Les chercheurs n'en peuvent plus de le répéter : en octobre, l'absence de chenilles sur le buis ne veut pas dire que la pyrale est partie
© Reworld Media
À l’automne, beaucoup cessent de surveiller leurs buis dès que les chenilles de pyrale semblent avoir disparu. Mais certains chercheurs continuent alors d’ouvrir le cœur des arbustes, à la recherche de signes bien plus discrets.
En octobre, beaucoup rangent déjà le pulvérisateur et se félicitent de voir leurs buis bien verts, sans une seule chenille de pyrale du buis à l’horizon. La saison des ravageurs semble terminée, les topiaires reprennent des airs de coussins impeccables et l’on se dit que le pire a été évité.
Pendant ce temps, les chercheurs de l’INRAE et du réseau FREDON continuent pourtant d’ouvrir les buissons, parfois jusqu’en novembre. Ils ne cherchent plus les grosses chenilles bien visibles, mais des traces minuscules, comme des enquêteurs de scène de crime végétale. Ce sont ces indices, cachés au cœur du feuillage, qui décident du sort de vos buis au printemps suivant.
Ce qui se passe vraiment dans vos buis à l’automne
La pyrale du buis (Cydalima perspectalis), espèce exotique envahissante arrivée en France vers 2008, enchaîne 2 à 3 générations par an. La dernière vague de chenilles apparaît souvent en fin d’été. Tant que les températures restent au‑dessus de 9 à 10 °C, elles continuent de grignoter, puis cessent de se nourrir et entrent en diapause hivernale.
À ce stade, les jeunes larves se glissent au centre des buis de Buxus sempervirens et tissent de petites logettes de soie entre deux feuilles. Bien serrées contre les rameaux, elles y passent l’hiver, immobiles. Vu de l’extérieur, le buisson reste rond, dense, presque parfait : c’est là que le malentendu d’automne s’installe.
Là où les chercheurs regardent quand les chenilles ont disparu
Les équipes de l’INRAE l’ont montré : quand plus aucune chenille ne se promène dehors, le cœur du buis raconte encore l’histoire. En écartant doucement les rameaux, on repère des fils de soie blanchâtres, tendus comme une toile très fine, des feuilles jaunies ou collées entre elles, parfois perforées de l’intérieur, et de petites crottes noirâtres semblables à du poivre moulu.
Ces “archives” végétales sont exactement ce que scrutent les observateurs de FREDON et de VigiJardin. Nous avons tous déjà regardé nos buis trop vite ; ici, il s’agit de prendre cinq minutes par pied, par temps sec, avec des gants et, idéalement, une loupe, pour ouvrir le buisson par secteurs et noter mentalement les zones les plus touchées.
Que faire selon ce que vous trouvez au cœur du buis
Après l’inspection, tout se joue en trois scénarios simples : si des chenilles bougent encore, traitez le cœur du buis avec la solution de biocontrôle Bacillus thuringiensis kurstaki par temps doux et sec ; si vous ne voyez plus que des logettes, coupez et jetez les rameaux les plus colonisés ; sans indice, contentez‑vous de surveiller.
En intervenant ainsi dès fin octobre, vous affaiblissez la génération qui aurait passé l’hiver dans vos buis. Un léger paillage au pied et, au printemps, quelques pièges à phéromones complètent l’ensemble pour des topiaires qui restent bien verts.
Sources
En bref
- 🍂 En octobre, la pyrale du buis semble avoir disparu, mais les équipes INRAE et FREDON continuent d’ouvrir les buissons à la loupe.
- 🔎 Une inspection méthodique du cœur du buis en automne révèle fils de soie, feuilles agglutinées et crottes, base d’un diagnostic précis.
- 🧩 Selon ce que vous trouvez en ouvrant vos buis, le plan d’action change subtilement et peut décider de l’état de vos topiaires au printemps.
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