Oreilles : j’ai arrêté ce geste d’hygiène appris enfant, mon ORL m’a expliqué pourquoi il fallait le bannir

Publié le ParRédaction Elle adore
© Reworld Media

Depuis l’enfance, on nous répète qu’une oreille propre passe par le coton-tige. Jusqu’au jour où ce rituel anodin se retourne contre notre audition.

Devant le miroir, juste après la douche, beaucoup de Français attrapent encore machinalement un petit bâtonnet de coton. Se nettoyer les oreilles au coton-tige semble aller de soi, comme se brosser les dents, car ce geste a été appris dès l’enfance et associé à une hygiène irréprochable.

Depuis quelques années pourtant, ORL et témoins racontent une autre histoire : « Depuis que j’ai arrêté ce geste d’hygiène qu’on nous impose depuis l’enfance, tout a changé », résume le vécu de nombreux patients. Car ce qui se passe réellement dans le conduit auditif n’a rien à voir avec l’idée de propreté parfaite.

Ce réflexe avec les cotons-tiges, un conditionnement bien ancré

Dans bien des familles, une « bonne » éducation passe par des oreilles sans trace de jaune. Le moindre cérumen est vécu comme quelque chose de sale, presque honteux, alors qu’il s’agit d’une sécrétion normale. Le coton qui frotte les parois sensibles procure en plus une petite décharge de plaisir, cette fameuse « addiction au grattage » décrite dans les témoignages.

La prise de conscience arrive souvent après un incident. Un matin, le geste se fait un peu plus profondément, le son se coupe, l’oreille devient bouchée et cotonneuse, parfois avec un sifflement. Le fameux « effet piston » a créé un bouchon compact devant le tympan, opération totalement involontaire mais provoquée par les cotons-tiges répétés.

Ce que les cotons-tiges font vraiment à l’intérieur de l’oreille

Sur le plan biologique, le cérumen lubrifie le conduit, évite le dessèchement et les démangeaisons, piège poussières et petits insectes et crée un milieu acide défavorable aux microbes. En l’enlevant chaque jour, on retire en réalité un bouclier naturel, un peu comme si l’on enlevait le toit d’une maison en plein orage hivernal.

Le bâtonnet, lui, n’enlève qu’une fine pellicule visible en surface et pousse tout le reste vers le fond. Jour après jour, il tasse la matière contre le tympan. Les médecins voient alors arriver des bouchons artificiels, des eczémas du conduit qui démangent en continu, parfois des perforations traumatiques du tympan après un geste brusque ou un coup dans le coude.

Laisser l’oreille s’autonettoyer et changer sa routine

L’oreille possède pourtant son propre système de nettoyage. La peau du conduit migre lentement de l’intérieur vers l’extérieur, entraînant avec elle les excès de cérumen, aidée par les mouvements de la mâchoire quand on parle ou que l’on mange. Une hygiène saine consiste à se limiter au pavillon et à l’entrée du conduit : eau tiède sous la douche, séchage doux à la serviette, éventuellement le petit doigt qui s’arrête naturellement. Pour la faune du jardin, l’animatrice Caroline Munoz conseille même une gourmandise à base de pomme de pin, margarine et graines : « En gros, c’est comme une pomme d’amour. Enfin, sans pomme et sans amour », plaisante-t-elle, citée par le Journal des Femmes.

Arrêter les cotons-tiges demande pourtant un vrai sevrage. Les premières semaines, beaucoup disent se sentir « sales », dérangés par la moindre goutte d’eau dans l’oreille. Bannir physiquement les bâtonnets de la salle de bain, occuper ses mains avec une crème ou un brossage de cheveux, laisser le temps au conduit de retrouver son équilibre : peu à peu, les démangeaisons reculent, l’audition se stabilise et l’on gagne au passage une salle de bain avec moins de déchets. En cas de douleur, d’écoulement ou de baisse d’audition, la seule vraie bonne idée reste de consulter un médecin ou un ORL, jamais de replonger un objet dans l’oreille.

En bref

  • Chaque matin, des millions de Français utilisent encore des cotons-tiges pour les oreilles, persuadés que ce réflexe d’hygiène appris enfant est indispensable.
  • Les ORL expliquent comment ce geste crée effet piston sur le cérumen, favorise bouchons, eczéma et traumatismes du tympan à force de nettoyages répétés.
  • En laissant l’oreille autonettoyante faire son travail et en changeant quelques habitudes, certains décrivent un véritable avant-après qu’ils n’auraient jamais imaginé.