Les forestiers n'en peuvent plus de le répéter : le lierre qui grimpe sur un arbre depuis dix ans ne cherche absolument pas à l'étouffer

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Les forestiers n'en peuvent plus de le répéter : le lierre qui grimpe sur un arbre depuis dix ans ne cherche absolument pas à l'étouffer © Reworld Media

Dans votre jardin, le lierre grimpe depuis des années sur les troncs et inquiète à chaque automne. Que disent vraiment les forestiers et la LPO sur ses risques et ses atouts ?

Chaque automne, la même scène : au fond du jardin, un vieux tronc presque invisible sous un manteau vert. Le réflexe suit souvent : sécateur en main, on s’imagine sauver l’arbre d’un ennemi qui l’étouffe lentement. Et si ce décor, que l’on croit inquiétant, racontait en réalité une autre histoire que celle d’un arbre en danger ?

Car ce lierre qui grimpe depuis des années sur vos arbres n’a pas seulement mauvaise réputation, il joue aussi un rôle discret dans l’équilibre du jardin. Entre idées reçues, vrais risques mécaniques et trésor pour la faune, ce qui se passe vraiment sous ce feuillage mérite d’être regardé de près.

Le lierre sur un arbre : support, pas vampire

Le lierre commun, Hedera helix, est une plante grimpante persistante qui s’accroche à l’écorce grâce à de petits crampons. Ses racines restent dans le sol : contrairement au gui, il ne pompe pas la sève et ne pénètre pas dans les tissus vivants. Il se sert simplement du tronc comme d’un tuteur pour aller chercher la lumière, parfois jusqu’à 30 mètres de haut.

Au fil des années, il a habillé peu à peu la base, puis le milieu du tronc. Mais ses tiges ne se resserrent pas autour de l’arbre comme un boa, elles restent plaquées sans l’étrangler. Sur un arbre adulte, bien enraciné et en bonne santé, les forestiers du CNPF et de l’ONF constatent que cette cohabitation est généralement stable : l’arbre continue sa vie, le lierre la sienne.

Nous avons tous déjà trop coupé : quand le lierre devient vraiment gênant

Nous avons tous déjà paniqué en voyant un tronc entièrement vert. Pourtant, la vraie question est l’état de l’arbre. Si le houppier montre beaucoup de branches mortes, un tronc fissuré ou des traces de pourriture, et que l’arbre se trouve près d’une maison, d’une allée ou d’un parking, alors le poids du lierre peut aggraver le risque de casse lors d’un gros coup de vent.

Les experts recommandent de réagir lorsque le lierre recouvre plus de la moitié du tronc et masque les branches maîtresses. On a alors perdu la visibilité sur la charpente : impossible de voir les faiblesses, et la prise au vent augmente. Sur un jeune arbre ou un fruitier, la vigilance est encore plus grande, car la structure est plus fine et a moins bien supporté la charge.

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
9/10
Biodiversité préservée
Élevée

🔍 Pourquoi ça fonctionne ?

En coupant uniquement les grosses tiges de lierre à la base, sur 20 à 30 cm, sans blesser l’écorce, on stoppe l’alimentation de la partie haute. Le feuillage sèche tout seul, la prise au vent diminue et l’arbre fragilisé est sécurisé, tout en conservant ailleurs du lierre pour nourrir et abriter la faune.

💡

Le petit plus : si un arbre proche de la maison doit être délesté de son lierre, on laisse volontairement des touffes sur une haie, un vieux mur ou un tronc plus éloigné pour offrir un relais immédiat aux insectes et aux oiseaux.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : tirer violemment sur les lianes pour les arracher du tronc ou raser tout le lierre du jardin en une seule fois, surtout en pleine période de nidification des oiseaux.

Laisser vivre le lierre… tout en gardant la main

Ce feuillage persistant est un véritable refuge 4 saisons. Il amortit les écarts de température sur le tronc et offre des cachettes à une foule d’insectes, à des oiseaux comme merles, rouges-gorges ou troglodytes, et même à de petits mammifères. Le lierre compte dans l’indice de biodiversité potentielle développé avec l’INRAE, tant il héberge de vie.

Surtout, sa floraison tardive, de septembre à novembre, nourrit les pollinisateurs quand tout le reste a fané : une étude a montré qu’en septembre-octobre, jusqu’à 89 % du pollen récolté par les abeilles domestiques provenait du lierre, avec un nectar pouvant atteindre 49 % de sucres. Pour intervenir, on évite la période de nidification rappelée par la LPO (16 mars–31 août), puis on se contente de sectionner proprement les tiges problématiques à la base, sans jamais arracher l’écorce. Au fond du jardin, un vieux chêne habillé de lierre peut alors devenir le cœur vivant de votre petit écosystème.

Sources

En bref

  • 🌳 Depuis des années, CNPF, ONF, INRAE et LPO observent le lierre sur les arbres de nos jardins et alertent sur quelques situations à risque.
  • 🌿 L’article explique comment le lierre sur les arbres agit, puis détaille les critères simples pour savoir quand le tailler sans nuire à la faune.
  • 🐝 Entre refuge hivernal, floraison tardive et baies nourrissantes, le lierre change aussi la vie des pollinisateurs et oiseaux, au-delà de ce que l’on imagine.