Balade d’hiver : si votre chien lèche cette flaque près des voitures, sa vie peut basculer en 72 heures
© Reworld Media
Je n’avais aucune idée du danger quand mon chien a léché une flaque sur un parking d’hiver, apparemment anodine. En quelques heures, l’antigel qu’elle contenait a transformé cette balade en urgence vétérinaire redoutée.
Fin février, trottoirs luisants, neige fondue, flaques sales à chaque coin de rue. Votre chien tire sur sa laisse, se penche et lape deux ou trois gorgées d’eau brunâtre. On grimace, on pense microbes, puis on continue la promenade sans y prêter attention. Scène banale, que personne n’imagine vraiment dangereuse.
Pourtant, certaines flaques cachent un produit automobile extrêmement toxique. Une poignée de millilitres suffit parfois à déclencher, en silence, une réaction en chaîne capable d’emporter un animal en moins de trois jours. Derrière cette scène ordinaire se cache une urgence vétérinaire méconnue : l’ombre de l’intoxication à l’antigel chez le chien.
Flaque d’hiver et antigel : pourquoi l’attrait est si fort pour le chien
En hiver, de nombreux véhicules perdent quelques gouttes de liquide de refroidissement ou d’antigel, qui se mêlent à l’eau de pluie pour former ces flaques légèrement irisées ou colorées. Le coupable principal s’appelle l’éthylène glycol, composant clé de ces produits. Ce liquide au goût sucré est très appétent pour les chiens, alors qu’un chat s’en méfie souvent davantage.
L’instinct ne protège pas le chien de ce faux bonbon chimique. Une fois avalé, l’éthylène glycol est rapidement absorbé par le tube digestif, puis transformé par le foie en composés hautement toxiques qui s’attaquent directement aux reins. La toxicité est fulgurante : la dose mortelle tourne autour de 4 à 6 ml par kilo de poids corporel. Pour un petit chien de compagnie, quelques coups de langue dans une flaque contaminée peuvent suffire à sceller son destin.
Intoxication à l’antigel chez le chien : les signes qui doivent alerter
Les premières heures trompent souvent les propriétaires. Entre 30 minutes et 12 heures après l’ingestion, le chien peut sembler ivre : ataxie, vomissements, grande fatigue, désorientation. Il titube, cogne les meubles, paraît juste un peu « à côté de ses pattes ». Puis il se met à uriner beaucoup plus que d’habitude et à boire énormément, signe que l’organisme tente de se défendre.
C’est là que le piège se referme. Après cette phase, un calme relatif peut s’installer et rassurer à tort, alors que les métabolites de l’antigel provoquent une cristallisation dans les reins et une insuffisance rénale aiguë souvent fatale. Sans prise en charge, le décès survient en général entre 24 et 72 heures. Une fois l’anurie installée, les chances de survie s’effondrent brutalement.
Que faire si votre chien a léché une flaque suspecte d’antigel
Dès que vous surprenez votre chien en train de lécher une flaque suspecte près d’un véhicule, ou si ces signes apparaissent après une balade, oubliez les remèdes maison. Ne tentez pas de le faire vomir vous-même, sauf instruction contraire d’un professionnel, cela pourrait aggraver la situation. Filez immédiatement chez le vétérinaire le plus proche ou aux urgences vétérinaires et signalez d’emblée une possible ingestion d’éthylène glycol.
Plus tôt l’équipe soignante intervient, plus elle peut agir, par exemple en administrant des antidotes comme l’éthanol médical ou le fomépizole qui bloquent la transformation de l’éthylène glycol en toxines mortelles. Le reste se joue à la maison : surveiller son chien près des parkings, stocker les bidons d’antigel en hauteur, rincer aussitôt la moindre éclaboussure et lui apprendre l’ordre « tu laisses ». À chaque promenade d’hiver, ce réflexe vaut mieux qu’un regret qui durerait toute une vie.
En bref
- Fin février, un chien lèche une flaque près d’une voiture, sans que son maître soupçonne le risque d’intoxication à l’antigel qui commence alors.
- Peu après, des signes discrets d’ivresse, puis une soif intense et des urines abondantes annoncent une atteinte rénale aiguë souvent fatale chez le chien.
- Le temps joue alors contre l’animal, chaque heure retardant la prise en charge vétérinaire et l’accès aux rares antidotes possibles contre l’éthylène glycol.
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