Changer un robinet : ne faites plus cette erreur, seule cette règle de serrage évite les fuites invisibles
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Vous changez un robinet et, trois jours plus tard, une tache sombre envahit le meuble sous l'évier. Cette fuite invisible tient souvent à un seul geste mal dosé.
Vous venez de remplacer un vieux mitigeur, tout est propre, l’eau coule bien… puis, trois jours plus tard, une auréole sombre apparaît au fond du meuble. La fameuse fuite fantôme vient de frapper et, heure après heure, des litres d’eau se perdent sans bruit.
Dans la plupart des cas, le problème ne vient ni du robinet ni des flexibles, mais d’un réflexe très humain : serrer les écrous très fort pour se rassurer. En réalité, ce zèle finit par écraser les joints et déformer le métal. La seule vraie protection reste une méthode précise, centrée sur la règle du quart de tour.
Pourquoi un robinet neuf peut se mettre à fuir en douce
Au moment de changer un robinet, beaucoup serrent la clé jusqu’au blocage total, convaincus de garantir l’étanchéité. L’installation paraît parfaite, aucune goutte au test initial. Puis, au fil des heures, l’alternance eau chaude / eau froide fait travailler les matériaux. Le joint torique, d’abord seulement comprimé, finit écrasé et perd son élasticité : l’eau trouve alors un passage minuscule, invisible à l’œil nu.
Ces fuites apparaissent souvent 48 à 72 heures après la pose, voire une semaine plus tard. Quand on serre trop, le laiton des raccords se déforme, les écrous peuvent s’ovaliser et le filetage se détériorer. De minuscules espaces se créent entre les filets mâles et femelles et l’eau s’y glisse par capillarité. Si l’arrivée d’eau encastrée est abîmée, la petite réparation se transforme alors en gros chantier.
La règle du quart de tour : jusqu’où serrer pour éviter la casse
Les plombiers suivent une règle simple. D’abord, visser l’écrou entièrement à la main, sans outil. Tant qu’il tourne librement, le joint n’est pas en contact. Dès que la résistance devient nette, on atteint ce que les pros appellent le contact ferme. À ce stade, le métal touche le joint sans l’écraser encore.
Ce point sert de zéro pour le serrage définitif. Avec la clé à molette ou la pince multiprise, il suffit alors d’ajouter un quart de tour, pas plus. Imaginez le cadran d’une horloge : votre outil part de midi pour arriver à trois heures. Si une légère humidité persiste, on complète par environ un huitième de tour, en surveillant à chaque fois, plutôt que d’enfoncer brutalement tout le filetage.
Changer un robinet sans stress : les bons réflexes de contrôle
Une fois l’eau rouverte, le contrôle visuel ne suffit pas toujours pour déceler une fuite invisible. Un morceau de papier absorbant devient votre meilleur allié. Enroulez-en autour de chaque raccord sous l’évier, laissez couler l’eau quelques minutes, puis revenez voir après dix minutes et à nouveau une heure plus tard. À la moindre trace d’humidité, resserrez d’un huitième de tour maximum.
Avant de refermer le placard, une courte routine évite bien des soucis :
- vérifier que le papier reste sec autour de chaque écrou ;
- passer la main sur les flexibles pour sentir un éventuel suintement ;
- laisser un essuie-tout en place et le contrôler le lendemain.
Si l’humidité revient, mieux vaut démonter pour inspecter joints et filetages, ou appeler un plombier plutôt que forcer encore : un robinet bien posé, serré juste ce qu’il faut, protège durablement votre intérieur.
En bref
- Lors du remplacement d’un robinet, des micro-fuites apparaissent parfois sous l’évier plusieurs jours après, malgré une installation qui semblait parfaite.
- Le guide explique comment un serrage excessif écrase les joints, déforme les raccords et favorise ces fuites diffuses difficiles à repérer au coup d’œil.
- Une règle de serrage au quart de tour, associée à un contrôle au papier absorbant, offre une solution pour limiter ces fuites sous l’évier.
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