Fin d’hiver : ce potager en lasagnes permet de respecter la nouvelle règle sur les biodéchets sans se casser le dos

À la fin de l’hiver, de plus en plus de jardiniers troquent la bêche pour le jardinage en lasagnes. Entre biodéchets à valoriser et dos fatigués, cette méthode change la donne au potager.
Fin d’hiver : ce potager en lasagnes permet de respecter la nouvelle règle sur les biodéchets sans se casser le dos

En plein mois de janvier, quand le potager ressemble à un terrain vague et gelé, beaucoup imaginent encore le jardinier courbé sur sa bêche, retournant de lourdes mottes. Cette scène familière parle de courage, mais aussi de maux de dos et de fatigue. Dans l’ombre, une autre façon de préparer la saison prend pourtant de l’avance.

Popularisé dans les années 1990 par la jardinière américaine Patricia Lanza, le lasagna gardening s’inspire du sol forestier : au lieu de bêcher, on empile cartons, feuilles mortes et déchets de cuisine pour former un mille-feuille qui se transforme en humus. La méthode gagne du terrain en France, surtout quand l’hiver touche à sa fin. Pourquoi ce tapis de couches organiques séduit-il autant de jardiniers à cette période précise ?

Le jardinage en lasagnes, une révolution douce sans bêchage

Le principe du jardinage en lasagnes est simple : on construit vers le haut au lieu de retourner la terre. Une première couche de cartons bruns posés directement sur l’herbe étouffe les mauvaises herbes en les privant de lumière. Par-dessus, on alterne matières brunes riches en carbone (paille, feuilles sèches, papier journal) et matières vertes pleines d’azote (épluchures, marc de café, tontes de gazon).

Ce mille-feuille joue le rôle d’un composteur à ciel ouvert. L’humidité, les champignons, les bactéries et surtout les vers de terre décomposent lentement chaque strate pendant l’hiver. Le sol en dessous n’est pas retourné, ses galeries restent intactes et la pédofaune continue de travailler. On parle de jardinage sans bêchage, ou no-dig, une approche proche de la permaculture qui préserve la vie du sol tout en ménageant le dos.

Fin d’hiver : le moment clé pour lancer son potager en lasagnes

La fin de l’hiver offre des conditions presque parfaites pour monter une lasagne. Les pluies fréquentes et la neige qui fond imbibent les cartons, les ramollissent et facilitent l’arrivée de la microfaune. Entre janvier et mars, il reste aussi plusieurs semaines pour que les couches se tassent et commencent à se transformer en humus avant les plantations de tomates, courges ou pommes de terre au printemps.

Pour un bon démarrage hivernal, les jardiniers visent en général une butte de 30 à 50 cm de hauteur, en respectant des couches d’environ 5 cm de matières vertes pour 10 cm de matières brunes. En pratique, à la fin de l’hiver, il suffit souvent de réunir les bons matériaux, d’arroser généreusement chaque couche et de terminer par un manteau de paille ou de feuilles pour protéger la structure du vent et du froid.

Biodéchets, climat, santé : pourquoi la culture en lasagnes s’impose

Si la culture en lasagnes séduit autant en cette saison, ce n’est pas un hasard. Depuis le 1er janvier 2024, tous les foyers doivent trier leurs biodéchets : transformer cartons, épluchures et tailles de haies en butte fertile évite des trajets à la déchetterie et réduit la poubelle. Les jardiniers aux dos fragiles y voient une façon de continuer à cultiver sans motoculteur. Les urbains créent un potager en lasagnes sur une simple dalle, tandis que l’humus obtenu agit comme une éponge qui stocke l’eau, précieuse face aux étés plus secs.