Faire du sport tous les jours : cette erreur qui épuise votre corps bien plus que vous ne le pensez

Publié le ParRédaction Elle adore
Faire du sport tous les jours : cette erreur qui épuise votre corps bien plus que vous ne le pensez © Reworld Media

Messages de santé, réseaux sociaux, challenges connectés : tout pousse à faire du sport tous les jours. Mais à quel moment cette routine bien intentionnée commence-t-elle à abîmer le corps ?

Les baskets enfilées pour la septième fois de la semaine, un genou qui tire un peu, mais l’idée qu’il faut « bouger chaque jour » pour rester en bonne santé… Ce scénario de début d’année parle à beaucoup de monde. Entre les résolutions de janvier, les posts motivation sur les réseaux et le culte du « No Pain No Gain », s’accorder un jour off ressemble vite à une faiblesse.

Dans les messages de santé publique, on lit partout qu’il faut rester actif au quotidien pour lutter contre la sédentarité. Mais cela ne signifie pas forcément faire du sport tous les jours avec des séances intenses. La frontière entre bonne habitude et prise de risque est plus fine qu’on ne l’imagine.

Bouger tous les jours ne veut pas dire s’entraîner sans relâche

Les recommandations officielles visent surtout à réduire le temps passé assis. Marcher pour aller au travail, prendre les escaliers, jardiner ou jouer avec ses enfants font déjà partie de l’ »activité physique ». Le sport, lui, correspond à un effort structuré, plus long et souvent plus intense, qui met le corps sous tension beaucoup plus fortement.

Lors d’une séance de musculation ou d’un footing appuyé, les fibres musculaires subissent des micro-déchirures et les réserves d’énergie s’épuisent : le corps se trouve en phase de dégradation. La reconstruction ne démarre qu’au repos, pendant les heures calmes et surtout le sommeil, grâce au phénomène de surcompensation. Sans ces plages de récupération, aucune progression durable n’est possible.

Sport intensif tous les jours : quand le corps passe en alerte rouge

Quand on enchaîne les entraînements quotidiens sans modulation, l’organisme vit dans un état de stress permanent. Le cortisol, l’hormone du stress, reste élevé : stockage des graisses au niveau du ventre, fonte musculaire, défenses immunitaires en berne, sommeil fragmenté. La fatigue s’installe, les performances stagnent alors que l’on s’entraîne toujours autant, et l’humeur devient plus irritable.

En parallèle, les tendons, ligaments et articulations encaissent les chocs jour après jour. Ces tissus, moins bien irrigués que le muscle, récupèrent beaucoup plus lentement. À force de micro-traumatismes non réparés, apparaissent tendinites chroniques, douleurs articulaires ou fractures de fatigue. À l’inverse, rester inactif toute la semaine pour tout donner le dimanche, le fameux « guerrier du dimanche », expose lui aussi le cœur et le squelette à un stress brutal. Trop en faire ou pas assez : les deux extrêmes posent problème.

La bonne équation : récupération active, signaux du corps et petits efforts bien placés

Le repos n’implique pas l’immobilité. Les jours sans séance intense, la récupération active permet de continuer à « bouger » sans « s’entraîner ». Marcher 30 minutes, faire du yoga doux, quelques étirements ou une balade à vélo tranquille favorisent la circulation sanguine et l’élimination des déchets sans créer de nouvelle fatigue.

Beaucoup de coachs conseillent 3 ou 4 vraies séances par semaine, séparées par ces journées légères, en restant attentif à la qualité du sommeil, à la motivation et à la fréquence cardiaque au repos. Une étude menée à l’université de Newcastle sur 30 adultes en surpoids montre d’ailleurs qu’un simple effort bref mais intense peut déjà agir sur la santé : après 10 minutes de vélo soutenu, les chercheurs ont observé une baisse de l’inflammation et une amélioration de la fonction des vaisseaux sanguins, avec un impact potentiel sur le cancer colorectal. Comme l’a expliqué le docteur Sam Orange, « Même une seule séance peut produire un effet détectable sur le fonctionnement du corps », ajoutant que « cela pourrait permettre de créer des thérapies qui imitent les effets de l’activité physique sur le cancer », dans les colonnes de Science & Vie. Trouver son propre rythme entre effort et répit devient alors un investissement pour durer.

En bref

  • Les campagnes santé vantent le mouvement quotidien tandis que l’étude de Newcastle, commentée par le docteur Sam Orange, rappelle l’impact d’efforts brefs mais intenses.
  • Les experts distinguent bouger chaque jour et faire du sport tous les jours, soulignant risques de surentraînement, micro-traumatismes et désordre hormonal en cas d’excès.
  • Récupération active, écoute des signaux du corps et organisation de la semaine sportive dessinent une autre façon d’être régulier sans forcément s’entraîner quotidiennement.