Sport en hiver : ce mécanisme trompeur qui coupe votre soif alors que vous vous déshydratez vraiment

Publié le ParRédaction Elle adore
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Par 3 °C, en plein footing, vous ne ressentez presque pas la soif alors que votre corps perd toujours autant d’eau. Comment l’hydratation sport hiver peut-elle déjouer ce piège ?

Vous terminez une sortie de course à pied par 3 °C, les joues rosies, le souffle court… mais sans cette envie pressante de vider votre gourde. Votre tee-shirt est seulement humide, rien à voir avec les séances d’été où la sueur dégouline. Spontanément, vous en concluez que vous avez moins transpiré, donc moins besoin de boire.

Dans le froid, ce raisonnement rassure, surtout quand l’effort reste agréable et que la bouche ne semble pas sèche. Pourtant, l’organisme continue à perdre de grandes quantités d’eau, parfois autant qu’en plein mois d’août. La vraie question devient alors : pourquoi la sensation de soif se met-elle en veille alors que la déshydratation progresse en coulisses ?

Le froid et le cerveau : comment la soif est mise sur silencieux

Face au froid, la priorité du corps reste la protection des organes vitaux et une bonne thermorégulation. Pour limiter les pertes de chaleur, les vaisseaux de la peau et des extrémités se resserrent : c’est la vasoconstriction périphérique. Le sang est alors chassé vers le centre du corps, autour du cœur et du cerveau, ce qui augmente la pression dans cette zone.

Les capteurs de pression situés près du cœur interprètent cet afflux comme un volume sanguin suffisant et envoient au cerveau un message trompeur : tout va bien, pas besoin de boire. Des études montrent que, dans le froid, la sensation de soif peut diminuer d’environ 40 %, alors même que le manque d’eau est réel. Le corps accentue le piège avec la diurèse du froid, en produisant davantage d’urine, donc en éliminant encore plus de liquide.

Transpiration et respiration : ces pertes d’eau que l’hiver rend invisibles

Sous plusieurs couches de textiles techniques, le corps travaille pourtant dur pour rester à 37 °C. La sueur produite s’évapore très vite dans l’air froid et sec ou est piégée dans les couches intermédiaires, sans l’effet maillot trempé. Vous avez l’impression d’être au sec, alors que l’effort d’endurance en plein air peut faire perdre autant d’eau qu’en été, surtout lors d’une sortie de course, de trail, de ski de fond ou de randonnée dynamique.

La respiration ajoute une fuite continue : ce nuage de vapeur qui sort de la bouche à chaque expiration, c’est de l’eau qui s’échappe. L’air hivernal, souvent très sec, doit être réchauffé et humidifié par l’organisme ; ce simple travail augmente les pertes hydriques respiratoires de 10 à 15 % par rapport à un climat tempéré. Le corps peut déjà perdre 2 % d’eau, avec à la clé une forte baisse de performance.

Hydratation sport hiver : programmer ses gorgées, pas sa soif

Pour compenser ce leurre, mieux vaut passer à une hydratation sport hiver programmée : un grand verre d’eau environ 20 minutes avant l’effort, puis quelques gorgées toutes les 15 à 20 minutes, soit 400 à 600 ml par heure lors des séances longues, et vérifier la couleur des urines après l’entraînement.

En bref

  • En plein hiver, les sportifs d’endurance voient leur sensation de soif chuter alors que la déshydratation du corps reste bien présente pendant l’effort.
  • Le froid modifie la circulation sanguine, fausse les signaux de soif et masque des pertes hydriques liées à la transpiration et à la respiration.
  • Une stratégie d’hydratation sport hiver programmée, basée sur des repères simples, permet de limiter ces effets sans attendre d’avoir vraiment soif.