Ce rappel tombé en novembre 2025 : l’amende qui guette ceux qui abattent un arbre sans autorisation chez eux
Couper un arbre dans son jardin peut coûter cher. La règle a changé? Non, mais les sanctions surprennent encore.
Entre envie de lumière et projets de travaux, beaucoup de Français envisagent l’abattage d’un arbre à l’automne. La période s’y prête, les feuilles tombent et la sève ralentit. Et pourtant… une simple coupe réalisée sans formalisme peut valoir une lourde amende, même lorsqu’il s’agit d’un arbre planté sur sa propriété.
Le droit encadre strictement ces gestes, avec des seuils précis et des cas où l’autorisation en mairie devient obligatoire. Certaines essences sont aussi protégées, tout comme les abords de sites patrimoniaux. Sauf que la frontière entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas reste mal connue. D’où des surprises.
70 cm, 1,50 m, 30 ans : ces seuils qui changent tout avant de couper
Sur le principe, on ne peut pas abattre librement un arbre répondant à plusieurs critères cumulatifs. Dès lors que le tronc affiche au moins 70 cm de circonférence mesurés à 1,50 m de hauteur, une autorisation doit être demandée en mairie avant toute coupe. Le texte rappelle aussi un autre critère déclencheur: l’âge de 30 ans ou plus.
Ces repères peuvent sembler techniques. Ils jouent pourtant un rôle clé pour protéger le patrimoine arboré, y compris dans les lotissements récents. En clair, même dans un jardin privé, on ne fait pas ce qu’on veut avec un arbre qui a grandi. Mieux vaut déposer une demande, car une coupe sans accord peut être très couteux.
Le non-respect expose à une sanction affichée à 1 500 € lorsque l’abattage concerne un arbre dont le tronc mesure moins de 20 cm de diamètre. Ce montant n’a rien d’anecdotique. Et il n’exonère pas d’éventuelles mesures correctives exigées ensuite par la commune.
Espèces protégées et arbres remarquables : les amendes qui font mal
Autre point d’attention à l’approche de l’hiver 2025: certaines essences dites remarquables sont protégées par la loi. La liste, publiée sur Legifrance, inclut par exemple l’alisier de Fontainebleau, le pin Mugho, le faux-chêne liège ou le saule de Suisse. Au total, plus de 400 espèces végétales figurent dans ce cadre.
Dans ce cas, l’arbre fait partie du patrimoine arboré local et son statut se retrouve normalement dans le plan local d’urbanisme de la commune. Concrètement, il faut une autorisation spécifique pour l’abattre. L’absence de démarche n’est pas un détail: couper une espèce rare ou un arbre centenaire expose à une amende portée à 20 000 euros.
À l’échelle d’un foyer, cette somme représente un vrai choc. Et elle peut s’ajouter à d’autres obligations, comme une replantation ou une remise en état. D’où l’intérêt de vérifier l’espèce exacte avant de sortir la tronçonneuse, même si l’arbre gêne une baie vitrée.
À moins de 500 mètres d’un monument historique : l’autorisation à demander au STAP
L’emplacement de l’arbre compte tout autant que son espèce. Situé à moins de 500 mètres d’un monument historique ou d’un site, et visible depuis ce dernier, l’arbre ne peut pas être coupé sans accord préalable. Cette fois, la demande ne se fait pas en mairie mais auprès du Service Territorial de l’Architecture et du Patrimoine (STAP).
Ce régime concerne plus de jardins qu’on ne l’imagine, notamment dans les centres anciens et autour d’églises classées. Une simple visibilité depuis le site suffit à déclencher l’obligation d’autorisation. Là encore, mieux vaut anticiper pour intégrer les délais à son calendrier de travaux.
Des exceptions existent. Si l’arbre est mort, cassé ou dangereux, l’autorisation n’est pas requise. On pense aux dégâts de tempête ou à une branche qui menace la voie publique. Même dans ces cas, un constat rapide et quelques photos facilitent les échanges avec la commune.
Abattre chez soi à l’automne 2025 : le réflexe qui évite l’ennui administratif
Avant d’intervenir, un tour au guichet d’urbanisme reste le meilleur réflexe. Les services municipaux confirment la marche à suivre, précisent les pièces du dossier et signalent la présence d’un périmètre protégé. En prime, ils savent dire si l’arbre apparaît dans le PLU ou si une espèce figure parmi les protégées.
- À vérifier d’un coup: circonférence de 70 cm à 1,50 m de hauteur; âge estimé 30 ans ou plus; espèce potentiellement protégée; distance de 500 m et visibilité depuis un monument historique; état mort, cassé ou dangereux.
Pour un particulier, ces repères évitent les mauvaises surprises, surtout quand on calerait volontiers la coupe entre deux week-ends. L’abattage reste possible, mais il doit s’inscrire dans le cadre légal, y compris lorsque l’arbre cache le soleil sur une terrasse.
En résumé pratique: on identifie l’espèce, on prend des mesures simples, on se renseigne sur le PLU, puis on dépose, si besoin, une demande d’autorisation en mairie ou au STAP. Cette check-list prend peu de temps et écarte le risque de payer 1 500 € ou, pire, 20 000 euros pour un geste réalisé sans formalités.