Premier café du matin : vous le buvez trop tôt, voici l’heure idéale selon les médecins pour éviter les dégâts

Publié le ParRédaction Elle adore
Premier café du matin : vous le buvez trop tôt, voici l’heure idéale selon les médecins pour éviter les dégâts © Reworld Media

En France, le réflexe du café avalé dès le réveil serait un mauvais calcul pour votre énergie et votre santé. Entre cortisol, glycémie et sommeil, les médecins bousculent nos horaires et pointent une heure idéale bien plus tardive qu’on ne le pense.

Vous ouvrez à peine un oeil que la machine à espresso est déjà en marche. Pour beaucoup, le premier geste du matin, c’est ce café noir avalé presque encore en pyjama. Ce rituel paraît indispensable pour sortir du brouillard, au point qu’on ne se demande plus à quelle heure boire son café le matin.

Les médecins expliquent pourtant que ce réflexe du café au saut du lit ne respecte pas notre horloge biologique. Entre hormones du réveil, glycémie et effets sur le coeur, boire son premier café trop tôt peut brouiller l’énergie naturelle du corps. Et surtout, l’heure idéale pour boire son premier café serait plus tardive qu’on ne l’imagine.

Pourquoi le café au saut du lit n’est pas le coup de fouet idéal

Au lever, le corps est déjà en train de se réveiller. La première gorgée de café donne l’impression d’un choc d’énergie, alors qu’il s’agit surtout d’un effet chimique. La caféine bloque les récepteurs de l’adénosine, la molécule qui signale la somnolence, sans créer d’énergie supplémentaire. Elle masque la fatigue réelle et pousse l’organisme à tourner à plein régime alors que ses réserves ne sont pas prêtes.

Notre organisme suit un rythme circadien précis, avec une hormone clé de l’éveil, le cortisol, souvent décrite comme une « caféine naturelle ». Peu avant et juste après l’ouverture des yeux, une « réponse du cortisol à l’éveil » survient : en vingt à trente minutes, son taux grimpe pour balayer la torpeur nocturne. Si l’on avale un expresso pendant ce pic déjà maximal, on ajoute un stimulant inutile, le corps cherche à se protéger et finit par moins compter sur ses propres mécanismes, ce qui favorise la dépendance au café pour se réveiller.

A quelle heure boire son premier café pour qu’il vous aide vraiment

Les spécialistes recommandent d’attendre au moins 60 à 90 minutes après le réveil avant de boire une boisson caféinée, le temps que le cortisol redescende. Pour une personne qui se lève entre 6h30 et 8h, la fenêtre la plus favorable se situe globalement entre 9h30 et 11h30. Autrement dit, l’heure idéale pour boire son premier café se trouve plutôt en milieu de matinée que dès le saut du lit, ce qui permet à la caféine d’agir en renfort et non en doublon.

Des travaux de l’université de Bath ont aussi montré qu’un café pris à jeun juste après le réveil pouvait augmenter la glycémie d’environ 50 %, ce qui fatigue le pancréas à la longue. Il vaut mieux manger un peu avant sa première tasse. Côté quantité, la chercheuse Astrid Nehlig rappelle qu' »un(e) adulte en bonne santé ne doit pas dépasser 200 mg de caféine en une fois, et 400, tout au long de la journée. Autrement dit, un mug, un mug et demi de café en une fois, et quatre à cinq tout au long de la journée. Si l’on s’en tient à cette consommation modérée, l’ensemble de la littérature scientifique considère qu’il n’y a pas d’effets délétères sur la santé », explique Astrid Nehlig, directrice de recherche à l’Inserm, citée par Marmiton. Comme la caféine reste environ cinq à six heures dans le sang, les médecins conseillent aussi d’éviter le café après 16 heures pour préserver le sommeil.

Qui doit surveiller de près l’heure de son premier café

Tout le monde ne réagit pas de la même façon à la caféine. Le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, rappelle que, pour certaines personnes, le café n’est pas une simple boisson de confort et que « certaines pathologies ou symptômes devraient contre-indiquer la consommation de café », explique-t-il, interrogé par Marmiton. Docteure en biologie intégrative et neuroscientifique, Emilie Steinbach cite les personnes ayant des troubles cardiovasculaires ou de l’hypertension, « car la caféine augmente notamment le rythme cardiaque et la tension artérielle ». Elle mentionne aussi les troubles digestifs, « car la caféine favorise la diarrhée et autres inconforts », et les troubles anxieux, « le risque de faire une crise de panique étant augmenté passé un certain seuil de caféine ».

La même experte recommande une vigilance accrue chez les femmes enceintes, allaitantes ou en projet de grossesse, ainsi que chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes jusqu’à 21 ans. Quand la dose ou l’horaire ne conviennent pas, les médecins décrivent palpitations, brûlures d’estomac, nervosité, reflux, diarrhée, difficultés d’endormissement ou sommeil non réparateur après les tasses de café. Dans ce contexte, le Dr Gérald Kierzek prévient : « Attention également à la caféine cachée (théine, boissons énergisantes…) qui présentent également des doses maximales à respecter ». Adapter progressivement la quantité et l’horaire, si besoin avec l’aide de son médecin, permet en général de garder le plaisir du café tout en respectant le rythme naturel du corps.

Sources

En bref

  • Médecins comme Astrid Nehlig, Gérald Kierzek et Emilie Steinbach expliquent pourquoi le café au saut du lit contrarie cortisol, glycémie et sommeil.
  • Les études sur le rythme circadien montrent qu’attendre un certain délai après le réveil rend le premier café plus efficace et moins agressif.
  • Adapter l’horaire et la quantité de café selon son profil, ainsi que traquer la caféine cachée, transformerait ce rituel matinal en véritable allié santé.