Cette habitude du soir que des millions de Français ont prise abîme votre cœur autant que la cigarette

En France, un adulte sur quatre dort moins de six heures par nuit, persuadé d’y gagner en temps et en performance. Et si ces nuits écourtées laissaient sur le cœur une empreinte aussi lourde que le tabac ?
Cette habitude du soir que des millions de Français ont prise abîme votre cœur autant que la cigarette

On pense avoir fait le bon choix pour sa santé en évitant la cigarette. Pourtant, dans le même temps, beaucoup rognent chaque nuit sur leur repos, parfois fiers de “tenir” avec très peu de sommeil. Cette habitude semble anodine, presque inévitable pour suivre le rythme, surtout en hiver quand les journées s’étirent.

En France, environ un quart des adultes déclarent dormir moins de six heures les nuits de semaine. Sous la pression des mails tardifs, des séries et des to-do listes infinies, ce manque s’installe sans bruit. Et si cette dette de sommeil, répétée soir après soir, abîmait le cœur autant qu’un paquet posé sur la table ?

Dormir moins de 6 heures, une fausse preuve de performance

Le modèle du “petit dormeur” s’est imposé : dirigeants qui se vantent de dormir quatre heures, parents qui finissent leurs tâches après minuit, étudiants qui révisent jusqu’à l’aube. En réalité, environ 80 % des adultes ont besoin de 7 à 8 heures de sommeil, 10 % seulement seraient de vrais courts dormeurs capables de dormir moins de 6 heures sans dégâts visibles.

Pour les autres, la facture se présente vite : somnolence, trous de mémoire, irritabilité, fringales sucrées. Ces signaux sont souvent masqués par le café ou les boissons énergisantes. Nuit après nuit, la dette s’accumule et le corps n’a plus le temps de réparer, ni de réguler correctement les émotions, la glycémie ou la tension artérielle.

Quand la dette de sommeil rivalise avec la cigarette

Les études dressent un tableau net. Dormir moins de six heures augmente d’environ 12 % le risque de mort prématurée par rapport à un sommeil de 6 à 8 heures. Des chercheurs ont observé une hausse d’environ 27 % de l’athérosclérose chez les adultes qui dorment peu, et jusqu’à 34 % supplémentaire quand la qualité du sommeil est mauvaise, avec des réveils répétés.

Chez les personnes hypertendues ou diabétiques, passer régulièrement sous ce seuil double le risque de mourir d’une maladie cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral. Le cerveau n’est pas épargné : chez les 50 à 60 ans, le manque chronique de sommeil serait associé à une augmentation de 20 à 40 % du risque de démence. Ces ordres de grandeur rappellent ceux observés chez des fumeurs “modérés” pour les mêmes maladies cardiovasculaires, même si le tabac ajoute d’autres dangers comme les cancers.

Se sevrer des nuits trop courtes, concrètement

Bonne nouvelle, une partie de ces effets s’atténue dès que l’on rallonge ses nuits. La plupart des spécialistes recommandent de viser 7 heures de sommeil ou plus pour les adultes. Plutôt qu’un grand bouleversement, il s’agit de corriger quelques automatismes du quotidien :

  • Fixer une heure de lever stable, même le week-end.
  • Couper les écrans au moins une heure avant le coucher.
  • Limiter caféine et alcool en fin de journée.
  • Avancer le coucher par tranches de 15 minutes sur plusieurs soirs.

En cas de ronflements importants, d’apnées suspectées, d’insomnie sévère ou de maladie cardiaque déjà connue, un avis médical s’impose pour dépister un trouble du sommeil sous-jacent. Derrière cette habitude banalisée de grignoter sur la nuit se cache un enjeu majeur de santé publique que l’hiver met particulièrement en lumière.