Les pépiniéristes n'en peuvent plus de le répéter : ce geste de novembre sauve les chrysanthèmes de la benne pour tout l'automne suivant
© Reworld Media
Après la Toussaint, des milliers de pots de chrysanthèmes fanés quittent les tombes pour la benne, alors qu’ils sont souvent encore bien vivants. Comment ces fleurs peuvent-elles nourrir massifs d’automne et initiatives locales plutôt que les déchets verts ?
Chaque 1er novembre, les tombes se couvrent de grosses boules colorées, serrées les unes contre les autres. Quelques semaines plus tard, le décor change brutalement : les mêmes pots de chrysanthèmes brunissent, se couchent, puis finissent, bien souvent, entassés dans une benne à déchets verts.
Pourtant, derrière ces touffes défleuries se cache le potentiel d’un véritable massif d’automne, année après année. Un projet belge a ainsi sauvé 70 000 plants en 2023, soit 147 tonnes de déchets évités ; de quoi donner des idées lorsqu’on se demande que faire des chrysanthèmes après la Toussaint.
Non, un chrysanthème fané n’est pas forcément mort
Le chrysanthème de Toussaint, souvent un chrysanthème des fleuristes (Chrysanthemum × grandiflorum), est une plante vivace : la partie aérienne sèche après la floraison, mais la base peut repartir au printemps. Beaucoup de pots finissent à la poubelle simplement parce que l’on s’attend à le voir refleurir dès mars… alors que sa saison naturelle, c’est l’automne.
Avant de jeter une potée, il suffit de vérifier rapidement son état. Si les racines sont encore claires et fermes, que le collet (la base des tiges) n’est pas tout mou et qu’on distingue des zones légèrement vertes, la plante peut être sauvée. Nous avons tous déjà laissé un pot dehors, détrempé tout l’hiver : là, l’eau stagnante fait plus de dégâts que le froid. Certaines variétés très “gonflées” pour la vente seront un peu moins rustiques, mais une protection simple peut suffire.
Geste par geste : sauver un chrysanthème de Toussaint à la maison
Dès que le règlement du cimetière le permet, généralement entre mi-novembre et début décembre, on ramène le pot chez soi. Première étape : couper toutes les fleurs fanées et raccourcir les tiges à 10–15 cm. On retire les feuilles pourries, on gratte légèrement la surface du substrat et on vérifie que la motte n’est ni noire ni complètement spongieuse. Ensuite, direction un endroit lumineux, hors gel mais non chauffé (garage clair, serre froide, véranda fraîche). L’hiver, la règle est simple : garder la motte juste humide, avec un petit verre d’eau de temps en temps, pas plus.
Au printemps, lorsque de nouvelles pousses apparaissent, on rempote dans un mélange bien drainant, on enlève les racines mortes et, si la touffe est grosse, on la divise pour obtenir plusieurs plants. De mai à mi-juillet, quelques pincements des extrémités vont densifier la plante et offrir une boule de fleurs à l’automne suivant. Ce petit rituel a déjà transformé bien des chrysanthèmes “jetables” en stars fidèles du balcon ou du jardin.
Recycler, partager, inspirer votre commune
Si la plante est vraiment perdue, la potée reste une ressource. Terre et végétaux vont au compost ou en bac à déchets verts, le pot plastique rejoint le tri, la terre cuite se réutilise au balcon. Sans jardin, on peut proposer ses chrysanthèmes à un jardin partagé, à une association, ou rêver plus grand : en Wallonie, la recyclerie végétale Ecocim, à Chimay, a collecté 70 000 chrysanthèmes dans 66 cimetières, économisant aussi plusieurs centaines d’euros à des communes comme Gerpinnes.
En France, le conservatoire national du chrysanthème Paul-Lemaire, à Saint-Jean-de-Braye, rappelle à quel point cette fleur peut être précieuse quand on la traite comme une plante durable et non comme un simple décor de saison. Et si, dès cette année, chaque pot de Toussaint devenait le point de départ d’un massif d’automne ou d’une initiative locale plutôt qu’un déchet de plus ?
En bref
- 🕯️ Chaque Toussaint, des potées de chrysanthèmes des fleuristes finissent brunes au cimetière alors qu’une grande partie peut encore repartir au printemps.
- 🌱 Des réponses concrètes à que faire des chrysanthèmes après la Toussaint, entre sauvetage en pot, replantation au jardin et recyclage respectueux des règles du cimetière.
- 🏘️ De la recyclerie végétale Ecocim en Wallonie aux jardins partagés, des pistes transforment ces fleurs en ressources durables et pourraient inspirer votre commune.
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