Mains moites : je redoutais chaque poignée de main, ce rituel du soir oublié par la plupart a tout changé
© Reworld Media
Des réunions aux premiers rencards, ses mains moites transformaient chaque poignée de main en épreuve. Jusqu’au soir où un simple geste a tout bouleversé.
La gorge qui se serre, le cœur qui s’emballe, alors qu’il ne s’agit que d’un collègue qui avance, main tendue. Quand on souffre de mains moites, chaque poignée de main ressemble à une épreuve. On calcule ses gestes, on évite les contacts, on craint le regard des autres plus que la réunion elle-même.
Pour une partie des gens, ce n’est pas juste un peu d’humidité liée au trac, mais une hyperhidrose palmaire : une transpiration des paumes quasi permanente. Stylo qui glisse, écran tactile qui ne répond plus, poignée de porte difficile à tourner… Et pourtant, une méthode très simple, appliquée au bon moment, peut vraiment changer la donne.
Mains moites : comprendre ce qui se passe dans vos paumes
Transpirer est normal, c’est le système de refroidissement du corps. La différence, ici, tient au volume et au contexte : dans l’hyperhidrose, les glandes sudoripares eccrines des mains reçoivent des signaux trop forts du système nerveux sympathique et se déclenchent même au repos. Le stress amplifie tout, créant un cercle vicieux : peur de transpirer, transpiration, honte, puis encore plus de stress.
L’hyperhidrose palmaire a souvent une origine génétique, mais elle peut aussi être favorisée par le stress, le surpoids, certains dérèglements hormonaux ou maladies. Le Dr Patrick Aubé résume : « On peut aussi la rencontrer dans le cadre d’un excès de transpiration généralisé de certains états pathologiques comme l’hyperthyroïdie, le diabète, l’alcoolisme, certaines tumeurs et certaines affections neurologiques. La prise de médicaments tels que opiacés, amiodarone, anti-inflammatoires peut également être mise en cause. Par ailleurs, le fait de consommer certains aliments comme l’alcool, les épices et la caféine peuvent favoriser la transpiration », explique le Dr Patrick Aubé dans des propos rapportés par Journal des Femmes. Quand la sudation est strictement localisée aux paumes et symétrique, elle reste le plus souvent sans lien avec une maladie grave.
La vraie découverte : passer de déodorant à antitranspirant ciblé
Beaucoup testent crèmes parfumées ou déodorants classiques… sans effet. Normal : la sueur des mains est inodore, le problème est hydraulique. La bascule se fait avec un antitranspirant au chlorure d’aluminium. Les sels d’aluminium réagissent avec l’eau dans le canal sudoripare et forment un petit bouchon de kératine qui bloque temporairement la sortie de sueur, un peu comme un minuscule bouchon dans une canalisation.
Le secret, c’est le timing. Appliqué le matin, sur une peau qui commence déjà à transpirer, le produit est chassé avant d’agir. Le soir, l’organisme se met au repos, la production de sueur chute, et l’antitranspirant dispose de six à huit heures pour pénétrer en profondeur. D’où une règle simple : le soir, sur une peau saine et parfaitement sèche, en fine couche sur les paumes et entre les doigts.
Un rituel du soir, quelques ajustements de vie et, en dernier recours, la médecine
Le protocole gagnant ressemble à un petit rituel. On lave d’abord ses mains avec un savon doux, on les sèche soigneusement puis on attend quelques minutes pour que toute humidité disparaisse. On applique une petite quantité d’antitranspirant, on masse, puis on peut enfiler des gants en coton pour la nuit : ils évitent que le produit finisse sur les draps et créent un léger effet d’occlusion qui renforce son action. Au réveil, un simple lavage suffit ; la barrière reste en place sous la peau. Réduire café, thé fort, boissons énergisantes, alcool ou plats très épicés aide aussi à calmer le système nerveux, tandis que chicorée ou infusions apaisantes le soir limitent les pics de transpiration.
En soutien, certains remèdes maison comme la pierre d’alun, le talc, un bain de bicarbonate de soude ou un demi-citron frotté sur les paumes apportent un effet sécheresse ponctuel. Pour les cas les plus sévères, la toxine botulique ou la chirurgie existent : « L’injection de toxine botulique au niveau des mains donne de bons résultats mais, du fait de l’extrême sensibilité de la paume, nécessite une prise en charge analgésique allant parfois jusqu’à l’anesthésie générale. Le traitement chirurgical consiste en la section du nerf sympathique au niveau thoracique (sympathectomie). Il provoque un arrêt complet de la sudation de la partie supérieure du corps mais entraîne au niveau de la partie inférieure du corps une hypersudation compensatrice », prévient le Dr Patrick Aubé. Des options de dernier recours, quand les gestes du quotidien ne suffisent plus.
En bref
- Hyperhidrose palmaire, mains moites persistantes, peur du contact physique et cercle vicieux stress‑transpiration rythment le quotidien de nombreuses personnes.
- Un antitranspirant au chlorure d’aluminium, appliqué de façon ciblée, agit directement sur les glandes sudoripares eccrines pour limiter la transpiration excessive des paumes.
- Ajustements alimentaires, rituels apaisants et, en dernier recours, traitements médicaux lourds esquissent un parcours progressif vers des mains plus sèches et assumées.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité