Un mois sans plastique : ce que ces voisins ont vécu en 30 jours pourrait bien changer votre quotidien
En ouvrant leur frigo après les fêtes, ils n'ont vu qu'un mur d'emballages brillants. Boîtes, barquettes, films, bouteilles : du plastique partout, jusque dans les moindres recoins. Ce soir-là, ce petit groupe de voisins s'est lancé un pari jugé irréaliste par leur entourage : vivre un mois sans plastique. Pas seulement limiter les sacs de courses, mais bannir tout nouvel achat de plastique, visible ou caché.
Le contexte joue aussi. Chaque année, jusqu'à 11 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans, tandis que des microplastiques sont retrouvés dans le cerveau, les poumons ou même le placenta humain. Des campagnes comme le #No Plastic Challenge ou Ma vie sans plastique montrent que le sujet dépasse largement la cuisine de ces volontaires. Ce qu'ils allaient découvrir allait bousculer bien plus que leurs placards.
Un mois sans plastique : le choc des premiers jours
Les premiers jours, l'euphorie du défi domine. Ras-le-bol de vider la poubelle jaune deux fois par semaine, envie de rejoindre ce mouvement zéro déchet qui fait parler de lui, curiosité de voir jusqu'où aller : chacun a sa raison. Ils vident les placards, alignent les emballages, mesurent stupéfaits la place prise par le plastique.
Très vite, l'exercice tourne à l'enquête policière. Les tickets de caisse contiennent du plastique, tout comme certains sachets de thé, vêtements synthétiques, stylos, emballages en carton doublés d'un film invisible. L'éponge jaune de l'évier, elle, est fabriquée à partir de polymères issus du pétrole et libère des microplastiques à chaque vaisselle, sans aucune filière de recyclage classique.
Courses, cuisine et salle de bains : la révolution du quotidien
Pour remplir le frigo, direction le marché, la boulangerie, les épiceries vrac. Sacs en tissu, bocaux en verre et boîtes métalliques remplacent barquettes et sachets. Plus d'emmental râpé ni de biscuits individuels, à moins de les préparer soi-même. Une participante a chiffré l'expérience : environ 30 € de plus sur le mois, soit 6 % de son budget alimentaire, mais une seule petite poubelle de 20 litres de plastique résiduel.
En cuisine, le film étirable est remplacé par des boîtes en verre, des assiettes retournées ou des bee wraps. Les plats industriels reculent au profit de recettes simples préparées maison. Dans la salle de bains, flacons de gel douche et shampoings liquides laissent la place aux formats solides, au dentifrice en pastilles et aux accessoires réutilisables. Les éponges synthétiques, qui mettraient des centaines d'années à se dégrader, sont troquées contre des tawashis ou des brosses en fibres végétales.
Vie sociale, déclic et héritage de ces 30 jours sans plastique
Le plus délicat se joue hors de la maison. Au bureau, ils arrivent avec gourde et boîte en verre pour éviter gobelets, bouteilles et barquettes à emporter. Chez les amis, ils expliquent leur défi sans donner de leçons, contournent les pailles, acceptent parfois un emballage pour ne pas gâcher une fête. Vers le vingtième jour, un basculement se produit : presque rien ne manque, les achats impulsifs se calment, la poubelle ne déborde plus. Au bout de 30 jours, beaucoup gardent le vrac, les cosmétiques solides, le refus des sacs inutiles et constatent que la majorité du plastique à usage unique était finalement superflue.