Montres connectées : ce score santé très flatteur qui est souvent faux et peut vous coûter cher
© Reworld Media
En 2026, les montres connectées s'imposent comme compagnon santé au poignet, chiffres à l'appui. Mais un indicateur-clé de votre forme pourrait être bien moins fiable qu'il n'y paraît.
Ce matin encore, votre poignet vibre avant même que vous ayez posé un pied par terre. Un rapide coup d’œil : 10 000 pas à faire, un score de sommeil qu’elle juge excellent, une jauge de forme au vert. Pourtant, vos yeux piquent, vos jambes sont lourdes, vous vous sentez vidé. Qui croire, votre corps ou votre montre connectée ?
En 2026, ces objets ont envahi nos vies au point de devenir, pour certains, un véritable baromètre de santé. Elles comptent, analysent, notent tout. Sauf qu’un point précis résiste obstinément aux algorithmes : votre niveau réel de fatigue, de stress et de « forme du jour ». Et c’est là que votre montre peut franchement se tromper.
Ce que votre montre connectée fait vraiment bien pour votre santé
Pour le mouvement, la fiabilité des montres connectées est aujourd’hui solide. Les accéléromètres et gyroscopes distinguent une marche d’un simple geste du bras ; si votre montre affiche 8 km parcourus, l’ordre de grandeur est juste. C’est précieux pour sortir de la sédentarité, surtout l’hiver, et transformer des journées « assis devant l’ordi » en données concrètes.
Côté nuit, ces montres évaluent plutôt bien le temps total de sommeil et les grandes tendances sur plusieurs semaines. Elles repèrent quand vous vous couchez trop tard ou enchaînez les nuits raccourcies. Et le côté ludique – anneaux qui se ferment, félicitations après une marche – agit comme un petit coach de poche qui motive sans juger. Mark Zuckerberg avait d’ailleurs expliqué vouloir concentrer les investissements « vers les lunettes et les objets portables », rapporte The Information.
Fatigue, stress, forme du jour : le point de santé où votre montre vous ment
Là où tout se complique, c’est pour les scores de type Body Battery, « récupération » ou « forme ». Ils se basent sur la fréquence cardiaque et surtout sur sa variabilité, mesurée par une lumière verte au poignet (photopléthysmographie), bien plus fragile qu’un électrocardiogramme médical. Une étude de l’université de Leyde, résumée par SFR Actus, a retrouvé une corrélation quasi nulle entre ces scores de fatigue ou de stress et le ressenti réel des utilisateurs.
Autre limite importante : votre montre sait assez bien quand vous dormez, beaucoup moins comment vous dormez. Des travaux comparant ces appareils à la polysomnographie montrent que l’identification des différentes phases de sommeil reste approximative. Résultat fréquent au réveil : un score à 90/100 alors que vous baillez à longueur de journée. Les spécialistes rappellent que le meilleur indicateur de qualité de sommeil reste la façon dont vous vous sentez dans la journée.
Mesures trompeuses, erreurs techniques et bons réflexes à adopter
Le froid de février resserre vos vaisseaux sanguins au poignet et brouille la lecture du flux sanguin : votre montre peut afficher une fréquence cardiaque trop basse ou perdre le signal en plein jogging. Une peau foncée ou tatouée, un bracelet trop lâche, la transpiration qui glisse sous le capteur aggravent encore les erreurs, surtout pour la saturation en oxygène ou les arythmies. Une étude de la Mayo Clinic a montré qu’après une alerte inquiétante d’Apple Watch, seulement environ 10 % des personnes présentaient finalement une vraie pathologie cardiaque. De quoi alimenter l’hypocondrie… ou, inversement, une dangereuse fausse réassurance.
L’usage le plus sûr consiste à lire ces chiffres comme des tendances, et non comme des verdicts instantanés. Quand vos sensations et la montre se contredisent, le corps garde toujours la priorité. Un petit mémo aide à garder ce réflexe :
- Vous êtes épuisé, mais la montre affiche une forme à 100 % : dormez, votre corps a toujours raison.
- Vous ressentez des palpitations alors que l’application ne signale rien : consultez un médecin.
- Vous grelottez dehors avec peu de calories « brûlées » affichées : le froid fausse la mesure, pas votre dépense réelle.
Sources
En bref
- En 2026, Apple Watch, Garmin ou Fitbit affichent au poignet une avalanche de données santé qui semblent fiables, mais cachent déjà quelques pièges.
- Les scores quotidiens d'état du jour reposent sur des capteurs optiques et des algorithmes dont la fiabilité réelle interroge encore de nombreux chercheurs.
- Entre faux positifs, fausse réassurance et décalage avec les sensations, l'enjeu devient d'apprivoiser ces montres connectées sans leur abandonner sa santé.
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