Le “salon du soir” : cette nouvelle tendance déco méconnue qui change tout dans votre salon après 19h cet hiver
Certains soirs d’hiver, tout est rangé, le chauffage tourne, mais votre salon semble aussi glacial que la rue. Il fait nuit depuis 17h30, le plafonnier vous éblouit, vous scrollez sur le canapé sans réussir à décrocher de la journée. Ce malaise discret est devenu si fréquent qu’il a donné naissance à une nouvelle façon d’aménager la pièce.
C’est la tendance du "salon du soir" : un salon pensé non plus pour les photos en pleine lumière, mais pour ces heures où l’on rentre épuisé. Née dans le sillage de la déco intérieure apaisante qui domine 2026, elle promet de transformer la fin de journée avec quelques gestes ciblés seulement. Le décor change, l’ambiance nerveuse tombe.
Pourquoi le salon du soir répond à notre besoin de calme
Après le règne du Dopamine Decor ultra coloré, beaucoup rêvent d’un intérieur qui repose enfin le cerveau. "Comme beaucoup de micro-tendances, le Dopamine Decor répond à un moment précis. Il est né comme une réaction émotionnelle à une époque marquée par la pandémie et l’incertitude. Décorer est devenu une façon d’échapper à un monde sérieux et rempli de règles, et aussi un moyen d’exprimer la liberté", a expliqué Anna Uchevatova, architecte russe, citée par le média espagnol El País. Sauf que cette explosion de stimuli finit par fatiguer.
"On nous annonce chaque semaine la prochaine grande tendance", explique Dion Terrelonge, psychologue de la mode. La psychologue de la consommation Kate Nightingale rappelle d’ailleurs que "réduire la charge cognitive améliore toujours le bien-être". Des études citées par ces expertes montrent que la génétique ne pèserait qu’entre 20 % et 25 % dans la longévité moyenne : nos habitudes et l’ambiance de la maison comptent donc énormément. "Notre vie est déjà suffisamment agitée pour rentrer chez soi et être encore plus stimulé", résume l’architecte d’intérieur Silvia Trigueros. Le salon du soir s’inscrit exactement là.
Lumières basses et rideaux lourds, la base du salon du soir
Le grand déclic consiste à arrêter de décorer pour la lumière du jour. En semaine, surtout en janvier, on profite surtout du salon une fois la nuit tombée. Or le plafonnier recrée une lumière de bureau, verticale et crue, qui écrase les volumes. Les adeptes du salon du soir bannissent ce plafonnier après 19h et multiplient 5 ou 6 petites lampes basses, guirlandes et bougies, avec des ampoules à lumière chaude entre 2200 et 2700 Kelvins. L’effet "feu de camp" obtient une pénombre dorée où le regard se pose enfin.
L’autre pilier, ce sont les rideaux lourds : velours, laine épaisse, doublures thermiques. En hiver, ils coupent le froid et effacent le reflet noir et un peu angoissant des vitres nues. Quand on les tire, que les lampes basses s’allument, le cerveau reçoit un signal clair que la journée active est terminée. L’obscurité devient maîtrisée, presque une petite thérapie du soir, avec au passage quelques économies d’énergie.
Comment créer son salon du soir sans se ruiner
Une fois l’éclairage posé, le reste se joue sur le toucher et les couleurs. L’idée est de transformer le canapé en nid : coussins en velours, plaid en grosse laine tricotée, touche de bouclette ou de fausse fourrure. Côté palette, on délaisse les gris froids pour des tons terreux et naturels : terracotta, ocre brûlé, beige sable, écru, verts sauge ou kaki, associés à un peu de bois clair ou de noyer. Le blanc très doux façon Cloud Dancer sert de fond serein.
En pratique, un soir de semaine, il suffit souvent de couper le plafonnier, d’allumer ces petites sources chaudes, de tirer les rideaux et de garder près du canapé un plaid moelleux. Dans cette semi-pénombre, le tas de courrier ou les jouets dans le coin disparaissent presque visuellement, le rythme de la maison ralentit et la fin de journée prend une autre couleur.