Cyclistes : ce virage du plan vélo 2026 va rendre vos VAE bien plus chers et vos trajets nettement moins sûrs
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En 2026, ce ne sont pas de nouveaux panneaux mais des lignes de budget qui vont compliquer la vie des cyclistes. Entre plan vélo raboté et aides envolées, vos trajets quotidiens pourraient changer de visage.
Vous vous attendiez à devoir respecter une nouvelle limitation de vitesse à vélo ou porter un équipement inédit en 2026 ? La « nouvelle règle » qui va vraiment bousculer vos trajets tient en quelques lignes de budget : une enveloppe nationale pour le vélo ramenée au strict minimum et la disparition des aides à l’achat qui avaient dopé les ventes de vélos électriques.
En février 2026, la France entre dans sa première année pleine avec un plan vélo 2026 réduit à 50 millions d’euros, alors que 250 millions par an avaient été promis au lancement du plan 2023-2027, soit une baisse d’environ 80 %. Dans le même temps, le bonus et la prime à la conversion ont pris fin le 14 février 2025. Et vous allez le sentir très concrètement.
Plan vélo 2026 : un budget divisé par cinq qui change tout
Au départ, l’idée était simple : sécuriser et densifier le réseau, après une progression qui a porté les pistes cyclables et voies vertes à environ 63 390 km fin 2025. Avec seulement 50 millions d’euros pour tout l’Hexagone, l’État ne peut plus financer qu’une poignée de tronçons déjà engagés, au lieu de lancer de nouveaux axes structurants.
Ce serrage de vis frappe surtout les petites villes et les territoires ruraux, où les projets vélo dépendent souvent à 60 ou 70 % des subventions nationales. Une passerelle pour franchir une rivière, une voie verte entre deux bourgs ou la sécurisation d’un rond-point peuvent se retrouver renvoyés aux calendes grecques. Le risque d’une France du vélo à deux vitesses se renforce.
Moins d’infrastructures, plus de risques sur les trajets du quotidien
Concrètement, beaucoup de cyclistes vont continuer à emprunter ces itinéraires absurdes : une belle bande protégée qui s’arrête net avant un carrefour chargé, une piste qui débouche brutalement dans un flot de voitures ou de camions. Le budget initial devait justement servir à gommer ces « trous » dans les itinéraires domicile-travail et école.
Moins d’argent public, c’est aussi moins de séparateurs en béton, de marquages au sol frais, de feux vélo dédiés ou d’éclairage spécifique sur les axes sombres. Pour un parent qui hésite à laisser son collégien rouler seul, pour un senior qui débute, la perception du danger reste élevée. Beaucoup risquent de revenir à la voiture pour quelques kilomètres seulement.
Sans aides vélo 2026, la facture d’un VAE explose
Jusqu’à début 2025, le bonus vélo et la prime à la conversion pouvaient faire baisser la note de 1 000 à plus de 2 000 euros selon les profils. Un vélo à assistance électrique à 2 500 euros pouvait revenir autour de 1 500 euros pour un ménage modeste. En 2026, le même modèle se paie quasiment plein pot : 2 500 euros, parfois 2 100 ou 2 200 euros avec une promotion locale.
Pour un vélo cargo électrique familial à 4 000 euros, l’écart est encore plus brutal : avec aides, certaines familles s’en sortaient autour de 2 000 euros ; désormais, même en cumulant une éventuelle aide de la ville ou de l’employeur, la facture dépasse souvent 3 400 euros. Quelques dispositifs locaux subsistent, mais ils se comptent en centaines d’euros, pas en milliers. Beaucoup de foyers remettront donc à plus tard le remplacement de leur deuxième voiture, quitte à continuer à faire ces trajets courts… en thermique.
En bref
- En 2026, le plan vélo 2026 tombe à 50 millions d’euros et coïncide avec la fin, depuis février 2025, du bonus vélo national.
- Réseau cyclable fragilisé, projets locaux suspendus, discontinuités dangereuses et équipements moins entretenus rendent les trajets domicile-travail plus incertains pour de nombreux cyclistes.
- Hausse du coût des VAE et vélos cargos, aides locales limitées et inégalités territoriales dessinent une carte du vélo dont les effets restent à mesurer.
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