Vous avez souvent mal à la tête ? Arrêtez d'accuser le stress : cette cause négligée vous met KO chaque jour

Publié le ParRédaction Elle adore
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Stress, écrans, réunions… vos maux de tête ont trouvé leurs coupables tout désignés. Et si des causes beaucoup plus physiques, silencieuses mais corrigeables, se cachaient derrière cette douleur familière ?

Il est 16 heures, la barre derrière les yeux revient et la tentation est grande d’accuser la réunion de trop, les écrans ou ce fameux dossier en retard. Ce réflexe est devenu si automatique qu’on finit par résumer tout mal de tête à une histoire de stress.

Mais si votre cerveau tirait surtout la sonnette d’alarme faute d’eau fraîche ou d’air renouvelé ? Derrière la douleur, se cachent souvent des causes très concrètes : déshydratation, air confiné, tensions musculaires, parfois vraie migraine. Le mental n’est qu’une partie du tableau, et ce détail change beaucoup de choses.

Mal de tête et stress : un lien réel, mais pas unique

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la céphalée de tension est le mal de tête le plus courant, souvent associé à des périodes chargées. Dans notre culture tournée vers la performance, on cherche vite une cause psychologique là où le corps signale parfois un simple manque logistique : trop d’heures sans boire, sans bouger, sans respirer un air correct.

Pour la psychologue Marie-Paule Lagrange, « Pour bien parler de ce sujet, il est nécessaire de distinguer 2 sortes de maux de tête : les migraines et les céphalées chroniques, dites de tension », explique-t-elle à Doctissimo. Le neurologue Dominique Valade souligne que la migraine est liée à un gène sur le chromosome 8 et que le stress n’en est qu’un déclencheur parmi d’autres.

La déshydratation, grande oubliée des maux de tête

Le cerveau est composé à environ 75 à 80 % d’eau et baigne dans un liquide protecteur. Quand l’apport hydrique baisse, même légèrement, l’organisme puise où il peut : le volume cérébral se rétracte un peu, ce qui tire sur les méninges, riches en récepteurs de la douleur. Résultat, une douleur diffuse qu’on attribue facilement au stress, alors qu’il s’agit parfois d’un simple manque d’eau.

Perdre seulement 1 à 2 % de son poids en eau suffit à déclencher fatigue, difficulté à se concentrer, irritabilité et mal de tête, sans forcément avoir soif. Chauffage qui assèche l’air, cafés et thés à répétition, heures de travail absorbantes où l’on oublie de boire : le cocktail est vite réuni. Avant de sortir le paracétamol, deux grands verres d’eau tempérée bus lentement peuvent déjà soulager la crise.

Air confiné, tensions et vraies migraines : faire la part des choses

En hiver comme en été, nous passons des heures fenêtres closes dans des pièces où le dioxyde de carbone grimpe. Le cerveau, gros consommateur d’oxygène, réagit en provoquant une dilatation des vaisseaux sanguins cérébraux pour capter davantage d’oxygène, ce qui augmente la pression dans le crâne et donne cette impression de tête lourde et qui bat. Ouvrir grand les fenêtres cinq à dix minutes, plusieurs fois par jour, aide souvent à faire retomber la douleur.

Les douleurs restent pourtant parfois très liées au stress. La céphalée de tension se décrit comme un mal de tête en « casque », plutôt léger, continu dans la journée, sans gêne à la lumière ou au bruit et même amélioré par l’exercice physique. Selon le Dr Dominique Valade, elle s’inscrit souvent après une activité intense et stressante, d’où l’intérêt de la relaxation, du yoga, de la sophrologie ou du sport régulier.

Sources

En bref

  • L’OMS, Marie-Paule Lagrange et le neurologue Dominique Valade rappellent que mal de tête et stress coexistent, mais ne racontent pas toute l’histoire.
  • Déshydratation légère, air confiné, vasodilatation des vaisseaux cérébraux et céphalée de tension forment un cocktail discret qui alimente bien des douleurs quotidiennes.
  • Un protocole simple avant l’automédication par paracétamol, associé à quelques changements d’hygiène de vie, peut déjà modifier votre relation à ces maux récurrents.