Week-end : cette habitude de rattraper votre sommeil peut vous épuiser toute la semaine sans que vous le sachiez

Publié le ParRédaction Elle adore
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Des millions de Français misent sur la grasse matinée du week-end pour effacer leurs nuits trop courtes. Mais ce réflexe banal pourrait expliquer votre fatigue écrasante du lundi.

Depuis des semaines, le scénario se répète : nuits trop courtes, réveil douloureux, et cette promesse de tout rattraper le week-end. Le samedi, vous dormez sans alarme, le dimanche aussi. Pourtant, au lieu d’être regonflé, vous vous sentez vaseux, lourd, malade. Comment plus d’heures au lit peuvent-elles fatiguer autant ?

Les spécialistes du sommeil observent ce paradoxe chez une majorité d’adultes vivant avec une vraie dette de sommeil. Deux grasses matinées deviennent alors leur plan de secours. Sauf que notre organisme ne fonctionne pas comme un compte en banque mais comme une horloge. Et cette horloge déteste les grands écarts du week-end.

Rattraper son sommeil le week-end : quand la dette se transforme en piège

Quand vous dormez beaucoup plus tard que d’habitude, la pression de sommeil qui s’est accumulée la semaine retombe d’un coup. Vous vous levez « rassasié » de repos, donc le soir venu, surtout le dimanche, l’endormissement se fait attendre. La nuit est courte, morcelée, et le lundi matin arrive avec un brouillard mental.

Chez les adolescents, ce décalage est encore plus marqué. Les chercheurs résument le phénomène ainsi : « Au lieu d’être un lève-tôt, l’adolescent devient plutôt un couche-tard, » puis « Et l’endormissement continue de se décaler progressivement jusqu’à l’âge de 18-20 ans. » Quand l’école impose un lever matinal, la fatigue explose et la tentation de traîner au lit le week-end aussi.

Grasse matinée et jet lag social : ce que vit l’horloge biologique

Au cœur du cerveau, le noyau suprachiasmatique agit comme un chef d’orchestre. Il règle notre rythme circadien, la température du corps, la mélatonine qui favorise le sommeil et le cortisol qui aide à se réveiller. Quand l’heure de lever du week-end est repoussée de plus de 90 minutes, cette horloge interne reçoit un message brouillé : jour dehors, nuit dedans.

Les spécialistes parlent alors de jet lag social, un décalage horaire sans avion. Le corps s’attendait à bouger et à voir la lumière vers 7 h, il reste immobile dans le noir jusqu’à 9 h 30 ou 10 h. Le cycle hormonal peut mettre jusqu’à quatre jours à se recalibrer, ce qui laisse presque toute la semaine avec une énergie en dents de scie.

Limiter les dégâts : horaires stables, sieste courte et cas des ados

Les experts conseillent de limiter le décalage du réveil à une ou deux heures et de miser plutôt sur une sieste courte en début d’après-midi. Une étude américaine menée chez des 16-24 ans a montré que ceux qui rattrapaient leur sommeil le week-end avaient un risque de symptômes dépressifs inférieur de 41 %. « les chercheurs spécialisés dans le sommeil recommandent depuis longtemps aux adolescents de dormir huit à dix heures par nuit et à heure fixe, mais c’est tout simplement impossible à mettre en pratique pour beaucoup de jeunes. » Melynda Casement, directrice du Laboratoire du sommeil à l’Université de l’Oregon, le rappelle, citée par La Dépêche. Pour ces jeunes soumis à des horaires scolaires précoces, les auteurs rappellent que « faire la grasse matinée le week-end peut contribuer à réduire le risque de symptômes dépressifs. »

En bref

  • Nuits écourtées en semaine, grasse matinée le week-end et dette de sommeil chronique transforment le lundi en épreuve pour de nombreux adultes et adolescents.
  • Les spécialistes décrivent comment rattraper son sommeil le week-end dérègle l’horloge biologique, provoque un jet lag social et alimente cette sensation de fatigue paradoxale.
  • Horaires stables, lumière du matin et siestes courtes sont évoqués comme pistes pour récupérer sans sacrifier le week-end ni ruiner l’énergie du lundi.