiologie, mais aussi l’impact méconnu de la solitude sur le cœur. Une habitude toute simple, mais qui change tout.

Pourquoi ignorer son horloge interne épuise le corps

Depuis que la journée de travail s’impose à tous, nous vivons sur un temps unique qui ne respecte pas forcément notre biologie. Cette « synchronisation artificielle de sept milliards d’individus sur un rythme unique représente pourtant une aberration biologique majeure ». Notre rythme circadien, cycle d’environ 24 heures qui règle sommeil, température, tension et hormones, n’est pas le même pour un couche-tôt que pour un couche-tard.

À l’intérieur de la journée s’ajoutent des rythmes ultradiens de 90 à 120 minutes, avec alternance de concentration maximale puis de besoin de récupération. Forcer le cerveau à rester en mode performance pendant un creux, enchaîner réunions et écrans sans vraie pause, manger parce que « c’est l’heure » alors que la faim n’est pas là, tout cela crée une dette de fatigue et alimente le fameux coup de barre de 14 heures.

Comment les personnes en bonne santé écoutent concrètement leur corps

La science décrit plusieurs chronotypes – lions matinaux, ours intermédiaires, loups du soir. Les nuits se transforment quand on arrête de se coucher « par principe » pour viser les véritables portes du sommeil, ces fenêtres où l’endormissement devient facile. Les rater « oblige souvent à attendre le cycle suivant », ce qui se paie le lendemain. Repérer pendant quelques jours son heure naturelle de somnolence, puis protéger ce créneau, fait partie de cette habitude.

Autre réflexe : organiser la journée autour de ses « zones de génie temporel ». Les moments de pic d’énergie servent aux tâches difficiles, les creux à des missions simples ou à une vraie pause de dix minutes, loin des écrans. Côté alimentation, les personnes en forme acceptent que l’estomac ne sait pas lire l’heure : elles attendent une faim réelle, allègent ou décalent le déjeuner quand c’est possible, ce qui évite que toute l’énergie parte dans la digestion en début d’après-midi.

Écouter son corps, c’est aussi entendre la solitude

Le soir, l’habitude se prolonge jusque dans la relation aux écrans. Le binge-watching devient problématique à partir d’environ 3,5 heures de séries par jour avec perte de contrôle, montrent des chercheurs chinois dans la revue PLOS One. Leur travail relie clairement cette dépendance à la solitude, alors que le visionnage intensif mais non compulsif n’y est pas associé. L’Organisation mondiale de la santé estime d’ailleurs qu’environ 16 % de la population souffrent de solitude, et la Fondation de France rapporte en 2024 que 24 % des Français se sentent régulièrement seuls.

Pour le cœur, ce signal compte autant qu’un excès de tabac. Le chirurgien cardiothoracique Jeremy London rappelle : « Nous sommes des être sociaux. Et la science montre clairement que la solitude est plus néfaste que la cigarette et l’obésité. Appeler un ami, rester lié aux autres est donc très important », a expliqué le cardiologue à Top Santé. La cardiologue Crystal Wiley Cené ajoute : « Plus de quarante ans de recherche ont clairement démontré que l’isolement social et la solitude sont tous deux associés à des conséquences néfastes sur la santé. Il existe des preuves solides liant l’isolement social et la solitude à un risque accru de détérioration de la santé cardiaque et cérébrale en général ». Le rapport 2022 de l’American Heart Association fait état d’environ +29 % de risque d’infarctus et +32 % d’AVC en cas d’isolement marqué, des ordres de grandeur retrouvés par l’OMS.

En bref

  • L’analyse relie chronobiologie, binge-watching et solitude, avec les alertes de l’OMS, de l’American Heart Association et des cardiologues Jeremy London et Crystal Wiley Cené.
  • Les personnes en bonne santé ajustent sommeil, repas, écrans et relations en apprenant à écouter leur corps, plutôt qu’à se caler sur l’horloge sociale.
  • Derrière cette habitude apparemment banale, le texte suggère une protection méconnue contre la fatigue chronique, le binge-watching compulsif et certains risques cardiovasculaires graves.