Aller à la selle : cette fréquence hebdomadaire idéale selon les médecins (et ce qu’un autre rythme cache)

Vous culpabilisez parce que vous n’allez pas aux toilettes tous les jours ? Entre transit normal, constipation et toxines, médecins et études redessinent la vraie fréquence idéale.
Aller à la selle : cette fréquence hebdomadaire idéale selon les médecins (et ce qu’un autre rythme cache)

Parler de nos passages aux toilettes reste délicat, pourtant tout le monde se demande un jour s’il va "assez" à la selle. Entre le mythe du caca quotidien et la peur de la constipation, la moindre variation peut inquiéter. Dans ce flou, la question revient : existe-t‑il une fréquence idéale pour aller à la selle chaque semaine ?

Les gastro-entérologues rappellent pourtant qu’il n’existe pas un chiffre magique valable pour tous. Des travaux récents sur l’"horloge intestinale", ou "Poop clock", ont suivi plus de 1 400 adultes et montrent que notre rythme d’évacuation reflète surtout notre mode de vie et notre microbiote. Reste à savoir ce qui est encore dans la norme…

Fréquence normale des selles : une large fourchette

Les études convergent : un transit intestinal normal peut aller de trois selles par jour à trois selles par semaine. L’article de Trucmania souligne que certains se soulagent trois fois par jour, d’autres seulement trois fois par semaine, sans être pour autant en mauvaise santé. L’important reste la stabilité de votre rythme habituel et l’absence de gêne.

En dessous de trois selles hebdomadaires, surtout si elles sont dures, fragmentées ou douloureuses, on parle de constipation. Trucmania insiste sur les signaux d’alerte : inconfort persistant, douleurs, selles très liquides ou sensation de vidange incomplète. Un changement brutal de fréquence sans raison évidente mérite toujours d’être surveillé, voire discuté avec un professionnel de santé.

Quand votre "Poop clock" tire la sonnette d’alarme

Une étude publiée dans la revue Cell Reports Medicine a analysé le sang et les selles de 1 400 personnes pour mieux comprendre cette "Poop clock". Quand les selles stagnent trop longtemps, les microbes, privés de fibres, se tournent vers les protéines et produisent des toxines comme le p-crésol sulfate et l’indoxyl sulfate. "Nous avons découvert que même chez les personnes en bonne santé souffrant de constipation, on constate une augmentation de ces toxines dans la circulation sanguine", confirme Sean Gibbons, chercheur principal, à Doctissimo.

Ces dérèglements ne concernent pas que l’intestin. "La "Poop clock" ou horloge intestinale peut révéler des déséquilibres digestifs, un microbiote perturbé ou même des pathologies sous-jacentes comme le syndrome de l’intestin irritable, la maladie de Crohn ou des intolérances alimentaires. Des selles trop fréquentes ou trop rares peuvent également être liées à des inflammations chroniques ou à un déséquilibre bactérien", prévient le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo. Il rappelle que la fréquence dépend aussi de l’alimentation, du stress, du sommeil et de l’activité physique.

Comment rapprocher votre rythme de la fréquence idéale

"Un rythme trop lent peut signaler une constipation chronique ou un manque de fibres, tandis qu’un transit accéléré peut révéler une intolérance ou une infection", poursuit le Dr Gérald Kierzek. Avant de penser laxatifs, les spécialistes conseillent d’agir sur le quotidien : alimentation, hydratation, mouvement et gestion du stress restent vos meilleurs alliés pour stabiliser votre fréquence de selles.

  • Manger plus de fibres (fruits, légumes, céréales complètes).
  • Boire 1,5 litre d’eau par jour.
  • Bouger au moins 30 minutes, puis aller aux toilettes dès que l’envie se fait sentir.

À éviter : "Les excès de caféine, l'alcool, les aliments ultra-transformés et les repas tardifs le soir", conclut le Dr Gérald Kierzek.