Votre lavande ne meurt pas de froid : ces signes trompeurs en hiver vous font commettre l’erreur fatale
Le givre du matin, le jardin figé, et au milieu une touffe de lavande toute grise qui pend tristement. Beaucoup de jardiniers pensent alors que leur plante a gelé, surtout quand le thermomètre est resté plusieurs jours sous zéro. On maudit la bise, on envisage déjà de tout arracher. Pourtant, ce coupable désigné n’est souvent pas le bon.
En plein cœur de l’hiver, la lavande, symbole de lumière et de chaleur, affiche tiges ramollies et feuillage terne qui inquiètent. Beaucoup se rassurent en se disant, presque comme une excuse : "Je pensais que ma lavande dormait en hiver". Sauf que cette plante envoie des signaux trompeurs, et c’est sous la surface du sol que se joue vraiment son destin.
Lavande et froid : une plante bien plus rustique qu’on ne le croit
La lavande vraie, Lavandula angustifolia, fait partie des arbustes les plus résistants du jardin. En sol sec et bien drainé, elle supporte des pointes à -15°C, voire jusqu’à -20°C sur de courtes périodes, sans broncher. De la Bretagne à l’Alsace, ce n’est donc pas le froid seul qui explique qu’un pied dépérisse après l’hiver. En réalité, la plante est alors en repos, ses besoins en eau chutent presque à zéro.
Le vrai danger vient de l’humidité. Plante de garrigue, la lavande a évolué sur des terrains secs, rocailleux, pauvres en matière organique. Quand, en janvier, la pluie se succède et que l’évaporation reste faible, le sol peut se transformer en éponge glacée. L’association froid plus terre détrempée provoque un phénomène silencieux : asphyxie racinaire, ces racines privés d’air qui finissent par pourrir au lieu d’alimenter la touffe.
Arrosage lavande en hiver : la fausse soif qui la fait mourir noyée
Lorsque les racines baignent longtemps dans un sol gorgé d’eau, l’oxygène disparaît et la pourriture racinaire s’installe. Une racine abîmée n’absorbe plus ni eau ni nutriments, même si la terre est saturée. Vue de l’extérieur, la lavande se met alors à sécher, les tiges se dénudent, la touffe prend une teinte grisâtre : elle meurt littéralement de soif tout en ayant les pieds dans l’eau. Beaucoup, trompés par ce tableau, ajoutent encore un arrosage.
Pour démêler les signaux, il faut observer de près. En vraie sécheresse, toute la touffe devient uniformément grise et légère, le feuillage se casse entre les doigts, presque comme de la paille, les rameaux se brisent net et la terre se décolle des bords du pot. À l’inverse, un excès d’eau se traduit par un jaunissement à la base, puis des feuilles qui brunissent et noircissent en remontant, un feuillage mou et un flétrissement qui ne s’améliore pas malgré un sol humide ou collant.
Les bons gestes d’arrosage pour la lavande en hiver
En pleine terre, un pied bien installé n’a pas besoin d’arrosage en hiver : les pluies suffisent si le sol reste léger et bien drainé. En pot, on évite l’eau stagnante et l’on n’arrose qu’exceptionnellement, seulement quand la motte est sèche en profondeur.