Fin d’hiver : les jardiniers l’ignorent, ce paillis issu de nos pulls peut tout changer au jardin

Publié le ParRédaction Elle adore
Fin d’hiver : les jardiniers l’ignorent, ce paillis issu de nos pulls peut tout changer au jardin © Reworld Media

À la fin de l’hiver, une simple erreur de paillage suffit à griller bourgeons et racines fragiles. Et si un matériau inattendu transformait vos massifs sans alourdir vos tâches ?

Fin février, le jardin semble se réveiller, mais les matinées restent glaciales. Beaucoup de jardiniers enlèvent alors le paillis ou laissent la terre nue, persuadés que le printemps arrive. Un rayon de soleil fait gonfler les bourgeons, puis une gelée tardive peut tout brûler en une seule nuit.

Il existe pourtant un paillis étonnant, venu d’une ressource que l’on imagine plutôt en pull qu’au potager : la laine de mouton. Étendue en couche fine au pied des plantes, cette toison forme un paillis de laine de mouton qui régule chaleur et eau du sol, tout en nourrissant doucement la terre.

Fin d’hiver : comment la laine de mouton protège vraiment le jardin

Comme une grosse chaussette autour d’un pied frileux, chaque fibre de laine emprisonne de l’air et crée un microclimat au ras du sol. Ce matelas agit comme un isolant thermique naturel : il amortit les écarts brutaux entre la nuit et le jour et limite le gel en profondeur autour des racines.

Sur l’eau, la laine joue aussi les gardiennes. Elle peut absorber jusqu’à 30 % de son poids sans paraître mouillée, puis relâcher cette réserve petit à petit. Résultat : l’évaporation baisse d’environ 25 % et les arrosages de début de printemps se raréfient, pendant que la plante pousse au calme.

Comment installer la laine de mouton sans risque en fin d’hiver

Le moment idéal se situe vers la fin février, quand le sol commence à se réchauffer mais que les gelées tardives restent possibles jusqu’aux Saints de Glace. On désherbe soigneusement, on passe un croc ou un râteau pour aérer, puis on arrose un peu si la terre est sèche afin qu’elle soit bien fraîche sous le paillis.

Vient ensuite la pose : on gonfle la laine, puis on l’étale sur environ 10 centimètres, sachant qu’elle se tassera à quelques centimètres. Autour de chaque tige, on garde un anneau de terre nue au niveau du collet. La fibre dérange les limaces, sauf si la couche reste détrempée. Si l’odeur de bergerie ou le « nuage gris » gênent, une fine couche de broyat décoratif les masque.

Les plantes qui adorent le paillis de laine de mouton… et celles à éviter

Ce manteau convient surtout aux plantes qui aiment les sols frais et riches, avec des racines peu profondes. Dans un jardin de particulier, il fait merveille sur :

  • les petits fruitiers : fraisiers, framboisiers, groseilliers ;
  • les vivaces de massif, rosiers, hostas et fougères ;
  • les hortensias, camélias, rhubarbes et artichauts.

En revanche, ce paillis s’accorde mal avec les plantes de terrain sec : lavandes, thym, romarin, sédums ou iris de rocaille préfèrent un paillis minéral comme le gravier. Chez elles, une humidité constante ferait pourrir le collet. Sous les massifs adaptés, la laine se décompose en un à deux ans, libère de l’azote, du phosphore et du potassium, puis laisse un humus noir qui allège les terres lourdes et retient mieux l’eau dans les sols sableux.

Sources

En bref

  • Fin février, au jardin, le paillis de laine de mouton apparaît comme une solution étonnante face aux gelées tardives et aux sols desséchés.
  • Posé en fin d’hiver selon quelques gestes simples, ce paillis crée un microclimat protecteur et limite l’évaporation autour des racines sensibles.
  • Certains massifs et arbustes profitent pleinement de cette toison végétale, tandis que d’autres la supportent mal, ce qui impose quelques choix stratégiques.