Fraises : en février, ne ratez surtout pas ce geste au jardin si vous voulez une récolte explosive au printemps

Publié le ParRédaction Elle adore
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En plein cœur de l’hiver, beaucoup rangent leurs envies de fraises en attendant le printemps. Pourtant, pour les jardiniers français les plus gourmands, quelques semaines en février peuvent tout changer au potager.

Le mois de février a encore les doigts gelés, mais l’envie de croquer dans une fraise bien sucrée, elle, est déjà là. Beaucoup de jardiniers rangent pourtant leurs envies de fruits rouges en se disant qu’il est trop tôt pour agir, que tout se joue au printemps ou à l’automne.

Pour ceux qui aiment vraiment les fraises, ce réflexe de patience peut coûter cher en saveurs et en quantité. Février ouvre en réalité une courte fenêtre où le jardin se prépare en silence, pendant que la filière fraise française s’organise déjà pour ses gros volumes d’avril. Tout se joue maintenant ou presque.

Février, la fenêtre cachée pour lancer ses fraisiers

La terre reste froide, mais elle commence à se « réveiller » et l’humidité de fin d’hiver est idéale pour le système racinaire des fraisiers. En les installant avant la grosse reprise végétative de mars, les plants concentrent leur énergie sous terre, ce qui favorise une meilleure reprise au printemps et une récolte abondante dès la première année, là où une plantation d’avril fructifie moins.

Dans les serres et sous tunnels professionnels, les premières fraises françaises pointent souvent dès la fin février, puis un pic record est attendu début avril, avec plus de 1 000 tonnes de gariguettes en une semaine selon l’AOPn Fraises Framboises de France. Ce pic coïncide avec celui de la fraise espagnole, d’où l’appel à privilégier les fraises françaises.

Comment profiter de février quand on adore les fraises

Pour réussir, tout commence par le choix des plants. En février, mieux vaut miser sur des plants à racines nues ou des plants « frigo », en dormance, moins chers et très vigoureux dès qu’ils touchent la terre. On évite de travailler un sol gelé ou gorgé d’eau, on l’aère à la grelinette, on ajoute compost bien mûr ou fumier composté et, sur terres argileuses, on forme des buttes de 15 à 20 cm pour offrir un lit drainant et riche.

La plantation demande un peu de précision : pralinage des racines, trou assez large, racines bien étalées et collet qui doit juste affleurer le sol. Trop enterré, le plant risque de pourrir, trop haut il sèche. On espace de 30 à 40 cm, puis on arrose copieusement. Vient ensuite le paillage, véritable couette pour l’hiver, avec paille, paillettes de lin ou feuilles mortes qui :

  • limitent les effets du gel sur les racines ;
  • freinent les mauvaises herbes ;
  • gardent les futurs fruits propres.

De février aux premières gariguettes : un calendrier qui se joue maintenant

Une fois février passé, le travail continue : surveiller limaces et escargots qui raffolent des jeunes feuilles, installer barrières physiques ou pièges à bière, puis, aux premières fleurs, apporter un engrais organique riche en potasse sans excès d’azote pour ne pas favoriser seulement le feuillage. En cas de gelées annoncées, un voile d’hivernage ou un petit tunnel créent un microclimat protecteur, à aérer dès que le soleil chauffe.

Au même moment, la production nationale entre dans sa phase intense. « Privilégier la fraise française, c’est soutenir une agriculture locale, des producteurs engagés et une qualité indéniable. Rappelons que la fraise est un fruit fragile et périssable, nous appelons donc les consommateurs et les réseaux de distribution à se mobiliser pour écouler la production », a déclaré Emeline Vanespen, Directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France, citée par Freshplaza. Pour qui a planté en février, ces barquettes de gariguettes répondent alors à ce qui mûrit déjà au jardin.

En bref

  • En février, les jardiniers français et l’AOPn Fraises Framboises de France préparent déjà gariguettes et fraisiers, pendant que l’hiver semble encore bien installé.
  • Choix de plants à racines nues ou frigo, sol ressuyé, paillage et protections hivernales structurent une stratégie précise pour optimiser la récolte de fraises.
  • De ces quelques gestes de février dépend ensuite la manière dont vos premières fraises françaises arriveront au jardin, en écho aux barquettes du marché.