Avant le printemps, ne jetez plus cette poudre grise du poêle à bois : sur le potager, son pouvoir va vous surprendre
© Reworld Media
En plein hiver, mon bac à cendres de poêle finissait toujours à la poubelle. Jusqu’au jour où j’ai compris que cette poudre grise pouvait transformer mon jardin.
Devant un bac de cendres qui déborde, le réflexe reste souvent le même : verser le tout à la poubelle. Pourtant, ces cendres de bois issues d’un poêle peuvent devenir une ressource gratuite pour le jardin. En février, au moment où l’on prépare le sol, cette poudre grise prend une autre valeur.
Riches en calcium, potassium et oligo-éléments, très basiques, les cendres de chauffage corrigent un sol acide, nourrissent le potager, limitent la mousse du gazon et rendent service jusque dans la maison. En changeant la façon de les stocker et de les répartir, la corvée du cendrier devient un atout discret du quotidien. Tout commence par un combustible irréprochable.
Des cendres vraiment propres au jardin
Pour qu’une cendre soit utile, elle doit venir uniquement de bois naturel non traité : bûches de chêne ou de hêtre, petites branches, quelques résineux. Meubles vernis, palettes traitées, contreplaqué ou bois peints libèrent colles et solvants qui se retrouvent dans la cendre. Un seul morceau de bois traité suffit à rendre tout le seau impropre au potager.
Ces résidus doivent aussi être totalement froids, puis tamisés pour retirer clous et morceaux de charbon. L’idéal est de les stocker tout l’hiver dans un seau métallique ou un sac épais, au sec. Au final, seules des cendres de bois propres, sèches et fines méritent d’être gardées pour le jardin, le reste part à la déchetterie.
Un engrais alcalin à petite dose
La cendre concentre les minéraux : environ 20 à 50 % de calcium et 3 à 9 % de potassium, plus magnésium, phosphore et fer. « C’est un engrais complet, 100 % naturel et disponible immédiatement », rappelle le site Trucmania. Son pH très basique, entre 10 et 13, agit comme un amendement calcaire pour remonter le pH d’un sol acide envahi de mousse.
Avant tout apport, mieux vaut tester le terrain : un peu de terre dans un verre d’eau, quelques gouttes de vinaigre blanc, et une forte réaction indique un sol déjà calcaire. Quand la terre reste calme, la cendre a sa place. Les apports se limitent à 100 g par mètre carré, soit deux poignées, une ou deux fois l’an, en saupoudrage léger griffé en surface.
Potager, pelouse, compost : mille usages
Sur une terre bien choisie, la cendre profite aux légumes gourmands en potasse, aux arbres fruitiers et au gazon où la mousse s’installe. A l’inverse, elle est à proscrire sur les plantes acidophiles de terre de bruyère, comme les hortensias, rhododendrons ou camélias, qui risqueraient une chlorose. Quelques poignées peuvent aussi apaiser un compost trop acide.
Autre atout, la cendre sèche forme une barrière très provisoire contre les limaces, mais son effet s’annule dès qu’elle est mouillée : « Pour finir, je voulais revenir sur un mythe, celui de la cendre de cheminée pour repousser les limaces… ça ne fonctionne pas ! », rappelle RTL. Mieux vaut garder un peu de cendre pour le poulailler, un sac filtrant dans le récupérateur d’eau de pluie et une pâte nettoyante pour les vitres d’insert.
Sources
En bref
- En février, les cendres de bois du poêle s’accumulent alors que le jardin se prépare, posant la question de leur vraie utilité au potager.
- La cendre propre, bien stockée et dosée devient un engrais alcalin pour sol acide et fruitiers, mais impose des règles strictes et des zones interdites.
- Entre limaces, compost, poulailler et ménage, cette poudre grise révèle d’autres usages inattendus qui changent la gestion quotidienne du jardin et de la maison.
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