Boire trop d’eau : cette erreur fréquente avec l’eau du robinet peut sérieusement menacer votre santé cet été
Depuis quelques années, gourdes XXL et challenges d’hydratation se multiplient, avec un message martelé : il faudrait boire de l’eau en permanence pour rester en forme. Beaucoup de Français remplissent donc mécaniquement leurs verres, sans toujours écouter leur soif. Une question inquiète pourtant : boire trop d’eau peut-il finir par nuire à la santé ?
Le besoin d’eau reste vital pour l’organisme, qui en contient environ 60 % et en élimine jusqu’à 2,5 litres par jour via les urines, la respiration et la sueur. "Chaque citoyenne et citoyen a un besoin vital d’eau potable. Notre santé, celle des animaux, de nos sols et de notre environnement, mais aussi celle des collectivités et des entreprises de nos territoires en dépendent", rappelle le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, cité par Basta. Entre quantité suffisante et excès risqué, la frontière n’est pas toujours intuitive.
Boire trop d’eau : où commence le danger ?
Les repères officiels donnent une première boussole. Pour un adulte en bonne santé, l’Anses conseille environ 1,5 litre d’eau de boisson par jour, à adapter selon la chaleur et l’activité. L’Autorité européenne de sécurité des aliments fixe un total de 2 litres d’eau par jour pour les femmes et 2,5 litres pour les hommes, en comptant les aliments.
En réalité, le danger apparaît surtout quand les apports dépassent largement ces repères, trop vite ou trop longtemps. Des médecins rappellent que des apports supérieurs à 3 ou 4 litres de liquides par jour en période de canicule augmentent le risque d’hyponatrémie, surtout si l’on mange peu. À l’inverse, des cas extrêmes de potomanie atteignent 10 à 20 litres quotidiens, avec un vrai risque de coma.
Hyponatrémie : ce qui se passe quand on boit trop
L’hyponatrémie correspond à une baisse du sodium dans le sang, dilué par un excès d’eau par rapport au sel disponible. L’eau pénètre alors dans les cellules qui gonflent, en particulier au niveau du cerveau. Les premiers signaux sont souvent discrets : maux de tête, nausées, fatigue inhabituelle. Puis peuvent survenir confusion, troubles de la conscience, convulsions, voire coma.
Les services d’urgences observent ce tableau chez des sportifs d’endurance qui boivent plusieurs litres d’eau pure sans apport salé, mais aussi chez des personnes âgées sous diurétiques, buvant énormément lors des vagues de chaleur et mangeant très peu. Durant certains épisodes de canicule, près d’un quart des hospitalisations de seniors ont été liées à une hyponatrémie, selon des données reprises par des médecins urgentistes.
Beaucoup d’eau du robinet : quels vrais risques ?
En France, l’eau du robinet reste l’un des aliments les plus contrôlés, suivie en continu par les agences régionales de santé, qui mesurent bactéries, nitrates, pesticides, plomb, radioactivité ou PFAS. Les nourrissons de moins de 6 mois et les femmes enceintes sont plus vulnérables aux nitrates, et certaines zones agricoles, comme le bassin de la Vilaine où plus de 90 % des masses d’eau sont en mauvais état à cause des pesticides, appellent une vigilance accrue.