Courbatures après le sport : si vous avez mal d’un seul côté, voici quand vous devez vraiment vous inquiéter
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Après une séance « classique », une seule jambe hurle, l’autre va bien : ce décalage surprend. Que révèlent ces courbatures d’un seul côté sur votre corps ?
Le lendemain d’une séance de sport parfaitement symétrique en apparence, tout semble avoir été fait dans les règles jusqu’au moment où vous vous levez. La cuisse ou le fessier d’un seul côté brûle à chaque pas, tandis que l’autre répond présent sans broncher. Ce décalage étonne, inquiète parfois : peur d’une blessure, impression de corps tordu, doute sur sa technique.
Cette situation de courbatures d’un seul côté revient pourtant souvent en cabinet de kinésithérapie et en salle de sport. Est-ce une simple courbature, ou le signe qu’un muscle, une articulation, voire le dos sont en train de souffrir en silence ? Pour y voir clair, il faut d’abord distinguer la bonne douleur musculaire de celle qui annonce un vrai problème.
Courbatures d’un seul côté : ce qui reste normal après l’effort
Une courbature correspond à de minuscules lésions dans les fibres musculaires, surtout après un travail excentrique comme une descente en course ou une séance de musculation. « Le fait de souffrir de courbatures apparues de vingt-quatre à quarante-huit heures après un exercice physique, et ce durant trois à cinq jours, se révèle tout à fait physiologique », assure Alexandre Auffret, masseur kinésithérapeute, dans Femina. Pour lui, « Si le repos reste le seul moyen efficace scientifiquement prouvé pour lutter contre la courbature, car il permet une réparation de la fibre musculaire, la sédentarité n’est jamais souhaitable ».
Pour Nicolas Babault, enseignant chercheur à l’université de Bourgogne, la douleur musculaire retardée joue même un rôle positif : « Finalement, le muscle se remet en état et devient plus fort, confirme Nicolas Babault, spécialiste du système neuromusculaire, enseignant chercheur à la faculté des sciences du sport (UFR STAPS) de l’université de Bourgogne. La souffrance et la raideur correspondent à un signal du corps qui nous invite à ne pas forcer sur la zone concernée. La courbature représente donc une alerte à ne pas dépasser nos capacités musculaires. Il faut toujours l’écouter ! », explique-t-il dans Femina. Selon lui, « Elles représentent l’une des solutions pour s’adapter à l’effort » et « S’il est effectivement bénéfique d’avoir des courbatures, leur intensité sur l’échelle de la douleur ne doit pas dépasser 5/10 ». Dit autrement, une gêne modérée qui apparaît après l’effort reste rassurante ; une douleur brutale pendant la séance, localisée, ou qui s’aggrave jour après jour doit alerter.
Pourquoi la douleur n’apparaît parfois que d’un seul côté
En théorie, un squat ou une presse à cuisses à deux jambes répartit l’effort à parts égales. En réalité, tout le monde possède un côté plus fort. Le cerveau choisit naturellement ce chemin plus facile et le corps s’organise : le bassin pivote légèrement, presque invisible à l’œil, pour transférer plus de charge vers la jambe dominante. Le muscle qui compense se retrouve plus étiré et plus sollicité, d’où ces courbatures franchement unilatérales le lendemain.
Si ce schéma se répète séance après séance, le déséquilibre se creuse. Le côté fort devient surentraîné, le côté faible se laisse porter, et les tissus autour du bassin ou du bas du dos finissent par protester : tendinites, douleurs lombaires, tiraillements de hanche. Quand la douleur d’un seul côté revient systématiquement, gêne la marche ou ne diminue pas après trois à cinq jours, un passage chez un médecin, un kinésithérapeute ou un ostéopathe s’impose, surtout en cas de fièvre ou de fatigue importante.
Que faire concrètement quand on a mal d’un seul côté après le sport
Dans un premier temps, il reste utile de lever le pied sur les mouvements qui réveillent la zone, sans tomber dans l’inaction totale. Comme le rappelle Alexandre Auffret, « Continuer une activité augmente les échanges tissulaires et accélère la réparation ». Marche rapide, vélo doux, mobilité articulaire gardent le muscle en mouvement sans le casser davantage. La chaleur d’une douche, d’un bain ou d’une bouillotte peut aider, tout comme le froid appliqué brièvement sur une zone très inflammatoire. Les anti-inflammatoires et antalgiques, eux, risquent surtout de « cacher la misère » et de pousser à forcer sur un muscle encore fragile.
Sur le moyen terme, la clé consiste à rééquilibrer les forces avec du travail unilatéral. Pendant trois semaines, il est intéressant de délaisser les grandes barres pour privilégier fentes arrière, Bulgarian split squat ou soulevé de terre sur une jambe, avec haltères. On commence chaque exercice par la jambe la plus faible et on s’arrête au même nombre de répétitions du côté fort : si la gauche bloque proprement à huit, la droite reste à huit aussi. Si, au contraire, vous ne ressentez jamais de courbatures, « cela montre que vous vous êtes trop ménagé à l’entraînement », souligne Nicolas Babault. Les étirements profonds gagnent à être reportés : « Mieux vaut reporter le stretching au lendemain. Cela peut alors exercer un effet antalgique, qu’il soit physiologique ou psychologique ». Un échauffement sérieux, une progression graduelle des charges, un bon sommeil, une alimentation assez riche en protéines et une hydratation régulière limitent encore le risque de revoir ces courbatures d’un seul côté.
En bref
- Le lendemain d’une séance symétrique, des courbatures d’un seul côté interrogent; kinésithérapeutes et chercheurs expliquent ce phénomène fréquent mais souvent mal compris.
- Les experts détaillent la différence entre douleur musculaire retardée rassurante et signes d’alerte pouvant évoquer blessure, tendinite ou douleurs lombaires persistantes.
- Un plan progressif associe récupération active, travail unilatéral ciblé et ajustements techniques pour limiter ces courbatures d’un seul côté et mieux équilibrer l’effort.
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