Ce réflexe au robinet matin et soir vous fait gaspiller 12 000 litres d’eau et des dizaines d’euros par an
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À force de laisser filer l’eau au lavabo pendant le brossage des dents, chaque Français envoie des milliers de litres d’eau potable à l’égout. Jusqu’où monte réellement la facture, pour votre porte‑monnaie et pour la planète ?
Il est 7 heures, les yeux encore collés devant le miroir de la salle de bain. Par réflexe, le robinet tourne, un filet d’eau coule pendant que vous attrapez la brosse à dents et le dentifrice. Le bruit rassure, réveille en douceur, et personne ne songe à le couper.
En réalité, ce geste apparemment anodin fait partie des plus gros gaspillages d’eau du quotidien. Un robinet de salle de bain laisse s’échapper autour de 12 litres par minute, et un brossage des dents recommandé dure deux à trois minutes, deux fois par jour. Sur une année, ce simple filet peut représenter jusqu’à 12 000 litres d’eau potable partis directement à l’égout. Un chiffre qui change tout.
12 000 litres par an : ce que cache l’eau qui coule pendant le brossage des dents
Mettre les chiffres bout à bout donne le vertige. Avec 12 litres par minute et deux minutes de brossage, chaque séance robinet ouvert envoie environ 24 litres d’eau potable à la canalisation, soit près de 50 litres par jour pour deux brossages. Sur douze mois, on atteint 10 000 à 12 000 litres, l’équivalent d’une petite piscine ou de 80 bains bien remplis.
En France, le mètre cube d’eau, distribution et assainissement compris, tourne autour de 4,69 € TTC. Laisser couler entre 10 et 12 m³ pendant le brossage revient donc à perdre environ 47 à un peu plus de 55 € par an, par personne. Et si l’eau est tiède ou chaude, il faut ajouter l’électricité, le gaz ou le fioul consommés pour la chauffer… pour rien.
Pourquoi on laisse filer l’eau sans y penser, matin et soir
Si ce gâchis persiste, ce n’est pas par malveillance, mais par pur automatisme. Le matin, l’esprit flotte encore, le soir la fatigue tombe : la vigilance s’efface. Beaucoup ont appris dès l’enfance à se brosser les dents avec le bruit de l’eau en fond, au point de créer une véritable déconnexion entre le geste et ses conséquences sur l’or bleu.
Le son régulier du robinet apaise, la chaleur sur les mains donne une impression de confort et de propreté, alors que l’efficacité du brossage ne dépend pas du tout du volume d’eau qui s’écoule. Pendant ce temps, chaque litre a été capté, filtré, traité puis acheminé jusqu’à votre salle de bain avant de repartir vers la station d’épuration, avec une consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre bien réelles.
Fermer le robinet ou sortir le gobelet : un quart de tour qui change tout
La bonne nouvelle, c’est que corriger cette habitude ne demande ni travaux ni équipement spécial. Il suffit de mouiller la brosse, de fermer le robinet pendant les deux minutes de brossage, puis de ne rouvrir l’eau qu’au moment du rinçage. Ce simple quart de tour économise des litres à chaque séance et devient vite un réflexe.
Pour les plus distraits, le gobelet posé près du lavabo sert de garde‑fou. Il fixe une petite réserve d’eau et évite la tentation du jet continu :
- Une petite dose suffit pour se rincer.
- La quantité est visible, on ne dépasse pas.
- Plus besoin de laisser couler pour nettoyer la brosse.
Sources
En bref
- En France, laisser couler l’eau du robinet pendant le brossage des dents représente jusqu’à 12 000 litres d’eau potable gaspillés par personne chaque année.
- Ce filet continu pèse aussi sur la facture d’eau et d’énergie, en renvoyant à l’égout une eau déjà captée, traitée, chauffée et acheminée.
- Un simple changement de routine au robinet, parfois appuyé par un gobelet près du lavabo, suffit pourtant à transformer ce gaspillage invisible en écogeste.
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