Géraniums de balcon : ce geste de janvier que les jardiniers oublient et qui déclenche une floraison avant le printemps
Janvier glace les balcons, les jardinières semblent mortes et les géraniums rangés au garage n’inspirent pas vraiment l’action. Beaucoup les laissent simplement patienter jusqu’au printemps, alors qu’un véritable potentiel se cache derrière ces tiges déplumées et ces feuilles pendantes.
En plein cœur de l’hiver, les géraniums de balcon, ou pélargoniums, ne sont pas complètement à l’arrêt : leur sève tourne au ralenti, en plein repos végétatif. C’est précisément là que tout se joue. Avant que les jours ne rallongent vraiment, une simple taille de nettoyage peut décider entre une plante qui végète et une potée qui déborde de fleurs avant même le printemps.
Pourquoi le tri hivernal de janvier change tout pour vos géraniums
En dessous de 10 degrés environ, la croissance ralentit, les feuilles consomment peu mais continuent malgré tout à puiser dans les réserves stockées dans les racines et les tiges principales. Si l’on garde toutes les feuilles jaunies, fleurs fanées et tiges noircies, cette énergie part dans du bois mort. Elle nourrit aussi les champignons, comme la botrytis, responsables de pourritures sournoises en plein hiver.
En intervenant en janvier, avant la remontée de sève de février‑mars, ce tri hivernal des géraniums libère la plante de tout ce poids inutile. Coupées au bon endroit, les vieilles parties laissent la place aux yeux dormants, ces petits renflements sur les tiges qui deviendront de nouvelles pousses. Résultat au printemps : des tiges plus nombreuses, courtes et solides, chargées de boutons, alors que les géraniums non triés peinent souvent à démarrer.
Comment réaliser ce tri hivernal des géraniums, pas à pas
Avant tout, les pots doivent déjà être rentrés depuis l’automne dans un endroit hors gel. Pour le geste de janvier, ne tirez jamais sur les feuilles à la main. Utilisez un sécateur propre, bien aiguisé, désinfecté à l’alcool à 90°. Coupez les parties sèches ou molles quelques millimètres au‑dessus d’un nœud sain, voire à la base si la tige est entièrement noire.
Sur les sujets très dégarnis, il est possible de rabattre toutes les tiges à 10 ou 15 centimètres pour forcer la ramification. Toutes les fleurs fanées et inflorescences sèches doivent disparaître. Une fois le tri terminé, replacez les géraniums dans un local lumineux et frais, autour de 8 à 12 degrés ; dans une cave sombre, visez plutôt 5 à 10 degrés.
Après le tri : arrosage minimal et calendrier d’une floraison en avance
En repos, les géraniums ont besoin d’un arrosage minimal. Dans une pièce claire à 8‑12 degrés, un apport léger tous les 20 à 30 jours suffit : 2 à 5 cl d’eau pour un pot de 12 cm, une dizaine de centilitres pour une jardinière. Le substrat doit presque sécher entre deux apports, sinon les racines brunissent, le collet pourrit et les tiges deviennent molles. Aucun engrais avant fin mars.
À la fin de l’hiver, vers février‑mars, rempotez dans un terreau pour géraniums puis installez les pots près d’une fenêtre à 18‑20 degrés. En avril, sortez-les quelques heures par jour avant une mise en place définitive après la mi‑mai. Ce parcours, démarré par le tri de janvier, se traduit souvent par une floraison précoce, dense et colorée, quand beaucoup de balcons sont encore nus.