Mal de dos malgré une bonne posture : ce mécanisme lié au stress que vous ignorez peut tout aggraver
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Vous surveillez votre posture, changez de chaise, investissez dans un bon matelas… et pourtant le mal de dos persiste. Et si votre système nerveux, vos émotions et quelques muscles oubliés en disaient bien plus ?
Vous ajustez votre chaise, surveillez votre dos, évitez les faux mouvements… et malgré tout, un matin, la douleur arrive en vous penchant ou en tournant le buste. Rien de spectaculaire, juste un blocage soudain qui ne colle pas avec vos efforts de « bonne posture ».
La lombalgie concerne 619 millions de personnes et pourrait toucher 843 millions de personnes en 2050, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Beaucoup ont pourtant une chaise adaptée, un oreiller et un matelas récents. Si le dos continue de souffrir, c’est que la posture n’est qu’une partie de l’histoire.
Mal de dos : au-delà de la posture
Depuis l’enfance, on répète qu’un dos droit garantit l’absence de douleur, ce qui culpabilise ceux qui souffrent quand même. Les travaux en psycho-somatique décrivent un dos qui sert aussi de haut-parleur à la surcharge émotionnelle : émotions étouffées, dossiers urgents, charge mentale familiale créent une tension invisible mais bien concrète.
Quand un stress monte et qu’on ravale colère ou peur, l’amygdale, zone du cerveau, déclenche l’inhibition motrice protectrice. Les muscles paravertébraux se contractent comme une armure, prêts à encaisser un danger qui n’existe que dans la tête. Cette défense peut réduire d’environ 30 % la mobilité lombaire et transformer un mouvement en lumbago.
Stress, psoas, matelas : d’autres causes de lombalgie
L’ostéopathe Adrien Ezine rappelle qu’ »À l’origine des douleurs lombaires, il y a un muscle : le psoas illiaque qui relie les vertèbres lombaires aux hanches et les hanches au bassin à la manière d’une corde. », expliquait-il à Femme Actuelle. Ce psoas se raccourcit avec la station assise prolongée et certains états de stress ; il tire alors sans relâche sur le bas du dos et prépare le terrain à la douleur.
La nuit, un matelas inadapté complique encore la situation. S’il est trop dur, épaules et bassin ne s’enfoncent pas assez ; trop mou, il laisse la colonne s’affaisser. Au fil des heures, ce soutien mal réglé fatigue la musculature, use les disques intervertébraux et entretient le mal de dos malgré une posture soignée le jour.
Posture ou stress : que raconte votre dos ?
Avec les médecins, un premier repère reste le temps : 90 % des lombalgies dites communes se calment en quatre à six semaines. Au-delà, « si la douleur dépasse les 12 semaines, le mal de dos devient ‘chronique’. », souligne l’Assurance maladie. Une gêne qui dure, s’intensifie ou s’accompagne d’autres symptômes doit conduire à consulter un professionnel de santé, souvent un médecin puis un kinésithérapeute.
Pour apaiser un dos vigilant, la professeure de yoga Jenny Haynes recommandait dans Marie-Claire la posture du bébé heureux, réalisée « allongé sur le dos, la tête posée au sol et les genoux ramenés vers les aisselles. ». Elle explique que « En créant de l’espace au niveau du sacrum et en améliorant la mobilité, cette posture peut soulager les douleurs lombaires tout en étirant l’aine, l’intérieur des cuisses et les hanches ». La coach Julie Ferrez conseille la position de la sauterelle, qui aide à « renforcer vos lombaires » et à « stimuler votre système immunitaire ».
En bref
- Des centaines de millions souffrent de lombalgie, tandis qu’Adrien Ezine, l’OMS et l’Assurance Maladie montrent que la douleur dépasse souvent la simple question de posture.
- Stress, surcharge émotionnelle, tension du muscle psoas, matelas inadapté et mauvaises habitudes de mouvement se combinent pour entretenir un mal de dos pas seulement mécanique.
- Respiration ciblée, micro-mouvements, postures de yoga douces et travail sur la charge mentale esquissent une autre façon d’écouter son dos au quotidien.
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