Ce lieu qui vous tétanise sabote vos progrès : voici comment y entrer sans redouter les regards

Vous rêvez de progresser, mais la peur du regard des autres en salle de sport vous cloue encore au vestiaire. Et si le déclic venait d’ailleurs que de votre volonté ?
Ce lieu qui vous tétanise sabote vos progrès : voici comment y entrer sans redouter les regards

Vous hésitez à pousser la porte de la salle de sport, de peur d’être dévisagé, évalué, comparé à plus musclé, plus mince ou plus à l’aise que vous. Ce malaise porte un nom chez les coachs et les psychologues du sport : la peur du regard des autres en salle de sport, au point que certains préfèrent renoncer plutôt que d’affronter ce moment d’entrée sur le plateau de musculation.

En France, près de sept millions de personnes sont pourtant inscrites dans une salle, mais une part non négligeable vit cet espace comme intimidant, voire hostile. Selon un sondage Flashs pour L’Orange Bleue, 30 % des femmes le trouvent intimidant, une proportion qui monte à 37 % chez les plus jeunes, et six sur dix disent avoir déjà eu un problème lié au regard des autres. Alors comment relâcher la pression, se sentir enfin à sa place et progresser sans pression séance après séance ?

Peur du regard des autres en salle de sport : un frein bien réel

Les débuts à la salle cristallisent souvent toutes les appréhensions. Rater un mouvement, ne pas savoir utiliser les machines, se tromper d’exercice, porter une tenue jugée trop moulante ou pas assez "sportive" : la liste est longue. "Je ne vais à la salle de sport que depuis peu. L’inscription a été fluide mais si nous ne sommes pas issues du milieu, cela n’est pas inné de savoir utiliser des machines", reconnaît Juliette, 27 ans, de Langres, au Progrès. Une façon de rappeler que la gêne ne vient pas d’un manque de motivation, mais d’un environnement qu’on ne maîtrise pas encore.

Chez les femmes, cette peur se double très souvent de la crainte du regard masculin. "Je suis inscrite depuis un mois et j’ai déjà été inscrite il y a quelques années mais j’ai toujours cette même appréhension quand je rentre dans la salle, celle d’être jugée par les regards masculins", témoigne Camille, 28 ans, de Baulay, au Progrès. Dans le sondage Flashs, 27 % des femmes citent directement ce regard masculin comme source principale de malaise, et 45 % trouvent l’espace musculation particulièrement inconfortable. Beaucoup racontent des attitudes infantilisantes ou intrusives, jusqu’aux témoignages réunis sous le hashtag #MeTooBasicFit, qui ont mis en lumière un climat d’insécurité ressenti dans certaines grandes chaînes.

Débuter à la salle de sport sans se sentir jugé : des repères simples

Face à cette "gymtimidation", la première étape consiste à reprendre un peu de contrôle sur ce qui dépend vraiment de vous. Préparer sa séance à l’avance, c’est déjà alléger la charge mentale : vous savez pourquoi vous venez, sur quelles machines vous allez vous installer, combien de temps vous restez. Un plan même très simple évite de déambuler de poste en poste en ayant l’impression d’être observé.

Pour beaucoup, quelques ajustements concrets suffisent à faire baisser la pression d’un cran. Quelques réflexes avant de partir à la salle peuvent aider :

  • Préparer une tenue confortable la veille, dans laquelle vous vous sentez bien, sans chercher à "ressembler aux autres".
  • Noter sur votre téléphone trois exercices de base à réaliser, avec un temps ou un nombre de répétitions réaliste.
  • Repérer les heures creuses pour commencer (tôt le matin, en milieu de journée, tard le soir), quand la salle est plus calme.
  • Venir avec un proche ou un collègue : à deux, on se sent souvent moins exposé aux regards extérieurs.

Choisir la bonne salle et poser ses limites pour progresser sereinement

L’environnement joue énormément sur la façon dont on vit le regard des autres. Certaines petites salles locales misent sur la proximité et l’accompagnement. "Je voulais que celles qui viennent se sentent bien", explique Hélène Berthet, gérante de l’Escalier Fitness à Saint-Claude, au Progrès. Elle a même envisagé des créneaux réservés aux femmes après une mauvaise expérience vécue dans une autre salle. Sur place, les adhérents décrivent une ambiance qui change tout : "On a de l’espace", se réjouit Maxime Chartrier, qui ajoute "Ici personne ne se regarde dans la glace pendant sa séance. On se sent généralement plus à l’aise dans les petites salles où tout le monde se connaît. L’ambiance est hyperconviviale, presque familiale à force", au Progrès. Pour Dylan Marsanne, "la tranquillité et la convivialité de cette salle" valent plus qu’un prix bas, confie-t-il au même journal.

D’autres structures mettent en place des chartes de respect, des zones dédiées aux femmes ou des salles 100 % féminines. Salomé, 28 ans, de Strasbourg, raconte "ne jamais subir de remarques ou regards déplacés. À la salle, tout le monde est concentré sur son entraînement. Tout le monde a en tête son objectif. En tant que femme, il ne faut pas s’autocensurer ou se limiter. Toutes les machines sont abordables. La salle est un espace partagé et chacun y a sa place", souligne-t-elle au Progrès. Quand, au contraire, les comportements deviennent intrusifs ou répétitifs, comme l’a vécu Nadia dans un cours de CrossFit - "À la fin de la séance, il est venu me voir en me donnant des conseils bienveillants, mais par la suite, il a été trop insistant et a commencé à me draguer. J’ai glissé dans la conversation que j’étais mariée et que je n’étais pas là pour chercher quelqu’un. Le côté insistant est très désagréable", rapporte-t-elle au Progrès -, changer de salle ou signaler la situation au personnel n’a rien d’excessif. Au fond, se libérer du regard des autres, c’est aussi accepter de choisir un lieu, un cadre et des règles du jeu qui vous permettent de vous concentrer sur l’essentiel : vos séances, vos sensations et ces petites victoires discrètes qui, au fil des semaines, font vraiment bouger les lignes.