Singapore Sling : ce cocktail né dans un palace mythique que vous ratez toujours à cause de cette erreur
© Reworld Media
Sous la pluie française, un verre de Singapore Sling transporte d’un coup au Long Bar du Raffles Singapour. Mais que cache vraiment ce long drink rose centenaire ?
Quand la pluie cogne aux carreaux et que les vols lointains restent hors de prix, une autre échappée existe : celle d’un verre bien frais posé devant soi. Certains cocktails racontent une époque autant qu’ils désaltèrent. Leur couleur, leur parfum, tout semble ouvrir une fenêtre sur un ailleurs.
Le Singapore Sling fait partie de ces boissons qui font voyager sans quitter le canapé. Né il y a plus d’un siècle à Singapour, ce long drink rose est devenu un symbole chic des tropiques. Sa force ne tient pas qu’à son décor de carte postale, mais à une histoire précise et à une recette millimétrée.
Singapore Sling : un cocktail né au mythique Raffles Singapour
Ce destin s’écrit au Raffles Singapour, palace ouvert en 1887 et vite devenu l’adresse la plus célèbre de la ville-État. Façade ivoire, galeries à colonnades, jardins intérieurs : le lieu a été classé monument historique en 1987 avant une grande rénovation entre 2017 et 2019. On y cite encore la maxime « Quand vous êtes au Raffles, pourquoi ne pas visiter Singapour ? », rapporte le média Yonder.
Au rez-de-chaussée, le Long Bar concentre cette légende. En 1915, le barman Ngiam Tong Boon y crée un cocktail à l’allure de jus de fruits pour permettre aux femmes de boire de l’alcool sans choquer l’étiquette, quand seuls les gentlemen exhibent leur gin ou leur whisky. Aujourd’hui encore, le bar sert en moyenne 800 Singapore Slings par jour, pendant que les clients jettent leurs épluchures de cacahuètes au sol comme à l’époque d’Ernest Hemingway.
Singapore Sling : un long drink au gin très équilibré
Au cœur de ce verre rose se trouve le gin, spiritueux distillé à partir de baies de genièvre et d’un bouquet d’herbes et d’épices. Un London Dry bien sec donne l’ossature botanique du cocktail et évite l’effet sirop. Dans la version historique, chaque gorgée commence par la douceur du fruit, laisse monter la chaleur de l’alcool, puis finit sur une pointe herbacée et épicée.
Pour retrouver cet équilibre chez soi, il faut suivre la recette classique pour un verre et choisir des produits soignés. Le trio gin, Cherry Heering et Bénédictine forme la colonne vertébrale alcoolique, la liqueur française aux 27 plantes donnant de la profondeur, tandis que le jus d’ananas pur et le citron vert gardent le tout vif. Voici les quantités à réunir :
- 30 ml de gin, 15 ml de liqueur de cerise Cherry Heering
- 7,5 ml de Bénédictine et 7,5 ml de Cointreau
- 120 ml de jus d’ananas frais, 15 ml de jus de citron vert
- 10 ml de sirop de grenadine et un trait d’Angostura bitters
Recette Singapore Sling : gestes au shaker chez soi
Dans un shaker rempli de glaçons, on réunit tous les ingrédients puis on secoue énergiquement 15 secondes : le jus d’ananas frais crée la fameuse mousse en surface. Le cocktail est filtré dans un grand verre décoré d’ananas et d’une cerise, parfait avec une cuisine asiatique relevée plutôt qu’avec un dessert trop sucré.
En bref
- En 1915, au Long Bar du Raffles Singapour, le barman Ngiam Tong Boon crée le Singapore Sling pour contourner les règles sociales imposées aux femmes.
- La recette Singapore Sling détaille un équilibre précis entre gin London Dry, liqueurs, jus d’ananas frais et amers, afin d’éviter l’effet cocktail trop sucré.
- Gestes au shaker, mousse signature et ambiance inspirée du palace colonial transforment ce cocktail mythique en voyage exotique intégralement vécu depuis le salon.
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