Raccorder un lave-linge : cette technique en deux temps évite 84 % des fuites, les plombiers ne jurent que par elle
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Une nouvelle machine, un premier cycle… et parfois la flaque glacée qui s’invite au salon. Comment les pros sécurisent-ils le raccord d’eau et l’évacuation sans jamais forcer ?
Avoir enfin un lave-linge à la maison devrait rimer avec confort, pas avec serpillière à 23 heures. Beaucoup de foyers découvrent pourtant, quelques heures après l’installation, une flaque glacée qui s’étend devant la machine. Le lave-linge fonctionne, mais l’eau suinte au niveau du robinet, comme si tout avait été mal fait.
Le paradoxe, c’est que le problème vient rarement de l’appareil. Les chiffres montrent que près de 84 % des fuites lors d’une première installation sont liées à un mauvais serrage ou à un joint inadapté. Les plombiers, eux, appliquent presque toujours la même méthode pour raccorder un lave-linge sans fuite. Une méthode en deux temps.
Pourquoi un mauvais serrage fait fuir tant de lave-linge neufs
Premier réflexe quand on visse un flexible sur un robinet : forcer. On prend la pince multiprise, on serre jusqu’à ne plus pouvoir. En réalité, c’est précisément ce qui abîme les écrous en plastique et les métaux tendres. Le filetage souffre, l’écrou peut se fendre et le joint s’écrase au lieu de se plaquer correctement.
Dans la majorité des installations qui fuient, le joint est soit absent, soit mauvais, soit massacré par ce serrage excessif. Or ce petit anneau est la vraie barrière à l’eau. Les pros remplacent souvent le joint noir d’origine par un joint fibre vulcanisé rouge brique, qui gonfle légèrement au contact de l’eau et reste étanche même avec les variations de température.
La technique du serrage en deux temps que les pros utilisent au quotidien
Avant de sortir l’outil, tout se joue à la main. On vérifie que le joint, en caoutchouc ou en joint fibre lave-linge, est bien plat dans l’écrou, sans pli ni grain de calcaire. On présente le flexible bien dans l’axe du robinet, puis on visse uniquement au poignet. Si ça coince ou accroche, on revient en arrière et on recommence : le filetage doit tourner librement jusqu’à la butée.
La deuxième phase, c’est le fameux serrage en deux temps. Une fois l’écrou vissé au maximum à la main, on place la pince ou la clé et on ajoute un quart de tour seulement. Ce léger mouvement comprime le joint juste assez pour assurer l’étanchéité sans écraser la matière ni fragiliser l’écrou en plastique.
Évacuation et test à vide : les deux derniers réflexes anti-fuite
Autre zone sensible : la vidange. Le tuyau doit remonter dans un tube ou un siphon placé entre 65 et 90 cm du sol. Plus bas, l’eau s’écoule par gravité et les eaux usées peuvent revenir. On insère le tuyau sur 10 à 15 cm avec la crosse et on le fixe solidement pour qu’il ne saute pas.
Avant de remplir le tambour de linge, les pros terminent toujours par un test à vide :
- ouvrir doucement le robinet d’arrivée d’eau en regardant le raccord pendant quelques secondes ;
- passer un doigt bien sec tout autour de l’écrou pour sentir la moindre goutte ;
- lancer un programme court sans linge et rester à proximité lors du remplissage et de la vidange.
Si le doigt reste parfaitement sec et que rien ne goutte côté évacuation, vous pouvez laisser tourner la machine l’esprit tranquille, sans craindre la flaque qui surprend au milieu de la soirée.
En bref
- Lors de la première installation d’un lave-linge, 84 % des fuites seraient liées au serrage du raccord d’eau et au choix du joint.
- Les plombiers appliquent une méthode de serrage en deux temps, avec un quart de tour contrôlé et un soin particulier apporté au joint et au filetage.
- En ajustant aussi la hauteur d’évacuation et en réalisant un test à vide précis, cette routine transforme une installation stressante en geste quasi automatique.
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